LUNDI 18 OCTOBRE 2004
Neige, Vent
Ce matin tôt je pars en direction du dépotoir et à peine 200 mètres plus loin je croise le loup de la veille, qui à 50 mètres se dirige vers le bois. Pourtant sans raison apparente, il s’enfuit et rejoint rapidement une zone de fourrés. Je reprends ma route et en atteignant une butte à proximité de la décharge, je remets à nouveau en fuite ce même loup qui ne prend que quelques secondes pour se retourner sur moi avant de disparaître.
Ce comportement de frayeur excessive me surprend par comparaison avec celui de la veille. Serait ce dû à mon nouveau manteau dont la matière fait du bruit au moindre de mes mouvements ?
Au même endroit mais une demi heure plus tard alors que je suis pourtant camouflé dans les arbres préparant mon matériel de photo, je redéclenche une fuite chez ce même loup qui était revenu.
MARDI 19 OCTOBRE 2004
Il a neigé cette nuit et le gel matinal facilite mon pistage. Derrière mon camp je repère rapidement de nouvelles pistes et ne tarde pas non plus à apercevoir Freak ; en pleine course il ne m’a ni vu ni entendu. En suivant se piste, je remarque qu’il y a déjà eu trois passages à cet endroit et que le bois a du être le lieu de quelques actions de prédation, certainement des chasses aux écureuils. De retour de la décharge, je suis alors surpris par une vocalise aigue courte et régulière en provenance de l’ancien dépotoir tout proche a laquelle répond une seconde, assez aigue aussi, située plus à ma droite à moins de deux kilomètres. Encore plus à ma droite, une troisième voix s’élève avec la même tonalité, et trouve un écho grave émis avec refrain et aussitôt soutenu par une quatrième vocalise. Un hurlement en provenance de mon camp n°2 clôture le concert.
Puis le loup qui en premier avait initié l’appel, recommence et cette fois ci c’est un autre de ses congénères plus au sud qui lui répond. Six loups en tout à des endroits différents m’entourent !
Bientôt le même loup que les deux fois précédentes renouvelle encore en premier son appel mais cette fois ci de l’ancien dépotoir où il s’est déplacé entre temps. Son chant plus long est repris par celui complet du loup à la voix grave et qu’accompagne aussitôt son compagnon qui est avec lui. Leur duo dure au moins une minute avant que trois autres vocalises ne s’y joignent.
Tandis que je redescends de la butte en direction de l’ancien dépotoir, je ne tarde pas à observer les effets de ces hurlements : deux loups chacun leur tour venant de deux endroits distincts vont filer devant moi vers une même destination, qui coïncide avec l’endroit d’où s’est élevé les vocalises graves et émise en duo avec une autre moins soutenue. Je pense que la meute a du se regrouper autour du couple et qu’elle est ensuite partie en chasse, car malgré mes affûts dans les environs je ne détectai plus de présence ni de mouvement.
J’avais commencé ma journée avec Freak je la terminerai avec ; deux heures avant que le soleil ne s’accorde un peu de repos, ce loup que je pense être Freak à en juger son allure, traverse l’ancien dépotoir puis la clairière qui avoisine la décharge.
MERCREDI 20 OCTOBRE 2004

- Aurore boreale
- pour essai de mise en page seulement
Soleil
A mon retour de prospection, je trouve une piste de loup qui passe 50 mètres derrière mon camp ! C’est rare de voir une telle approche.
JEUDI 21 OCTOBRE 2004
Soleil, -4
Je mets à profit mon réveil matinal pour faire un peu de couture et poser ainsi sur mon sac le logo de Loup.org. Puis je prépare mon sac pour mon séjour en ville. Sur le chemin du retour je trouve rapidement, dès les premiers 500 mètres, la piste de deux loups passés ensemble cette nuit. Ce sont mes premières empreintes de la saison hivernale sur neige et je vais avoir le plaisir de les suivre sur près de deux kilomètres de la route de la Baie James. Cependant cette joie d’une portion d’itinéraire partagé, est gâchée par ma découverte d’un collet posé par les Crees et dont la hauteur ne laisse aucun doute quant à l’espèce convoitée….lupus. Bien sûr !, ils sont dans leurs droits….Mais la tristesse me serre le cœur et même si je n’y peux rien et surtout ne pas y toucher sous peine de m’attirer soupçons et représailles (on trouverait vite le coupable….) je fais en sorte de laisser mon odeur autour du piège et y reviendrai régulièrement
Je profite de mon arrêt au camp n°1 pour continuer ma journée en faisant un affût : très rapidement le loup au pelage brun- noir passe devant moi d’un trot rapide, disparaît dans le bois et réapparaît quelques minutes après, calmé et longeant la lisière de ce dernier. Alors qu’il s’est définitivement enfoncé dans le boisé, des écureuils en râlant me renseignent sur la progression de cet individu que je ne vois plus. Il me semble qu’il passe non loin de mon camp et sort avant la décharge. Quinze minutes plus tard c’est au tour de Jappeur ; il s’élance sur la piste de son comparse, le nez au sol. Il m’accorde quand même un regard le temps d’une pause à l’abri d’un arbre avant de poursuivre son trotting.
VENDREDI 22 OCTOBRE 2004
Soleil

- moi
- pour essai de mise en page
La meute est revenue ! Elle s’est annoncée cette nuit à moins d’un kilomètre de mon camp n°1. Heureusement que cette bonne nouvelle m’est parvenue parce que de la journée je n’avais pas vu un seul loup ; ceci ne m’était pas arrivé depuis si longtemps !
DIMANCHE 24 OCTOBRE 2004
Nuages, Eclaircies
Aujourd’hui ma co-locataire (une jolie belette tout de blanc (ou presque) déjà vêtue) et mon propriétaire (un petit écureuil pointilleux) se sont disputés au sujet de l’utilisation conjointe de mon camp ! J’aurais préféré que les loups en fassent autant mais décidément ils semblent bien loin de ces considérations territoriales à l’heure actuelle.

- Tamia rayé
- pour essai de mise en page