Cela avait pourtant très mal démarré. Au réveil, une pluie fine mais persistante. Evidemment, cela n’arrange pas mes affaires : je dois sécher ce qui a été trempé la veille (écroulement de la tente et tout le matériel inondé). Après une coupe de bois et un peu de fendage de bûche pour avoir de quoi faire un bon feu, je place bien stratégiquement le modem et le pc pour qu’ils prennent un maximum de chaleur.
Déja bien chauffés la veille, je me décide à tester le tout et branche les deux appareils sur la batterie. bilan :
Le thinkpad IBM ne s’allume plus du tout (bouton « power » inactif)
Le modem s’allume (1er voyant d’allumé) mais les trois autres restent déséspérement éteints.
Je suis très mal… je remets encore les deux appareils devant le poêle. Un peu plus tard, j’essaie un truc pour le pc : je le place sur sa base (sur cet ultra-portable, le lecteur cd est fourni sur une base externe). Rien de mieux. Je retire la batterie et la met sur la base : banco ! l’IBM repart comme en 40, tout fonctionne ! J’en profite de suite pour sauvegarder les photos qui sont dessus, pas folle la bête !
Par contre, le modem ne veut rien savoir de plus. Comme il y a quelques mois, je suis privé d’internet jusqu’à résolution du problème. Bon, j’avoue, j’ai des pensées négatives en tête à ce moment là… je profite du moment pour retoucher les photos prises durant la dernière vadrouille. Un coup de Gimp, tranquillement. Puis, allez j’ai que ça à faire, je transcris ma vadrouille, pas trop longue. Comme le disque dur externe est branché, je met de la musique en fond de tâche. Cela faisait très longtemps que je n’avais pas bossé en musique.
Durant ce temps, j’alimente doucement le poêle et la batterie du nikon recharge mollo. Demain de toute façon, je vais repartir pour quelques jours. On va pas se laisser décourager par du technique !
Fin du travail sur ordi. Pas de mail à vérifier, ni de tweets à poster, grrrr…Cela fait bizarre de ne plus avoir Drine, Bob ou Thierry en notification, raconter leurs bêtises ou donner des news. A croire que je ne peux m’en passer… vous parlez d’un « solitaire » !
Je débranche. Je vais arranger cette satanée tente qui n’arrête pas de tomber et qui m’a causé ce souci. Je pose des perches à la base de la toile pour boucher les trous d’air. Je remets des cordes. Puis, j’arrange le poêle à bois pour qu’il soit plus stable. Ah tiens, vraiment le trou de sortie du tuyau est vraiment mail en point et par fort vent, ce même tuyau bouge vraiment trop. Comment arranger ça, maintenant, avec les moyens du bord ?
Je suis content du résultat. Je vais ensuite au tipi. En voyant sa grise mine (merci ben pour les trous), cela ne me donne pas envie d’y diner. Sous cette pluie qui n’en finit toujours pas, j’ai le goût d’un peu de confort. Changer un peu du mode vadrouille, devant mon réchaud et ma boite de beans.
Je rassemble quelques affaires. Je prends de l’eau, je fais le tri de ce qui va m’être utile cet hiver. Ensuite, je pars mettre les poubelles et chercher un peu de nourriture à la cache près de la route. Dans le ciel, des voiliers passent.
Je reviens bien chargé. Je rassemble tout ça dans une caisse et reviens au camp de base, le tout sur l’épaule. Ensuiten une bonne coupe de bois. Je vais chercher 4 perches pas trop grosses, puis les débite en bûches. La scie mériterait un petit entretien…
Ca prend du temps de faire son bois. Cela faisait depuis avril que je n’en avais coupé autant d’un coup. Je suis humide, mais pas trempé. J’avais pris soin de mettre le pantalon d’hiver. Une bonne idée. Prochain travail ensuite, arranger le coin cuisine. Je trouve un petit coin à coté du lit, sépare les aliments selon leur utilité, dresse une table mobile : bien mieux pensé que l’an passé. C’était trop le foutoir… Il y a juste à espérer que je vois juste au niveau timing : je pense que Ben et ses comparses ont quitté cette zone et se préparent à leur long hiver. Si je me trompe ? et bien j’assumerais un camp désossé. Mais bon, le vent a fait aussi bien qu’eux le dernier coup…
Les nuages défilent vite dehors. La pluie cesse et je vois des portions de ciel bleu. Un bon présage ? Je réoriente le panneau solaire pour qu’il profite un peu de ces rayons de fin de journée. Ensuite, il est temps d’allumer le poêle. Aujourd’hui, bannick et souper de roi !
Là est la magie du poêle à bois. là, je retrouve durant cette soirée quelque chose que j’avais oublié de faire depuis des lustres. Prendre le temps de se faire la popote. Laisser l’eau bouillir à son aise pour ensuite savourer un bon café. Voir la bannick gonfler tranquillement, tandis que je remets des bûches à intervalle régulier. Sentir la chaleur. Sortir parce que ca chauffe vraiment trop parfois !
Finalement, ne pas avoir Internet n’est pas une fin en soi. Dur de s’en séparer lorsqu’on est un geek comme moi. Mais avec Internet, je suis trop accaparé. Je ne prends pas le temps de faire ce genre de travail. tellement d’autres choses à faire et tellement de dérives possibles !
Non. Internet attendra mon retour à nouchimi. Je me renseignerais pour remplacer le modem, qui semble définitivement HS. Mais d’ici là, une ou deux vadrouilles. IL me reste 8 jours avant le tipi. 8 jours à me balader, prendre des photos. Et trier les photos, faire mon bois, ma bannick, sentir la chaleur et sortir quand ca devient trop chaud !
Là, ce soir, à la lumière de la bougie, j’ai eu l’envie d’écrire cet article. Comment, à partir d’événements plutôt négatifs, se rendre compte que l’essentiel est ailleurs. Non pas que je trouve l’accès au net surperficiel. Mais, il va de toute façon falloir que je me limite dans son utilisation : l’hiver ne me permettra pas de « faire mon geek ». Il y aura d’autres activités, bien plus urgentes et vitales. Ce problème technique me remet dans le bain à la bonne heure. Ah et puis : première fois depuis des lustres que je n’entends pas le bip de la batterie et que j’ai pas le besoin d’allumer la génératrice. Bon, je file, mon café est prêt !