C’est l’été et cela se voit : plein soleil et température en très forte hausse. Dire qu’il y a 3 semaines, il neigeait et gelait encore !
Created with Admarket’s flickrSLiDR.
Lundi 22 juin
Je finis la publication du dernier carnet dans la matinée. Rien ne presse : je ne vais pas très loin pour cette vadrouille et je n’ai pas vraiment le goût de faire du gravier en plein cagnard. Passé la grosse chaleur, je vais déterrer de quoi manger pendant 5 jours. Heureusement que mon ravitaillement arrive bientôt car il commence à me manquer pas mal de choses.
Je charge le tout comme à l’habitude puis entame le trajet vers ma destination. Il est déjà assez tard, je décide dans un premier temps de ne pas me poser trop loin. Je pense changer d’endroit ensuite. Je choisi donc un endroit déjà utilisé : le lac au castor. Julie et moi avons exploré le secteur l’été passé mais mon but n’est pas de refaire cette zone. Je vise plutôt le coté au nord de la route, qui m’est totalement inconnu et qui me permettra de boucher un gros trou.
Aucune trace de loup sur la route cette fois ci, mais un ours de petite taille l’a emprunté sur plusieurs centaines de mètres. Même si le trajet n’est pas très long, j’ai chaud très vite. Il faut dire aussi que j’ai sur moi : le harnais du carrix, le sac à dos et un sac de « cul » qui transporte GPS et carnet. Tous ces items sont noirs, évidemment ! Enfin, je ne me plains pas, c’est tout de même super agréable de chauffer sous le soleil.
Retrouver le lac n’est bien sur pas compliqué.Je commence à ressentir le bénéfice de la première année, pas mal de coins me sont connus et lorsque je regarde la carte, je peux me représenter concrètement l’environnement du secteur. Il y a de moins en moins de trous, en tout cas dans les zones proches de la route.
Arrivé sur place, je monte le tarp au même endroit que l’année passée. Je peux voir le lichen écrasé par notre couchage. Il y a 3 gros accrocs sur la toile, suite à l’hiver passé coincé sous la neige.Rien de gênant car placés sur les bords, il va pouvoir continuer à me protéger quelque temps. Une fois le montage terminé, je pars sur le lac pour e rafraichir, m’enduit de DEET (pommade anti-moustiques) et entame une marche dans les environs. J’ai prévu une petite balade car le soleil n’est plus très haut.
Rien de marquant à signaler pour cette fin de journée. Je retourne ensuite au camp, installe le coin cuisine sur la même grosse roche près du lac. Pas de feu ce soir, le menu est estival : une boite de fèves au lard froids. Par contre, ce qui va avec l’été, ce sont les mouches noires (simulies). Elles sont là et en nombre. Pas de round d’observation, elles me harcèlent et rampent sous les vêtements pour m’arracher un bout de peau, mmhhhh…
Mardi 23 juin
La nuit n’a pas été bonne. Je me suis protégé comme j’ai pu de ces bestioles,mais cela n’a pas été suffisant : je suis piqué de partout, de la tête au pied, c’est une horreur. Je me lève très matinal pour le déjeuner. La première satisfaction de la journée est de voir la fumée sortir du réchaud : les assaillants n’aiment pas la boucane !
Ensuite, direction la route que j’emprunte sur deux kilomètres environ,avant de couper dans le bois vers le nord. C’est un secteur avec beaucoup de lac, dont quelques uns assez longs. J’entame un quadrillage serré de la bande qui se situe entre le lac et la route. J’y vais tranquillement car il fait déjà très chaud, même s’il n’est pas tard. Je transpire vite, pourtant il n’y a pas de grosses difficultés. J’ai l’occasion de croiser un tétra du canada, pas farouche pour deux sous. J’ai même failli le rater tellement il ne bougeait pas !
Beaucoup de pistes bien marquées, des bois de caribous un peu partout,mais aucune trace lupine. Je rejoins ensuite un autre lac en traversant un cours d’eau à faible débit et tombe sur un sentier humain très large et marqué. Il mène surement à la ligne d’énergie, rien de fabuleux. Mais il est dans un état assez remarquable par rapport à ceux que j’ai déjà emprunté. Les équipes d’entretien sont peut être passé récemment.
Je vais suivre ce chemin tranquillement pas vite, en me concentrant sur les traces sur le sol : c’est assez sablonneux et facile à repérer. Caribous, et certaines non identifiés pour cause d’âge avancé. Je vais ensuite m’arrêter sur une petite hauteur qui m’offre une belle vue dégagée.
C’est le temps de la grosse pause et du gros cagnard ! je regrette de n’avoir qu’une petite bouteille d’eau sur moi : même si le réapprovisionnement n’est pas compliqué, il est fréquent. Aucun mouvement à signaler durant ce temps.Je pense que les animaux sont un peu comme moi : ce n’est pas l’heure pour marcher sous le soleil !
Lorsque le soleil commence à redescendre, je décide de repartir. J’embarque plein est et une zone plus collineuse et plus dense au niveau de la végétation. Toujours plein de petits lacs et je vais me faire un plaisir de tous les visiter. Une bonne méthode : j’arrive à me rafraîchir régulièrement.
Passé cette zone, je dévie vers le sud et longe une rivière de taille moyenne, accompagné par quelques sentiers d’orignal. Depuis quelque temps, cela devient une habitude ! leur goût pour les bords de lac et de tourbière est évident, c’est un plaisir que je comprends et partage.
Je tombe ensuite sur une vallée très large et très humide. un réseau de tourbières,qui ne semble pas être trop dérangé par le gros soleil : ca continue à faire « splotch ». Les chaussures basses que j’utilise depuis le dégel montrent leurs limites et j’ai bien sur les pieds trempés.
Mine de rien, je me retrouve pas mal loin au nord et à l’est de mon départ. Je commence à piquer plein sud et retrouve un environnement plus sec. Je rejoins la ligne d’énergie, que j’emprunte vers l’ouest pour pouvoir la connaître un peu mieux. En effet cette ligne ne figure pas sur ma carte, contrairement aux autres et je prends quelques points GPS pour pouvoir me représenter son trajet plus précisément. Cette ligne est aussi moins large : un seul pylône sur la largeur, au lieu de deux habituellement. Par contre, c’est très rocailleux et encaissé, avec peu de visibilité sur l’horizon. A part certains coins sympa, il n’y a rien de bien intéressant par ici.
J’arrive au niveau des grands lacs que j’avais exploré récemment.j’ai donc bouclé une partie du secteur. Je ne franchis pas le torrent qui avait fait boire la tasse à mon sac, mais revient sur mes pas ; enfin, pas vraiment car je coupe sud-est et quitte la ligne. Il est temps maintenant de retourner vers le camp. Je suis moite et en sueur de cette journée. Cela ne rebute pas les mouches noires, qui s’attaquent à mes derrières d’oreilles et viennent faire des piqués kamikazes dans le coin de l’oeil. La pommade a servi aujourd’hui : avec la chaleur et la transpiration, il faut en remettre une couche très régulièrement.
De retour au camp, je vais cette fois ci me servir de mon réchaud pour me faire une belle platrée de pâtes et de beans. Le truc de bien dans ce coin cuisine, c’est la vue : le soleil se couche derrière le lac et l’ambiance est vraiment sympa.
mercredi 23 juin
Encore une belle journée qui s’annonce : Pas un nuage dans le ciel et il fait chaud, alors que le soleil est juste sorti. Y’a pas à dire, le harcèlement des moustiques est une source réelle de motivation pour sortir de la couette !
Après le déjeuner, je vais remballer le matériel. Je compte aller m’installer quelques 5km plus loin pour mieux explorer la zone où j’avais vu quelques pistes de loups la dernière fois. Il y a un lac qui longe la route dans le secteur qui me semble être une bonne place pour s’installer.
Pas de bol : lorsque j’arrive sur zone, je découvre que c’est maintenant une zone en travaux. Une partie de la chaussée s’est effondrée au niveau d’un passage de rivière et deux engins s’affairent à réparer les dégâts. Pour le coup, la tranquillité n’est plus de mise et je suis pessimiste sur des rencontres potentielles.
Néanmoins, il y a sur la fin du parcours une piste de loup relativement fraîche, ce qui confirme que le secteur est utilisé. Je rejoins le lac désiré et trouve un coin pour le camp. Comme il n’est pas tard, je n’ai pas le goût de monter le tarp maintenant, je préfère profiter de la matinée un maximum avant que ca cogne trop dur. Je vide mon sac à dos du sac de couchage et des vêtements de rechange, embarque ma traditionnelle boîte de sardines et commence à explorer les environs du lac.
la bande entre le lac et la route est assez étroite et c’est vite fait. Cela s’élargit ensuite à mesure que j’approche de l’extrémité est du lac. Au niveau végétation, c’est assez varié : je passe de zones très denses et arbustives à des clairières larges et très sèches, où même le lichen semble avoir du mal à se sentir à l’aise. Je repère pas mal de pistes dans un secteur assez restreint, j’en suis un maximum, j’essaie de voir si cela mène à quelque endroit intéressant. Je me rapproche de ce fait du sentier bien connu qui m’emmène vers le sud. Arrivé dans une clairière intéressante, je m’arrête pour la pause sardines. Il fait lourd et chaud. Quelques nuages sont apparus dans la matinée. Agréable surtout avec un petit vent qui fait fuir les moustiques !
Je vais rester là un petit moment, et ne vais pas être très concentré sur mon poste d’observation. Je soupçonne même avoir fait un roupillon ! Lorsque je quitte mon poste, les nuages ont pris e l’ampleur et ont pris une couleur sombre. Je pars nord-ouest d’un pas tranquille. Ce coin est pas mal inspirant. je m’attends à tomber sur une piste à chaque instant.c’est étrange quand même de voir que certains coins vous marquent plus que d’autres. Rien de spécial cependant, les pistes que je suis ne sont pas identifiables. Je ne pense pas à l’orignal car celui ci laisse des « autoroutes » très reconnaissables.
Je rejoins la route et la traverse de suite pour rejoindre l’extrémité ouest du très long lac que j’ai en partie exploré les fois d’avant. Alors que j’en suis à ma deuxième passe, quelques gouttes font leur apparition. Très rapidement, celles ci deviennent plus nombreuses et surtout plus grosses. Le ciel est chargé : je vais surement m’en prendre plein la tête. Les éclairs vont arriver vite, accompagné du tonnerre. Je suis dessous. A ce moment,je suis sur la rive du lac et une trombe d’eau se met à tomber, limite de la grêle parfois.
Là, j’ai un éclair de lucidité. Vous avez peut-être deviné ? ben oui, ce matin, j’ai laissé tout mon matériel en plan, impatient de découvrir la zone. Je pense à mon sac de couchage qui est posé en vrac sur le lichen, ouvert pas protégé. Les affaires de rechange aussi, prévues pour être au sec après une bonne drache. mmhhhh….
Moi,au bout de 5 minutes, je suis bon pour passer à l’essoreuse. Sérieusement, y’a rien sur moi qui ne soit pas trempé ! Je rejoins la route, tout dégoutant de partout. Heureusement, cela va bientôt s’arrêter. Je m’essore comme je peux (véridique) et rejoins le lac où j’ai laissé les affaires. Bien sur, aucun miracle,ce n’était pas un orage « micro-localisé juste pour moi », y’en a eu pour tout le monde. Il se remet à pleuvoir alors que j’arrive pour constater les dégâts. Je monte vite le tarp et mets tout en dessous, moi et mes affaires.
A l’abri, je ne peux que constater : c’est trempé. Là, je me sens stupide quand même : cela prend moins de 5 minutes pour installer la toile et le sac de couchage est peut être l’item qu’il faut protéger le plus pour se garantir un minimum de confort.
Après réflexion, je décide de repartir vers le camp de base. Je n’ai pas trop le choix au final, sauf à vouloir tremper dans l’eau toute la nuit. Je laisse le matériel sur place. Il va sécher très bien ici, du moment qu’il y aura du soleil. Je prends mon sac, mon appareil photo. Qui n’a pas du tout apprécié l’orage :il ne veut plus s’éteindre et déclenche en rafale dès qu’il peut, sans que j’appuie sur rien. J’ôte la batterie et met l’appareil dans le sac à dos.
La pluie va s’arrêter lors de mon trajet retour. La tourbière qui est proche du camp est imbibée. Je ne sais pas combien il est tombé, mais beaucoup !
Arrivé au camp,je me change. Ca fait un bien fou d’être au sec : j’ai le bout des doigts comme si j’avais passé 3 heures dans un bain. Je suis au camp vers 19h. Je vais passer la soirée devant l’ordinateur et mettre en ligne les quelques photos prises.








Vos commentaires
# Le 7 juillet 2009 à 17:54, par Catherine Paquet (hardrallymusic) En réponse à : Vadrouille du 22 au 24 juin 2009
Contente pour toi qu’il fasse beau à la Baie-James, je crois même qu’il fait plus chaud dans ce coin que chez moi à Québec… J’ai découvert ton site web à partir du magazine « Espaces » où se trouvait un article te concernant. Je trouve que tu es un excellent photographe et je te remercie de mettre tes photographies libres de droit, elles font d’excellents fonds d’écran pour mon ordinateur. J’ai bien du plaisir à lire ton carnet de bord, ça doit être une expérience extraordinaire de vivre si près de la nature dans un endroit aussi magnifique que la Baie James. C’est plutôt bien de voir que certain Français s’intéressent à la nature du Québec. Je te souhaite bonne chance pour tenir jusqu’à l’été 2011 et je ne manquerai pas de venir visiter ton site régulièrement.
# Le 7 juillet 2009 à 19:17, par mickael En réponse à : Vadrouille du 22 au 24 juin 2009
Merci !! ce genre de message fait très plaisir, tu peux pas savoir :)
Content que ce projet et les photos te plaisent.j’espère pouvoir montrer des loups un jour ;)
A bientot et merci pour ton suivi !