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Samedi 6 juin
La météo semble s’être trompé :même s’il y a des nuages, la tendance est plutôt au bleu.Il a plu un peu cette nuit mais j’ai été bien protégé par mon poncho. je bouche le trou avec mon sac étanche, que j’utilise en doublure de sac pendant la journée.
Je pars déjeuner tranquillement. Un caribou va passer à 50m.Il s’arrête lorsqu’il me repère, puis s’en va dans une autre direction.Je remballe ensuite le coin cuisine puis le camp.
Je décide de refaire le tour du lac dans l’autre sens. En fait, je vais au nord dans une zone qui semble intéressante. Le décor est motivant. Des grosses roches, des dénivelés, des vallons obscurs. Un coin à tanière de loups par excellence. De nombreuses zones sablonneuses sont présentes également. C’est dans ce type d’environnement que j’avais trouvé une tanière de renard durant le premier projet. La pluie se met à tomber, arrétée de temps en temps par des poussées de soleil.
A part une vieille carcasse de caribou et quelques petits oiseaux, je ne croise personne. A l’approche d’un des grands lacs que je voulais voir, je trouve un sentier humain. Ce doit être le sentier d’accès au pylone proche. Je vais devoir le suivre car de l’autre coté, c’est deux grands lacs et pas mal de ruisseaux à passer.
Ce sentier, peu entretenu, a du être envahi de caribous cet hiver. Il reste encore beaucoup de traces et la direction correspond parfaitement aux déplacement des hardes. Je vois quelques canards sur une partie du lac.Il y en a pas mal depuis quelque temps.
Je quitte le chemin pour poursuivre dans la direction voulue. Arrive alors dans une zone très encaissée et un cours d’eau que j’aimerais traverser. Le problème est qu’ici, c’est un torrent à débit vif. Il n’est pas large par contre et c’est faisable. Je choisis un endroit où des roches peuvent m’aider.Je balance l’appareil photo de l’autre coté, je détache mon sac et le balance aussi. histoire de m’alléger pour le saut.
Oups, je vois le sac atterrir, puis rouler en arrière et tomber dans le torrent… Pas le temps de l’attraper au vol et il est parti dans le courant. Il cogne contre quelques rochers puis descend dans la cascade !
Je n’ai rien de fragile mais bon, ca fait tout drôle de voir partir tout son matériel comme ca. Je franchis d’un bond le torrent, récupère l’appareil photo et suis le cours d’eau pour voir où je dois aller récupérer mon sac. Je ne le vois pas. Je vais jusqu’au lac qui fait réservoir :pas de traces. Il n’a quand même pas couler direct.
Je remonte le dénivelé,scrutant les roches. Je me décide à retraverser, l’autre coté a un accès plus aisé à l’eau. Je vais finalement repérer mon sac : juste sous la cascade. Il y a une dernière grosse marche et mon sac est coincé sous la plus grosse tombée d’eau. Le bon point : il n’est pas trop loin.
Je récupère une branche morte suffisamment longue.Je me rapproche le plus possible et tente de décoincer le sac pour le faire sortir de cette douche perpétuelle. J’y arrive peu après. Le sac suit le courant et bloque un peu plus loin contre une roche. Accessible, je reprends mon bien et remonte sur la rive, portant un sac bien plus lourd que quelques minutes avant !
Je fais le constat : aucun dommage, mais tout est trempé. Enfin non pas tout. Le sac étanche dans lequel j’enferme le sac de couchage et les chaussettes de rechange a bien fait son travail et seulement quelques gouttes sont passés. Je profites d’un peu de soleil pour essorer et faire sécher le tout.
En attendant, je pars en reconnaissance aux alentours. Le cours d’eau se traverse sans souci un peu plus loin. C’est un endroit où ce devait être une forte rivière à une époque. Beaucoup de roches rondes, des champs de cailloux, l’ancien lit d’une rivière.
Je retourne à mes affaires. Je prends le temps d’une pause sardine et me rends compte que j’ai perdu mon couteau… Accroché à mon cou, il était censé ne plus me quitter, mais ma nature a repris le dessus : j’ai paumé mon couteau…
Une fois les affaires un peu plus sèches, je remballe le tout.Le ciel s’assombrit et il est temps de repartir. Je prends la direction d’un groupe de lacs proches de la route et avance doucement. la pluie a repris mais elle est fine donc pas désagréable. Toujours plein de collines et finalement pas mal de tourbières aussi. Il y a vraiment beaucoup à explorer par ici.
Arrivé aux lacs, je fais une pause sur une hauteur. Puis rejoins la route. Je suis à 6km du camp, cela passe vite. Arrivé au tipi, je mange un peu, puis au camp de base pour vider le sac et vérifier mes courriels ! fin de la vadrouille.





