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Publié : 11 juillet 2007
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Objectifs

Le loup (Canis lupus) est revenu en France depuis maintenant plusieurs décennies. Il n’a pas fallu beaucoup de temps au prédateur banni par la population française depuis plus d’un siècle, pour franchir la frontière italienne.

Aussi, le retour du canidé est très vite devenu source de conflits économique, politique, social. Sujet de nombreuses controverses et polémiques, chacun se rejette la faute pour mieux accuser le retour en force du loup. Il est alors indéniable que très peu sont favorables ou satisfaits de revoir un super prédateur dans notre environnement. Il semble que la majorité de la population française ait oublié sa part et sa place dans les divers écosystèmes.

Symbole vivant de la nature sauvage, animal mythique pour de nombreuses civilisations, le loup fascine, inquiète, mais ne semble pas avoir sa place au sein du pays « développé » ou “civilisé” que nous sommes devenu. L’évolution de l’ère moderne semble avoir généré l’accroissement de notre indifférence et de notre ignorance quant aux écosystèmes et la fragilité de leur équilibre.

Pris dans un système économique complexe et social basé sur la consommation et les échanges, nous commençons seulement à dénoncer les dommages de l’industrialisation et de la mondialisation sur notre environnement. Depuis plus d’un siècle, l’humanité à décidé de fermer les yeux sur des constats de problématiques environnementales dont elle doit à présent se préoccuper pour une meilleure qualité de vie, voire même une question de survie à plus long-terme.

Le loup est un animal qui fait partie de notre habitat. Il est carnivore et s’approprie des territoires, devenant par conséquent un concurrent direct de l’homme, lui aussi très territorial. De fait, le loup est un animal sauvage, un prédateur, dont les comportements sont adaptés aux besoins favorisant sa survie. De Par quel droit devrions-nous décider de la survie ou de l’éradication d’une espèce par soucis de notre confort ? La nature est basée sur des équilibres fragiles que nous nous devons de respecter en temps qu’élément de ce système.

En tant que prédateur, le loup participe au bon fonctionnement de l’écosystème en régulant les populations d’ongulés sur son territoire, ce qui favorise d’autres espèces présentes (charognards, plantes). Nous commençons juste à comprendre les liens complexes qui unissent toutes les maillons de ce que l’on appelle la chaîne alimentaire, mais il est dorénavant clair que chaque espèce, dont le loup, participe à l’équilibre de l’écosystème et que la sauvegarde de la biodiversité est vitale pour la survie de nos habitats.

Devons nous éternellement reproduire les mêmes erreurs. Le loup éradiqué de France est revenu, et reviendra de nouveau si nécessaire, au vu de sa présence dans les pays voisins. Nous avons déjà favorisé l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales, payant directement ou indirectement le prix de nos erreurs par le développement de maladies, le boum démographique d’autres espèces ou la réduction de ressources.

Par conséquent, il est temps de se demander s’ il nous est nécessaire de supprimer le loup, tout prédateur qu’il soit, ou si nous pouvons- seulement apprendre à vivre avec les espèces qui partagent notre habitat ?

De nombreuses ethnies vivant encore selon les traditions de leurs ancêtres ont su adapter leur mode de vie de façon exemplaire aux contraintes de leur environnement, sans avoir eu à exterminer la faune sous prétexte de dérangement.

Tous les moyens sont mis en œuvre pour se débarrasser du « monstre ». Depuis le siècle dernier, les battues se suivent et se précèdent, jusqu’à l’éradication totale dans notre pays ; Dans notre histoire, la « diabolisation » du loup a, au fil des siècles, été mise en effervescence au travers des contes, des légendes, des rumeurs.

Aujourd’hui encore, alors que le loup a fait son retour depuis l’Italie en 1992, le phénomène subsiste par des divulgués médiatiques amplifiant les problèmes de gestion pour accroître le sensationnel de la situation. Nous ne comptons plus désormais le nombre d’annonces médiatiques qui ont dénoncé, exagéré des attaques de loups sur des caprins, et qui ont passé les démentis sous silence ; ceci ne fait qu’aviver les ressentiments des bergers et des habitants des régions concernées par le retour de l’animal.

Qui plus est, il va sans dire que notre manque de connaissances est aussi lié au comportement du canidé, discret et craintif.

Afin de réduire ces conflits parfois non justifiés, nous pensons que la solution réside dans l’éducation et la prise de conscience . Informer la population sur la véritable nature du loup pourra permettre de restaurer une image objective de ce prédateur, et résilier les idées erronées et désuètes qui ont été fondées par des siècles de mystification.

Somme toute, depuis plusieurs années, cette démarche de sensibilisation du public a été entreprise, mais sans grand succès. Nous envisageons par conséquent d’innover dans les moyens de transmettre les informations, de mettre en avant des valeurs importantes pour les générations présentes et futures basées sur le respect de notre environnement.

Ainsi, la connaissance du milieu naturel, la protection des espèces et la conservation des habitats sont autant de préoccupations sur lesquelles nous désirons informer afin de préserver toute espèce, y compris l’humain, des effets résultant de nos pressions sur divers milieux.

S’intégrer au territoire d’une meute, l’observer et tenter de s’adapter à cet habitat, tout en surmontant les conditions difficiles de survie du grand Nord, a pour but de susciter l’intérêt du public.

À l’aire du sensationnel, les individus ne répondent plus qu’à des stimulations extrêmes. Les personnes trouvent souvent leur compte en pouvant s’identifier aux acteurs d’un défi (nous en voyons les effets de part les événements de télé réalité à l’heure actuelle).

La vie par procuration audio visuelle étant devenue la condition de nombreuses personnes, nous pensons que ce medium est des plus intéressants à utiliser pour sensibiliser le public à une cause environnementale.

Cette approche devrait ainsi nous permettre de toucher un public de grande audience, et de ne pas nous trouver limités à un réseau très fermé de passionnés de la nature. Nous envisageons ainsi de démontrer le caractère inoffensif du loup sur l’humain d’un premier abord, mais aussi de faire circuler des informations sur l’écologie comportementale de l’animal. La mise en valeur de la beauté de l’espèce au travers du matériel photographique et pédagogique qui va être mis en place dans le contexte, aidera à la sensibilisation.

Il a été prouvé pour plusieurs causes environnementales que l’humain protège un animal dont l’image est charismatique plus facilement qu’un prédateur représenté comme tueur. Donner au loup l’image qui lui revient d’animal grégaire et lié à un groupe socialement organisé ne peut que favoriser son appréciation auprès du public.

Considérant les difficultés rencontrées par le passé à faire évoluer objectivement les mentalités de la population sur le rôle des prédateurs tel que le loup, il nous paraît essentiel de diffuser nos informations sur le terrain en visant l’éducation des générations à venir.

Pour cela, nous en présentons de manière simple, et pédagogiquement adapté, le potentiel de rapports non conflictuels entre l’homme et le loup, puis en suscitant des réactions positives envers le loup.

Par ailleurs, nous pensons qu’il est intéressant d’offrir dans ce même esprit des expositions dans les villes traversées ainsi que lors les manifestations ponctuelles, fréquentes dans toutes les régions.