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Vadrouille du 16 au 23 avril 2009

vendredi 24 avril 2009, par Mickaël Brangeon

 Jeudi 16 avril

Je suis de retour à mon camp tôt dans la matinée, raccompagné par Pierre. Le temps n’est pas au beau fixe et il va neiger tout le reste de la journée. Ce n’est pas très grave : j’ai prévu de continuer tranquillement le ménage du camp aujourd’hui. Tout ce qui est nourriture et popotte est maintenant loin du camp et je vais souper le soir dans le tipi. Celui-ci demande encore un peu d’aménagement suite au long hiver mais ce premier souper est le signe de la saison estivale !


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Note : ce journal contient plusieurs pages ! utilisez les liens de navigation pour découvrir les autres jours.

 Vendredi 17 avril

Un beau ciel bleu au réveil, comme le laissait prévoir la nuit fraîche et la gelée matinale. Un peu surpris cependant d’avoir eu froid dans le sac de couchage. Comme il est assez tard, je décide de faire une sortie à la journée autour du camp, après le déjeuner sous le tipi.

La destination : une des collines au sud du camp. Nous avions grimpé avec Julie cet été sur celle qui est la plus proche et qui nous avait offert un superbe panorama sur un grand lac. Celle-ci est plus à l’est et plus éloignée et devrait m’offrir une aussi belle vue.

Et puis il faut que j’en profite : en ce moment, c’est le bonheur ! La neige est praticable du matin au soir et la croûte de glace permet de voler sur la neige comme jamais. J’ai rêvé de ce type de neige tout l’hiver et il semble que j’ai droit à quelques jours de rêve éveillé !

Il y a encore pas mal de caribous sur les routes, à en croire les pistes fraîches qui jalonnent mon parcours. Leur direction est bien sur le nord et leurs pas croisent quelques pistes de lagopèdes qui passent d’arbustes en arbustes. A part ces traces, je ne rencontre rien de bien vivant. La marche est cependant bien agréable et je prends mon temps, sous un soleil maintenant bien présent et une lumière agréable.

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Je prends ma pause au niveau du grand lac, au début de l’ascension. J’ai l’autre hauteur en vue et bientôt je vois quelques taches sur le lac gelé. Au début trop loin pour que je distingue à quoi elles correspondent, je découvre au fil de leur avancée que c’est une petite harde de caribous qui passent par là. Ils vont rester un bon moment en plein milieu du lac à se reposer au soleil avant de repartir. Je vais les attendre, histoire de les poser dans ce cadre très sympathique. Dommage que le soleil soit à son zénith et que la lumière soit trop dure, mais on ne va pas demander la lune !

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Je reprends ensuite l’ascension tranquillement. La vue va en valoir l’effort : j’ai un panorama sur 360° qui me rappelle, si je l’avais oublié, l’immensité de la zone. A part une ligne d’énergie qui accroche un peu trop le regard, c’est de la nature vierge à perte de vue (et la vue porte très loin par beau temps et en hauteur).

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Le soleil commencant à descendre sérieusement, j’entame la descente, via un autre itinéraire et parcours quelques collines sur le chemin. La marche est toujours aussi agréable même si la neige colle un peu plus aux raquettes. C’est le moment aussi de revoir les traces en relief, signe évident de la fonte de la neige.

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Arrivé au camp, je repars aussitôt vers le tipi pour souper avant que le soleil ne disparaisse. Je rallonge le chemin retour pour profiter à fond de cette belle journée.

 Samedi 18 avril

Encore un beau ciel bleu ce matin et toujours un peu froid à la sortie du sac. Je prépare le sac à dos (sac de couchage, du change et le tapis de sol) avant d’aller déjeuner au tipi. Je me fais un solide encas et met dans le sac le nécessaire de cuisine plus deux boites de conserves. Je suis donc fin prêt pour une petite excursion dans le nouveau secteur, tout juste découvert lors de la dernière sortie.

Pour ce second trajet, je choisis encore de ne pas accepter de co-voiturage, proposé par un couple Cri qui me soulage de km régulièrement. J’ai le temps, il fait beau et marcher fait partie intégrante du projet pour voir les pistes et laisser ma trace sur une portion de route qui devrait bientôt être très intéressante.

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Ce trajet ne sera pas perdu : deux belles pistes de loups sont repérées sur le bas coté, non loin de mon arrivée dans la zone. C’est motivant, cela me confirme qu’il y a du loup par ici !

Arrivé à bon port, je suis assez refroidi : j’ai pas mal transpiré avec la chaleur et ma première couche est trempée. On se refroidit vite lorsqu’on s’active moins et que le soleil ne tape pas. Je fais un petit feu pour me réchauffer et me préparer un café. J’ai également les pieds fatigués de la route, aussi je vais rester tranquille en attendant la fin de la journée en écrivant ce carnet.

 Dimanche 19 avril

Décidément, c’est une période ensoleillée : pas un nuage dans le ciel au réveil. Après le déjeuner, je prends la route sur 4km et ma caisse à nourriture, où je récupère de quoi manger pour deux jours. J’en profite pour éloigner un peu mon stock de la route,histoire que cela soit un peu plus discret.

Je chausse ensuite les raquettes et part plein sud. Il faut bien commencer par quelque part et ce coin est aussi bon qu’un autre. En arrivant sur le flanc d’une colline, je note une jolie piste de renard, tout de suite doublée par une belle piste de loup que je pense être assez fraîche (empreintes précises sur une neige dure).

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Les deux pistes vont dans le même sens, décalées de 5m. Elles s’entrecroisent de temps à autre. Je suis la trace du loup, qui a l’air de savoir où il va. Il traverse plus loin la ligne d’énergie de part en part, semble hésiter lorsque nous croisons des pistes de caribou mais continue finalement sur la voie initiale. Après la traversée d’une tourbière, nous longeons une colline assez imposante. Les traces se font moins visibles.

C’est à ce moment que je repère une masse sombre en hauteur sur la colline. Cela ne fait aucun doute, un ours est ici. Je ne perçois au début que sa silhouette car il y a beaucoup d’arbres qui cachent ma vue. Il marche doucement et s’arrête presque à chaque arbre, se frotte, renifle au sol, continue d’avancer. Je ne sais s’il m’a repéré mais il vient dans ma direction.

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Moi je suis à genoux depuis que je l’ai repéré et le suis au travers de mon objectif. Il continue de descendre la colline nonchalamment, se rapproche encore, et cela parait clair que je vais me trouver sur son chemin dans pas long. Arrivé à 15m environ, je trouve que la distance est pas mal réduite et je me lève pour signifier ma présence. Il lève la tête et m’observe, puis continue son avancée au même train. Je me décale doucement vers ma droite et en reculant légèrement. Il m’observe, ne fait pas un mouvement. Encore deux pas à droite. Là, l’ours réagit et part dans la direction opposée en courant, sans se retourner, jusqu’à ce que je le perde de vue.

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En regardant autour de moi, je trouve que tout est en désordre : plusieurs tas de crottes, de la neige sale tapée sur un grand rayon. Je m’approche et trouve une carcasse d’orignal, assez fraîche et pas entièrement consommée. Peut-être la destination du loup et du renard en y pensant. Il y a sur le sol des crottes d’ours, des traces de loups et visiblement les restes sont visités régulièrement. A ce moment, je me rends compte aussi que cette carcasse devait être la destination matinale de l’ours et que dans mon désir de mettre un peu de distance ente lui et moi, je me suis en fait rapproché de sa source de nourriture. Cela aurait pu être mal pris, mais je n’avais pas vu la carcasse en choisissant le sens de mon décalage.

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Je prends en note les informations qui m’intéressent, en surveillant fréquemment les mouvements dans la zone. Je ’éloigne ensuite pour me trouver un coin où je puisse voir cet endroit à distance raisonnable. J’en profite ensuite pour la pause sardine et un peu de repos. Aucun mouvement ne sera détecté durant ce temps autour de la carcasse.

Je repars ensuite vers le nord et gravit la colline que j’ai longé depuis quelque temps. Une ascension assez raide au final qui va m’offrir un superbe panorama sur la rivière La Grande, toujours bien gelée à cet endroit. Je m’arrête donc à cet endroit assez idéal pour un affût. A un moment, une dizaine de caribous vont sortir du bois pour marcher sur le réservoir mais ils sont très loin.

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Je reprends ensuite vers l’est et la rivière qui me sert de référence. Encore quelques dénivelés sur le chemin. Je longe ensuite le cours d’eau jusqu’à la ligne où je me pose quelques instants. Un petit groupe de caribous va venir troubler mes pensées et l’écriture du carnet, mais je leur pardonne ! Je continue ensuite vers le sud et tombe sur un sentier qui doit probablement relier la route aux pylônes (sentier d’entretien). Je profite d’un petit secteur de brûlés pour ponctionner quelques branches pour le feu du soir et entame le retour au camp.

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Après, le souper, je vais marcher (à pieds !) vers le lac situé non loin de là, fait une bonne partie de son tour et reviens ensuite au camp.

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 Lundi 20 avril

Je suis réveillé ce matin très tôt par deux écureuils, qui semblent vouloir faire leurs ébats devant témoin ! Je les observe tranquillement depuis mon sac, ne voulant interrompre leurs jeux. Encore un beau temps pour aujourd’hui, cela faisait longtemps qu’une telle série de beaux jours n’était pas arrivé.

Après le déjeuner, je pars vers l’est et j’emprunte la route pendant 2km, le temps de passer le pont de la rivière frontière. Je coupe ensuite vers le sud et marque une pause pour regarder sur la carte où je m’engage. Selon celle-ci, je vais vite être bloqué par le cours d’eau, qui serpente sur une grande largeur. Pas très grave, cela me permettra de connaître ce petit bout de terrain, surtout occupé par des petits pins.

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Je tombe effectivement bien vite sur la rivière, mais celle-ci est encore bien gelée à cet endroit et je peux donc suivre son lit, en restant près de la rive. Peu de temps après, je tombe sur une petite famille de caribous qui sortent du bois et empruntent la rivière pour aller dans ma direction. Ils ne m’ont pas repérées et continuent dans leur marche pendant un moment. Arrivés à ma hauteur, ils s’aperçoivent de ma présence et accélèrent l’allure, le temps de reprendre un peu de distance. Ils s’arrêtent alors un moment pour me dévisager. Après un court moment, je me relève et reprends ma marche.

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Je ne me sens pas très confiant dans l’épaisseur de la glace sur la rivière : on peut voir des trous à plusieurs endroits et des différences de couleur, signe que le liquide n’est plus très loin. Je dois cependant changer de rive par deux fois afin de me maintenir dans la voie que je désire maintenir, c’est à dire la ligne d’énergie du coté est. Je choisis donc des endroits moins larges et tout se passe bien.

Une rivière peut être troublante visuellement par ici. Autant elle peut être large et impressionnante, autant on pourrait penser à une série de petits lacs reliés par de fins ruisseaux. J’arrive justement dans une de ces jonctions, qui est totalement dégelée. La bonne nouvelle : je vais pouvoir faire le plein d’eau et boire à satiété, ce qui n’est pas arrivé depuis bien longtemps. Je me trouve un endroit dans le ruisseau (qui n’est pas profond) où des roches me permettent de ’installer et de remplir ma gourde. Je me pose quelque temps. Assis sur le soleil, de l’eau à boire, un ciel bleu : que du bonheur.

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Je fais un point sur la carte et reprends ensuite la route. La rivière descend maintenant plein sud. Je change une dernière fois de rive pour me situer sur le bon bord avant de couper plein sud et la ligne qui se rapproche.

Beaucoup de traces fraîches de caribous un peu partout et un dénivelé qui devient marquant assez vite. La ligne a été construite sur une crête, ce qui rend son accès plus difficile (surtout avec le carrix ou un traineau).

J’arrive enfin sur la ligne, accueilli par une trace de loup assez vieille qui la traverse et se dirige vers le lac Magin, juste au sud. Je la suis un moment puis bifurque vers le sommet qui m’intéresse. Déjà je peux voir une bonne partie du lac qui est immense et constellé de petits ilôts. Là encore, le dégel est en marche.

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Je vois au loin deux formes qui m’interpellent. Je prends une photo pour pouvoir définir quelle espèce se trouve ici : d’ici je ne peux rien voir. En montant encore, je trouve un endroit vraiment sympa : une belle vue dégagé sur le lac et la forêt en contrebas de la hauteur, des roches déneigées et un soleil qui semble vouloir chouchouter cette place. Un endroit parfait pour la pause et un affût !

Je m’installe tranquillement et observe tout ce qui peut bouger par ici. Un tout petit papillon vient me tenir compagnie, ainsi qu’une grosse mouche ! c’est le réveil pour tout le monde. Un peu plus tard, une bonne vingtaine de caribous traverse le lac et se dirigent vers la ligne et le nord.

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Une fois la pause terminée, je pars finir l’ascension de cette hauteur qui offre un sommet assez vaste. En chemin, je trouve une carcasse de caribou, approchée récemment par un renard. Tout en haut, je peux avoir une belle vue sur la partie explorée cet automne et presque apercevoir le coin de rivière où j’avais installé mon coin cuisine.

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Je redescend ensuite vers la ligne. La descente est raide et je manque par deux fois d’accélérer le mouvement en mode roulé boulé. Je regrimpe ensuite derechef sur une hauteur oindre qui me donne un aperçu de presque la totalité de la rivière entre la ligne et la route. Petit souci, la rivière est tout à fait dégelée sur l’étendue par laquelle je souhaiter revenir. En effet, j’aurais aimé prendre un autre itinéraire afin d’atteindre le camp sans repasser par la route. Il va juste falloir que je fasse un détour et emprunter le gué que j’avais passé à l’aller.

J’entame la marche et me rapproche doucement la rivière, que je longe à distance. Lorsque je suis proche du secteur encore gelé, j’interromps la traversée d’une dizaine de caribous, qui après m’avoir observé un court moment, part en course vers le nord-est. Je vais personnellement continuer un peu plus loin pour trouver un endroit sécuritaire pour traverser, car ces caribous traversent vraiment n’importe où !

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Une fois sur l’autre rive, je revient vers l’est et emprunte le même chemin que les caribous, leur itinéraire me convient parfaitement. S’ensuit ensuite une bonne marche à travers bois et petits lacs, tourbières et forêts de pins. De plus en plus d’endroits sont maintenant hors neige. Les rochers commencent à devenir visibles, les arbres morts réapparaissent à ma vue. La couche de neige suit de plus en plus les courbes naturelles de la forêt. Peu de rencontres sur le trajet, hormis un mésangeai qui m’accompagne un moment.

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Je vérifie au bout d’un moment ma position sur la carte. Pas mal bon, je suis à peu de chose près à l’endroit où je pensais être, ce qui n’est pas si courant ! Le soleil est arrivé assez bas et je poursuis on cap en me fiant à sa position. Le seul endroit où il subsiste un doute quant à sa franchissabilité est cette satanée rivière qu’il faut encore traversé. Cela ne pose pas de souci : à cet endroit, elle n’est qu’un petit lac quelconque, encore bien gelé. Je trouve une série d’empreinte que je ne connais pas. Je prends une photo pour tenter de trouver plus tard son propriétaire.

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Comme je vais bientôt arriver au camp, je prends provision de bois, qui m’embêtera jusqu’à la fin du trajet. Un petit décalage sur la fin fait que j’aurais un petit 500m de route à faire avant d’arriver au camp. Je soupe ensuite tranquillement et remplis ce carnet. Par contre, mauvaise surprise, mon sac de couchage a été victime du dégel du mitogan et une flaque d’eau se tient fièrement au niveau des hanches. Je secoue le tout mais l’intérieur est mouillé. Je place mon pull de rechange à ce niveau pour éviter d’avoir la sensation d’humidité, pas très agréable.

 Mardi 21 avril

Il a fait plus chaud cette nuit, il n’a pas gelé. Et le sac a séché tout seul durant la nuit, sans aucun inconfort : je suis épaté par ce sac de couchage, bien plus adapté que le sac en plume pour mes activités.

Après le déjeuner, en compagnie d’un écureuil de plus en plus présent, je décide d’aller vers la plus grosse hauteur de la zone, située pas mal à l’ouest. Je dois passer prendre de la nourriture à ma boite, je prends donc la route sur 7km environ avant de bifurquer vers le sud.

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Il fait lourd, il y a du vent d’est (rare) et les nuages se font de plus en plus présents. A mesure de la marche et de la découverte du secteur (1 piste récente vers un lac, créée pour le goose break et les traces d’un loup venu inspecter celle-ci), je sens que je vais me recevoir une méchante averse dans la journée. Une perspective qui ne me tente pas trop, d’autant que la pluie va rendre la neige beaucoup moins collaboratrice. Je n’ai pas vraiment le goût de me retrouver sur le plus haut point du coin dans ces conditions.

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Après réflexion, je décide de faire marche arrière et de retourner vers le camp. Mais bon, tant qu’à perdre une journée, il serait aussi judicieux de refaire le chemin vers le camp de base au lieu de stagner toute une après-midi. Il est midi lorsque je prends la décision de rebrousser chemin. Comme les journées sont bien longues maintenant, cela me laisse le temps de faire le trajet. 8km après, je suis sous le mitogan. Je prends une pause sardines, range ce dont j’ai besoin dans le sac et repars direct sur la route. Au pire, si personne ne s’arrête, cela fait 15km. Personne ne va s’arrêter, c’est donc le tarif que je vais prendre. De la pluie sur le retour, mais pas en grosse trombe. Comme compagnie, un lagopède et ma paire de gants fins que j’avais laissé échapper de mes poches à l’aller.

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Le trajet va sembler long sur la fin, et j’ai besoin de plusieurs pauses pour arriver au terme du trajet. Je suis content d’en voir le bout et d’enfiler mes raquettes pour faire le bout de trajet qui me sépare encore de mon camp. Arrivé fourbu et les pieds en compote. Moralité, 32km en sorel (botte d’hiver), ca use les petons !

Il est 18h30 lorsque j’arrive. Je pose le tout et déballe le sac.Je n’ai même pas le courage de retourner au tipi pour souper : je me contente de la boite de sardines que j’avais mis dans la poche pour encas. bof, elle s’est ouverte durant le trajet, j’ai la poche pleine d’huile ! Je m’engouffre dans mon sac, rideau pour aujourd’hui. Dehors, il va pleuvoir une bonne partie de la nuit.

 Mercredi 22 avril

J’ai des courbatures ce matin ! Petits soucis pour allumer le feu ce matin : pas de réserve de bois sec et évidemment,celui qui est dehors est mouillé. Enfin, je m’en sors et prends un bon déjeuner. Par contre, je peux oublier la neige de rêve : la pluie a transformé ce rêve en réalité : je vais au fond à chaque pas ou presque.

Je dois profiter de ces derniers instants où je peux utiliser le toboggan pour rapatrier la génératrice près de la route. Cela permettra plus tard de venir la chercher pour l’examiner à nouchimi. Je profite du trajet pour emmener les ordures et arrange un peu mieux le tipi. Par contre, je ne peux pas encore enterrer la nourriture : une mare d’eau repose sur le couvercle de mon trou, j’attendrais le prochain coup.

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Le temps est gris, à part une petite éclaircie qui fait du bien. Je ne me sens pas faire de tour avec cette neige et je finis la journée en préparant ce que j’ai besoin pour nouchimi. Je range aussi les bottes d’hiver, que je troque contre les souliers d’été. Demain, je suis de retour à la civilisation. Fin de la vadrouille.

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