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Vadrouille du 11 au 14 mai 2010

samedi 15 mai 2010, par Mickaël Brangeon

Après un passage à Nouchimi durant le week-end, prolongé suite à une journée de lundi particulièrement maussade (neige,vent et froid), je repars sur les pistes.

 Mardi 11 mai

Je suis de retour au camp avant 8h. Après un déjeuner vite fait, je remplis mon sac pour une vadrouille de trois jours et retourne sur la route en fin de matinée. Je prévois de patrouiller dans une zone au nord de la route, un coin assez fréquenté habituellement.

Arrivé au moment de couper la route, je me rends compte que j’ai oublié de quoi manger le matin. Je me rends compte aussi, et c’est le plus important, que nous arrivons à la mi du mois de mai. La période où les loups s’installent en tanière gros maximum. L’absence de pistes sur la route va dans ce sens.

Canard (by peupleloup)

Je décide de revoir mes plans à ce moment là. Je laisse le gros du matériel à portée de la route : je le prendrais plus tard pour m’installer dans la zone que je pense être la zone de la tanière. Allégé, je vais ensuite faire une tournée d’une partie de la zone que je comptais explorer en itinérance.

Une fois cette balade faite, sans rencontre marquante, je reprends le minimum (sac de couchage) et retourne au camp de base pour la soirée. Je prépare le carrix. Même si le temps me manque d’ici au week-end prochain, je peux commencer à installer un nouveau camp dans ce qui doit être maintenant mon terrain de jeu à temps complet.

 Mercredi 12 mai

Je suis réveillé par une martre ! quand j’ouvre les yeus, une de ces magnifique créature se trouve à l’entréé du camp, à l’intérieur. Elle me regarde quelques secondes et se met à avancer de quelques pas, très doucement. Au moment où elle plante les crocs dans une de mes chaussures de marche, je met le hola et fais un peu de bruit, faisant décamper le pick-pocket. Dommage que je n’ai pu immortaliser la scène…

Bernaches du canada (by peupleloup)

Il est tard quand je me mets en route. En fait j’ai fait une méchante grasse matinée. L’avantage avec les journées qui se rallongent, c’est que ca n’empêche en rien mon déplacement. Sur la route et sous le soleil, les voiliers de bernaches sont assez nombreux, même si elles passent un peu haut. Lorsque j’arrive au niveau de mon stock laissé la veille, je remarque qu’un des lacs proche est en cours d’installation pour un affût à la bernache.

Site de chasse à la bernache (by peupleloup)

Arrivé à destination, je quitte la route et m’enfonce dans le bois. Dans une vadrouille précédente, j’ai repéré une place intéressante pour un camp : en plein milieu de la série des trois lacs qui peuvent abriter une meute de loups en tanière,de l’eau en masse et un paysage bien agréable. Le seul point négatif est la présence de grosses zones de pierriers. Sans souci par temps sec, ce type de sol est particulièrement casse-gueule après une averse… On verra quand elle sera là ;)

Pierrier (by peupleloup)

En parlant de météo, tout est très sec. La mousse de caribou craque sous le pied et le niveau des ruisseaux est bas lorsque l’on pense qu’on est juste sorti du dégel. Les risques d’incendie sont déjà bien présents.

Une fois sommairement installé, je vais faire le tour des lacs et ruisseaux. Une tanière peut prendre la forme de beaucoup de choses, les loups ne sont pas difficiles. Cependant, le besoin en eau est important pour la mère et les petits, surtout pendant les deux premiers mois. Il leur faut donc une ressource proche de la tanière et je me focalise la dessus.

Coucher de soleil (by peupleloup)

Le soir se rafraichit vite et le beau coucher de soleil annonce une nuit fraîche.

 Jeudi 13 mai

Lever très tôt ce matin. Il a bien gelé cette nuit et les chaussures et les bouteilles d’eau sont gelées. Après le déjeuner,j’entame le quadrillage d’une des zones. en partant du camp et en longeant le pierrier,j’entends des écureuils qui se chamaillent. Je vais donc les voir. Apparemment, les écureuils adorent les pierriers ! Ca rentre, ca sort et ca court partout. Ils se poursuivent, se chamaillent et se bagarrent, sans que ma présence ne les trouble le moins du monde. Ils sont les rois ici et ils le savent : qui d’autres qu’eux est capable de se mouvoir aussi vite sur un tel sol ?

Écureuil au lever du jour (by peupleloup)

Je vais quadriller trois zones importantes,que j’avais déja parcouru il y a peu lorsque la neige était encore présente. Je suis des pistes assez marquées, mais les crottes d’orignal m’indiquent qui est l’auteur de ces sentiers. Déja, cela ne me plait pas trop : un orignal s’installerait t’il dans une zone de tanière ? aucune idée.

Lac (by peupleloup)

Je n’ai trouvé aucun indice de loup durant cette journée, et j’ai été conscienceux dans mes recherches. Cela ne signifie pas que je sois à la mauvaise place : j’aurais pu passer 4 fois à coté d’un indice sans le voir. Et cela m’étonnerait que les loups ait marqué leur tanière avec un écriteau ;) Il faut que je fréquente ces lieux plus longtemps, à toutes les heures. Mais il faudrait aussi que je vérifie d’autres endroits au cas où je sois à coté de la plaque…

Dans ces moment là, l’expression « chercher une aiguille dans une botte de foin » prend tout son sens croyez moi. En attendant, une belle buse à queue rousse va me survoler quelque temps. Peut-être a t’elle son nid pas très loin.

Buse à queue rousse (by peupleloup)

Fin de journée (by peupleloup)

 Vendredi 14 mai

Je pars tôt. Je dois être à Nouchimi aujourd’hui pour le dernier week-end de soutien. Après celui-ci, je vais mettre les bouchées doubles et éviter la pourvoirie un maximum. Profiter des journées qui semblent interminables, sans oublier la pommade contre les mouches car ca y’est c’est officiel : elles ont faim et l’été qui arrive s’annonce « mordant ».

Arrivé au camp avant 10h, je lance le pc pour avertir Alain de mon arrivée. 2h plus tard, je quitte le camp pour Nouchimi. Une bonne nouvelle : ce week-end,je vais revoir Lucie, ca fait un moment que je n’ai pas entendu son rire illuminer la pourvoirie, un moment aussi que rien n’est plus pareil dans l’atmosphère de mon bout du monde et ce ne peut être une coincidence. Un rire, messieurs dames. Un rire, ca change tout, surtout en Baie-James…

Lucie (by peupleloup)

Voir en ligne : les photos de la vadrouille




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