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Vadrouille du 5 et 6 juin 2009

dimanche 7 juin 2009, par Mickaël Brangeon

Les deux jours précédents, je les ai passé à nouchimi. Lucie m’a envoyé un mail pour m’annoncer que la génératrice était arrivée.Comme Pierre s’en va bientôt, c’est préférable que je la récupère pendant que le mécano en titre de la pourvoirie est dans la place !

De retour au camp le 4 au matin, j’ai installé l’engin, difficilement car c’est encombrant et lourd lorsqu’il faut traverser une tourbière pour arriver chez soi. Je la teste vite fait et vais en profiter le reste de la journée. De toute façon, il ne fait pas beau. Ce petit préambule pour vous situer le contexte. Vous devez êre au courant si vous suivez Peuple Loup sur Twitter.


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 Vendredi 5 juin

Un joli ciel bleu ce matin, cela fait plaisir. La météo confirme que la journée et belle, même si demain est pluvieux. Comme de toute façon, je veux être de retour pour dimanche et la fête des mères, cela me laisse un peu de temps. Je préviens mon monde sur internet et prépare le sac.

Comme destination, je prévois de combler un trou dans une zone à 7-8 km du camp et voir ensuite. J’emmène pour deux jours de nourriture, le poncho décapité et nous voilà parti.

La rivière près du camp

Sur la route, je ne vais pas croiser trop de vie, ni de traces. Il a plu et cela a remis les compteurs à zéro, ce qui n’est pas plus mal. Je vais quitter la route 7km après le camp. Vers le sud, je prends pour cible deux hauteurs importantes de la zone et garde le cap. Il fait vraiment bon aujourd’hui. La zone est riche en sentiers. Je penche pour de l’orignal car je retrouve des crottes. Des empreintes de caribous, mais rien de tangible. ces pistes sont parfois assez larges et taillés au couteau. Pour le coup, ce n’est pas comme la dernière fois, ce n’est pas un homme,j’en suis assez certain.

Lac en juin

Arrivés sur le dernier mont, je me pause et me questionne sur la suite de mon trajet. Si je continue dans cette direction, je vais me trouver dans la zone du lac à marée basse,que je connais déjà un peu. Par contre,je ne connais pas du tout le coté au nord de la route et la carte indique beaucoup de lacs et de hauteurs. Choses qui m’intéressent au plus haut point.

Un sentier au fil de la vallée

Je repars vers un lac proche, que je longe sur sa longueur. Pareil, des pistes significatives font le tour du lac, qui doit être bien fréquenté. Je rejoins ensuite la route, la traverse et repars nord-est . Il y’a deux lacs assez proches de la route et à priori un passage pour plus haut si affinitées.

Je rejoins le premier lac très vite. la marche est facile et agréable. Je suis un petit ruisseau qui me conduit à un trou d’eau (un tout petit lac). C’est très vallonné dans le secteur et je franchis beaucoup de petites collines. cela me rappelle une vadrouille cet hiver que je n’avais pas trouvé drôle. Comme quoi, sans neige folle, l’impression n’est pas la même.

En suivant une énième crête, elle encore fortement empruntée par les animaux, je me trouve devant le second lac, en forme d’une grosse gélule. Ce coin est vraiment enthousiasmant : vraiment beaucoup de pistes très marquées. Certaines usent les racines des arbres ou découpent le thé. J’ai déjà trouvé l’endroit de ma prochaine vadrouille carrix : une belle place.

Je décide de camper ici. Je me trouve une place sympa, en auteur par rapport au lac. J’installe le poncho même si la météo semble optimiste. Je vais ensuite me rapprocher du lac pour souper. J’en suis encore loin, mais j’ai une belle vue. Une roche à peu près plate me sert de table et il y’a du bois mort en masse : le bonheur.

Un tarp un peu troué

Après souper, je m’équipe du gps et du nikon et je pars me balader. Je vais en fait faire le tout du lac, par les hauteurs. Je gravis a peu près tous les monticules que je croise, trouve une carcasse de caribou et plein de pistes évidemment. Beaucoup se dirigent vers le lac.

De retour au camp, il est temps de se coucher.Les maringouins commencent à revenir en force et vont me forcer à me calfeutrer dans mon sac. Les prochaines vadrouilles, j’emmène la pommade !

 Samedi 6 juin

La météo semble s’être trompé :même s’il y a des nuages, la tendance est plutôt au bleu.Il a plu un peu cette nuit mais j’ai été bien protégé par mon poncho. je bouche le trou avec mon sac étanche, que j’utilise en doublure de sac pendant la journée.

Je pars déjeuner tranquillement. Un caribou va passer à 50m.Il s’arrête lorsqu’il me repère, puis s’en va dans une autre direction.Je remballe ensuite le coin cuisine puis le camp.

Je décide de refaire le tour du lac dans l’autre sens. En fait, je vais au nord dans une zone qui semble intéressante. Le décor est motivant. Des grosses roches, des dénivelés, des vallons obscurs. Un coin à tanière de loups par excellence. De nombreuses zones sablonneuses sont présentes également. C’est dans ce type d’environnement que j’avais trouvé une tanière de renard durant le premier projet. La pluie se met à tomber, arrétée de temps en temps par des poussées de soleil.

A part une vieille carcasse de caribou et quelques petits oiseaux, je ne croise personne. A l’approche d’un des grands lacs que je voulais voir, je trouve un sentier humain. Ce doit être le sentier d’accès au pylone proche. Je vais devoir le suivre car de l’autre coté, c’est deux grands lacs et pas mal de ruisseaux à passer.

Ce sentier, peu entretenu, a du être envahi de caribous cet hiver. Il reste encore beaucoup de traces et la direction correspond parfaitement aux déplacement des hardes. Je vois quelques canards sur une partie du lac.Il y en a pas mal depuis quelque temps.

Un canard

Je quitte le chemin pour poursuivre dans la direction voulue. Arrive alors dans une zone très encaissée et un cours d’eau que j’aimerais traverser. Le problème est qu’ici, c’est un torrent à débit vif. Il n’est pas large par contre et c’est faisable. Je choisis un endroit où des roches peuvent m’aider.Je balance l’appareil photo de l’autre coté, je détache mon sac et le balance aussi. histoire de m’alléger pour le saut.

Torrent

Oups, je vois le sac atterrir, puis rouler en arrière et tomber dans le torrent… Pas le temps de l’attraper au vol et il est parti dans le courant. Il cogne contre quelques rochers puis descend dans la cascade !

Je n’ai rien de fragile mais bon, ca fait tout drôle de voir partir tout son matériel comme ca. Je franchis d’un bond le torrent, récupère l’appareil photo et suis le cours d’eau pour voir où je dois aller récupérer mon sac. Je ne le vois pas. Je vais jusqu’au lac qui fait réservoir :pas de traces. Il n’a quand même pas couler direct.

Je remonte le dénivelé,scrutant les roches. Je me décide à retraverser, l’autre coté a un accès plus aisé à l’eau. Je vais finalement repérer mon sac : juste sous la cascade. Il y a une dernière grosse marche et mon sac est coincé sous la plus grosse tombée d’eau. Le bon point : il n’est pas trop loin.

Je récupère une branche morte suffisamment longue.Je me rapproche le plus possible et tente de décoincer le sac pour le faire sortir de cette douche perpétuelle. J’y arrive peu après. Le sac suit le courant et bloque un peu plus loin contre une roche. Accessible, je reprends mon bien et remonte sur la rive, portant un sac bien plus lourd que quelques minutes avant !

Séchage du sac

Je fais le constat : aucun dommage, mais tout est trempé. Enfin non pas tout. Le sac étanche dans lequel j’enferme le sac de couchage et les chaussettes de rechange a bien fait son travail et seulement quelques gouttes sont passés. Je profites d’un peu de soleil pour essorer et faire sécher le tout.

En attendant, je pars en reconnaissance aux alentours. Le cours d’eau se traverse sans souci un peu plus loin. C’est un endroit où ce devait être une forte rivière à une époque. Beaucoup de roches rondes, des champs de cailloux, l’ancien lit d’une rivière.

Je retourne à mes affaires. Je prends le temps d’une pause sardine et me rends compte que j’ai perdu mon couteau… Accroché à mon cou, il était censé ne plus me quitter, mais ma nature a repris le dessus : j’ai paumé mon couteau…

Lac

Une fois les affaires un peu plus sèches, je remballe le tout.Le ciel s’assombrit et il est temps de repartir. Je prends la direction d’un groupe de lacs proches de la route et avance doucement. la pluie a repris mais elle est fine donc pas désagréable. Toujours plein de collines et finalement pas mal de tourbières aussi. Il y a vraiment beaucoup à explorer par ici.

Tourbière

Arrivé aux lacs, je fais une pause sur une hauteur. Puis rejoins la route. Je suis à 6km du camp, cela passe vite. Arrivé au tipi, je mange un peu, puis au camp de base pour vider le sac et vérifier mes courriels ! fin de la vadrouille.

quelques photos de la sortie

Voir en ligne : Quelques photos de cette sortie




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Vos commentaires

  • Le 7 juin 2009 à 19:35, par Bob En réponse à : Vadrouille du 5 et 6 juin 2009

    Salut Mike,

    J’espère qu’il n’y a pas trop de dommages au matériel.
    Je constate que tu progresse de l’étude de la zone. Dommage pour la nourriture. Ah ! les ours, c’est mieux en peluche car ça mange moins tes réserves (je plaisante). Il faut bien qu’ils se nourrissent aussi, enfin ailleurs c’est mieux.

    Bon courage et A+

    Bob

  • Le 13 juin 2009 à 08:45, par sauvage1 En réponse à : Vadrouille du 5 et 6 juin 2009

    Ah ! que de belles choses me viennent àl’esprit lorsque je lis vos aventures. J’aimerais tant être avec vous. Ma France est moins sauvage, et en tout cas plus limitée en zones naturelles. C’est moins dangereux aussi, il faut bien l’avouer. Mais je vous souhaite tout le bonheur et la joie de mener àbien votre expédition.

    Je vous embrasse très fort

  • Le 13 juin 2009 à 16:44, par Mickaël Brangeon En réponse à : Vadrouille du 5 et 6 juin 2009

    Non, àpart le poncho et deux boites de beans, y’a rien de méchant ;)
    Pour la peluche, je sais pas si je préfère : ca empeste vite dans le bois ces trucs là !

    C’est juste un paramètre : oui, faut que j’automatise le fait qu’un ours peut venir me piquer mes stocks. faut pas trop que je compte dessus donc ;)

  • Le 13 juin 2009 à 16:53, par Mickaël Brangeon En réponse à : Vadrouille du 5 et 6 juin 2009

    Merci beaucoup !

    La France a aussi de jolis coins bien sauvages et y’a de belles balades àfaire. Ici, c’est vrai que c’est tellement immense et peu habité que les animaux sont moins farouches et plus facilement observable :)

    Merci encore et àbientôt !

    mickael