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Mardi 23 juin
La nuit n’a pas été bonne. Je me suis protégé comme j’ai pu de ces bestioles,mais cela n’a pas été suffisant : je suis piqué de partout, de la tête au pied, c’est une horreur. Je me lève très matinal pour le déjeuner. La première satisfaction de la journée est de voir la fumée sortir du réchaud : les assaillants n’aiment pas la boucane !
Ensuite, direction la route que j’emprunte sur deux kilomètres environ,avant de couper dans le bois vers le nord. C’est un secteur avec beaucoup de lac, dont quelques uns assez longs. J’entame un quadrillage serré de la bande qui se situe entre le lac et la route. J’y vais tranquillement car il fait déjà très chaud, même s’il n’est pas tard. Je transpire vite, pourtant il n’y a pas de grosses difficultés. J’ai l’occasion de croiser un tétra du canada, pas farouche pour deux sous. J’ai même failli le rater tellement il ne bougeait pas !
Beaucoup de pistes bien marquées, des bois de caribous un peu partout,mais aucune trace lupine. Je rejoins ensuite un autre lac en traversant un cours d’eau à faible débit et tombe sur un sentier humain très large et marqué. Il mène surement à la ligne d’énergie, rien de fabuleux. Mais il est dans un état assez remarquable par rapport à ceux que j’ai déjà emprunté. Les équipes d’entretien sont peut être passé récemment.
Je vais suivre ce chemin tranquillement pas vite, en me concentrant sur les traces sur le sol : c’est assez sablonneux et facile à repérer. Caribous, et certaines non identifiés pour cause d’âge avancé. Je vais ensuite m’arrêter sur une petite hauteur qui m’offre une belle vue dégagée.
C’est le temps de la grosse pause et du gros cagnard ! je regrette de n’avoir qu’une petite bouteille d’eau sur moi : même si le réapprovisionnement n’est pas compliqué, il est fréquent. Aucun mouvement à signaler durant ce temps.Je pense que les animaux sont un peu comme moi : ce n’est pas l’heure pour marcher sous le soleil !
Lorsque le soleil commence à redescendre, je décide de repartir. J’embarque plein est et une zone plus collineuse et plus dense au niveau de la végétation. Toujours plein de petits lacs et je vais me faire un plaisir de tous les visiter. Une bonne méthode : j’arrive à me rafraîchir régulièrement.
Passé cette zone, je dévie vers le sud et longe une rivière de taille moyenne, accompagné par quelques sentiers d’orignal. Depuis quelque temps, cela devient une habitude ! leur goût pour les bords de lac et de tourbière est évident, c’est un plaisir que je comprends et partage.
Je tombe ensuite sur une vallée très large et très humide. un réseau de tourbières,qui ne semble pas être trop dérangé par le gros soleil : ca continue à faire "splotch". Les chaussures basses que j’utilise depuis le dégel montrent leurs limites et j’ai bien sur les pieds trempés.
Mine de rien, je me retrouve pas mal loin au nord et à l’est de mon départ. Je commence à piquer plein sud et retrouve un environnement plus sec. Je rejoins la ligne d’énergie, que j’emprunte vers l’ouest pour pouvoir la connaître un peu mieux. En effet cette ligne ne figure pas sur ma carte, contrairement aux autres et je prends quelques points GPS pour pouvoir me représenter son trajet plus précisément. Cette ligne est aussi moins large : un seul pylône sur la largeur, au lieu de deux habituellement. Par contre, c’est très rocailleux et encaissé, avec peu de visibilité sur l’horizon. A part certains coins sympa, il n’y a rien de bien intéressant par ici.
J’arrive au niveau des grands lacs que j’avais exploré récemment.j’ai donc bouclé une partie du secteur. Je ne franchis pas le torrent qui avait fait boire la tasse à mon sac, mais revient sur mes pas ; enfin, pas vraiment car je coupe sud-est et quitte la ligne. Il est temps maintenant de retourner vers le camp. Je suis moite et en sueur de cette journée. Cela ne rebute pas les mouches noires, qui s’attaquent à mes derrières d’oreilles et viennent faire des piqués kamikazes dans le coin de l’oeil. La pommade a servi aujourd’hui : avec la chaleur et la transpiration, il faut en remettre une couche très régulièrement.
De retour au camp, je vais cette fois ci me servir de mon réchaud pour me faire une belle platrée de pâtes et de beans. Le truc de bien dans ce coin cuisine, c’est la vue : le soleil se couche derrière le lac et l’ambiance est vraiment sympa.





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