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Publié : 9 novembre 2009
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Octobre 2009

Vous n’avez pas eu trop de nouveautés à vous mettre sous la dent le mois dernier. Il s’est pourtant passé beaucoup de choses ! Le souci est que tout s’est passé vite et que le mois d’octobre est humide par ici. Dit comme ça, le rapport semble mince mais cela a joué : pas facile de noter au jour le jour les vadrouilles quand le carnet se transforme en essuie-tout dès qu’on pose ses grosses pattes mouillées dessus !

Et puis le temps passe,on doit faire autre chose,on reporte au lendemain, puis au suivant. Et l’intérêt du carnet journalier s’amenuise au fil du retard : les anecdotes et ce qui rend la vadrouille vivante sont loin et difficilement retranscriptibles.

Alors,je vais essayer de me faire pardonner et vous conter dans les grandes lignes ce qui s’est passé en octobre en Baie-James !

  Vadrouille du 4 au 8 octobre

C’est l’automne et les couleurs dorées des mélèzes illuminent le paysage. Et dire que certains pensent que la taïga est monotone ! C’est l’automne et la météo suit la cadence. La pluie succède à la pluie. Les premières gelées sont là, au rendez vous. Les bernaches finissent par finir de passer.

Bernaches du canada

J’ai choisi d’aller vadrouiller à l’est du camp de base. Un moment que je n’y avais pas été. Je vais tourner pas très loin de nouchimi. Pas par la route. Par les hauteurs. Je découvre durant une journée le nord de la zone, proche de la rivière la grande. J’y rencontre quelques traces d’orignal, mais moins que dans d’autres secteurs. Des ours également laissent leurs empreintes. Et un paysage qui serait incroyable… si la pluie et les nuages cessaient un peu de me courir après !

Panorama de la zone

C’est normal la pluie. Il en faut bien sur, mais trop, c’est comme pas assez. Je reviens trempé de pied en cap et j’ai du mal à manger chaud tellement le bois est imbibé. Comme les matins sont gelés, je redécouvre les joies des chaussures raides comme des quilles de bois. Je démarre la journéesuivante presque déjà trempé. Et je ne peux trop vous faire partager ce que je vois : nuages, peu de visibilité et un appareil photo qui n’apprecie pas d’être ainsi malmené. Quelques lueurs cependant, quelques éclaircies subites pour vous faire gouter à l’or québecois.

Rivière en fin de journée

Un autre jour, je vais tourner plus vers le sud de la zone et suivre une rivière assez importante. Je descend jusqu’au lac Nochet, que j’avais parcouru l’hiver passé en raquette. Evidemment le chemin n’est pas le même ! Je manque de me perdre d’ailleurs. Je ne sais ce que j’ai dans la tête ce jour là, mais pas moyen d’aller dans le sens que je souhaites. Je vois double et arrive même à rebrousser chemin. Un peu plus et je me retrouvais sur le Corvette…

Cette escapade n’a pas été infructueuse pour autant. Elle m’a permis de trouver mes repères dans une saison que je ne connaissais pas. Elle m’a permis aussi de trouver plusieurs traces de loups lelong de plusieurs petits lac. Et elle m’a offert une jolie rencontre avec un beau tétra !

Tétra du Canada

Enfin, j’ai pu retrouver le tarp que j’avais laissé le printemps passé lorsque j’avais été voir les caribous lors de leur remontée. J’avais laissé sur place un peu de matériel et de nourriture, pensant y revenir assez vite. Cela n’a pas été le cas et je n’ai jamais pris le temps d’aller reprendre mes biens. J’en ai donc profité ce coup ci.

Malheureusement, un ours a découvert le pot aux roses… Il n’a pas daigné toucher à mes sardines. Toutes intactes. Par contre, il s’est amusé avec le tarp et il n’en reste que des lambeaux. Moi qui pensait faire l’échange avec celui que j’utilise le plus souvent et qui a quelques tours au compteur (et quelques accrocs), je peux oublier le projet. Enfin, comme d’habitude, la faute à bibi : je sais par expérience qu’il ne faut pas laisser de matériel en période « oursivale ». Encore une fois, j’ai été laxiste sur ce coup et j’en assume donc les conséquences. et resterais avec mon tarp qui se prend pour un gruyère !

De retour au camp après 4 jours plein. Je prends le temps de sécher tout ce qui est mouillé. C’est à dire tout, et surtout moi. La génératrice bat de l’aile et ne me permet pas de rester connecté bien longtemps. C’est comme une habitude. Un jeu entre la technique et moi. Un jeu que je trouve toujours moins drôle à chaque fois.

Album photo de la vadrouille.

  Vadrouille du 12 au 15 octobre

Je suis parti quelques jours pour fêter l’arrivée de la neige. d’ailleurs, elle n’y a pas été de main morte : parti 4 jours, il a neigé 3 jours assez fortement. et ca fait qu’il y’a eu 30 cm au sol par endroit.

une petite photo du tarp :

Tarp sous la neige

Alors, comme je m’étais douté et comme je l’avais vu l’année passée, le montage en « canadienne » n’est pas des plus fameux en période de neige collante : ca alourdit méchamment la toile et au petit matin, t’as plus vraiment la même hauteur sous plafond. je vais tenter une nouvelle méthode murement réflechie le prochain coup.

Sinon, il a fait frisquet et évidemment très humide. avec du gros vent, j’ai bien supporté le parka et les gants. tout est bien trempé le soir en rentrant, y compris le bois. J’ai été juste sur la fin mais j’ai mangé chaud à tous les coups. Niveau couchage : les deux premières nuits, seulement le def 4, mais avec le vent qui soufflait,j’ai rajouté le sursac les nuits suivantes. Au niveau confort, jai senti la différence dès que je le ferme : au niveau du visage, je n’ai pas besoin de « m’enfermer » pour ne pas ressentir les courants d’air frais. (vous me direz que je suis enfermé aussi avec le sursac, mais y’a plus d’espace qu’avec le seul sac.

Matin frisquet

Au niveau loup, cette vadrouille a été très bonne. Vive la neige qui m’informe de chaque pas. Et je sais qu’au moins deux loups sont dans les parages. Le deuxième matin, alors que je décide d’aller explorer un sentier tout nouveau qui mène vers le sud, je repère sur la route une belle double piste, toute fraîche (il a neigé un peu plus tôt). Je m’amuse à suivre leur maraudage dans les aulnes, leurs bifurcations et leurs observations. Un loup semble plus curieux que l’autre car une piste se décale souvent. Toujours la piste me ramène sur la route quelque temps plus tard.

Loup assis

Un peu plus loin, dans un espace dégagé (une ancienne gravière), je repère un rocher suspect du coin de l’oeil… un rocher pas recouvert de neige, c’est étrange. J’ai bien fait de m’attarder car c’est évidemment un loup, couché au soleil, qui se trouve la. La rencontre est ici. Elle ne va pas durer longtemps certes, mais elle est bien là. Je vais rester dans le coin au cas où il revienne, mais sans succès.

Mes doigts subissent les premiers assauts du froid. Je n’ai pas été assez prévoyant au niveau des gants ni des chaussures. Je me refroidis vite et souvent. D’autant plus que le soleil n’est présent que par bribes durant ces quelques jours.

Panorama sur tourbières

Le sentier que je vais explorer le jour suivant de la rencontre (celle-ci m’a fait décaler mes objectifs) va me donner un bel accès vers le sud et le coté ouest du lac Corvette. Selon la carte et les panoramas, le chemin devrait être plus agréable et plus vivant que celui que j’ai emprunté cet été.

A part ces excursions dans le coin sud-ouest, je vais quand même rester assez souvent proche de laroute. Les nombreuses pistes me retiennent et me font espérer d’autres rencontres. Je vais en faire une très sympa, même si le loup n’est pas de la partie.

Un soir alors que je revenais de l’ouest, je vois un lièvre sortir du couvert.Il traverse la route comme c’est souvent le cas. mais ce coup ci, il ne disparaît pas : il court dan ma direction ! de temps en temps, il stoppe, semble hésiter, part dans le bois, revient et me regarde. Puis disparait pas trop loin. Je n’ai pas le temps de le poser : la protection de l’appareil photo rend la réactivité très limitée. Mais, cela va me permettre de prendre en photo un autre énergumène.

Martre d'amérique

En effet, quelques instants plus tard, un animal sombre sort du même endroit que le lièvre et va refaire exactement le même trajet. Les mêmes hésitations, le même regard curieux vers moi. Vu l’allure c’est quelque chose de la famille de l’hermine ou du furet mais plus gros. En revenant à la civilisation, j’ai pu savoir grâce aux recherches de Bob que c’était une martre d’amérique. Première fois que j’en croise une, je suis très content de la rencontre !

Martre d'amérique

Retour au camp, refroidi et avec le matériel tout gelé, je me régale à l’avance de me réchauffer au coin du poêle et de vous envoyer les photos. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme cela.

Album photo de la vadrouille.

  Autour du camp

Oui, car un problème majeur va m’accueillir à mon retour de vadrouille. Ben, l’ourson qui s’amuse à faire tomber ma tente depuis quelque temps, va me jouer un dernier tour avant de dormir pour un long hiver. Il faut dire que j’avais renforcé les attaches du camp. Les forts vents de ces derniers temps avaient fait aussi du dégat (le modem satellite a pris l’eau et a du être changé) et il était nécessaire de consolider le tout.

Le problème est qu’auparavant, Ben jouait avec la tente jusqu’à ce qu’elle tombe. Il n’y avait pas de dégâts, pas de bris. Avec une résistance accrue, la tente n’est pas tombée aussi facilement apparemment et il est passé au travers…

Résultat : 3 cotés sur 4 sont déchirés sur presque toute la hauteur. Je la remets sur pied pour mieux évaluer les dégâts et cela ne sent pas bon du tout. Comme il fait presque noir et que, tout humide, je ne tiens pas à remonter un tarp gelé sous la neige, je décide de retourner derechef sur nouchimi afin de réflechir à tout ça.

Finalement, après reflexion et surtout l’aide de Pierre, le mécano de Nouchimi, le camp a pu être remis en état. Rafistolé à l’aide de vis, de morceaux de bois et du talent d’un « patenteux » (débrouillard), le camp va pouvoir faire son devoir. Il reste encore des trous à boucher, des fuites à traquer mais le principal est fait. Il faut dire que sur ce coup la, Ben a choisi son moment. Avec le froid et la neige en abondance, c’était le pire moment pour que cela arrive. Et cela m’a obligé à passer du temps en dehors du camp et de réflechir à des solutions.

  Peuple Loup

Au niveau de l’association en elle même, il y a eu aussi de l’actualité. Ce fût en effet le mois de l’assemblée générale annuelle. Il y a eu un gros bouleversement au niveau de la structure de l’association avec l’abandon des pôles et la dissolution du bureau (qui en était responsable). En effet, notre association est petite et ne necessite pas une telle structure. Cela rendait également un peu obscur notre fonctionnement et ne refletait pas notre démarche et notre façon d’évoluer.

Nous avons également la chance d’accueillir Lucie au sein de l’association. Graphiste de grand talent, elle avait déjà oeuvré pour réaliser une bannière pour les influenceurs. Dès son arrivée,ellea mis un coup de collier et donné de son talent pour participer aux projets de Drine.Mais cela,je vais vous en reparler bientôt dans un article à part ! Je vous invite à visiter son blog, vous y découvrirez de superbes oeuvres.

Pour plus de détails je vous invite à lire le compte-rendu de l’AG, publié sur le site réservé à l’association.

  Rencontres virtuelles

Au niveau des rencontres sur le chat ce mois ci, ca a été la poisse intégrale… Pour les écoles,il y avait 4 classes inscrites, mais la connexion internet a sauté juste au début alors que nous commencions le dialogue via skype. Je n’ai pu me reconnecter que 3 heures après, ce qui a tout gaché…

Même scénario pour le tipi adulte qui a suivi. En espérant que cela ne se renouvelle pas. Pour rattraper le coup avec les classes, il y’a deux dates de prévues au mois de novembre.