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Publié : 18 août 2009
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Le lac Corvette

Pour vous, le Corvette est certainement un lac comme un autre. C’est le plus grand de la zone d’étude certes (10km par 15km environ), mais ce n’est qu’un lac.

Les grands lacs sont en plus moins sympas sur les photos en général : on n’y voit qu’une étendue d’eau.

Le corvette

Le trajet pour rejoindre le lac n’aura sans doute pas d’intérêt majeur à vos yeux. Que du brûlé et du thé du labrador. Moins de rencontres possibles donc, hormis quelques oiseaux et des ours, en période de bleuêts.

Pour moi, le Corvette est plus qu’un lac. Il m’a « appelé » dès que je l’ai vu sur la carte. Pourquoi ? il est loin, difficile d’accès et représente une limite au territoire que je dois observer. Sa taille aussi incite le respect, le besoin de lui signifier ma présence.

Pour moi, le Corvette est immuabe, référent et maître des lieux. C’est sur, il est bien moins imposant que les réservoirs d’Hydro-Québec, mas sa mémoire est millénaire.

Lever de soleil sur corvette

Le trajet vers Corvette est fondamental également. C’est le prix à payer pour apprécier cette rencontre incroyable. Plein de gens vont sur ce lac, pour pêcher ou prospecter. Ils y vont soit par bateau, via la rivière du même nom, soit par hydravion.

Moi, j’y vais à pied et ce trajet implique au moins deux jours de marche aller, dans des conditions difficiles. 4 jours donc où je dois m’éloigner de ce qui est le centre de vie de la région : la route Trans-Taïga. Plus je m’éloigne et moins je peux compter sur du soutien ou du secours. Je suis seul face à mes choix et mes doutes.

Et les doutes augmentent à chaque km parcouru, surtout en terrain accidenté et fatiguant. Durant les deux jours qui m’ont conduit à destination, j’ai eu l’envie de m’arrêter plusieurs fois. « C’est déjà pas si mal, tu es déjà loin, et puis ce que tu viens de marcher, il va falloir le refaire ».

L’important est là. Ne pas céder à la faclité, repousser ses doutes (et surement quelques craintes) pour atteindre l’objectif fixé.

Lorsque je suis arrivé sur Corvette, épuisé, ce mercredi 12 août, j’étais soulagé mais un peu déçu. J’urais aimé trouver un coin paisible, dans un environnement idéal : du lichen, un sol plat et des arbres vénérables. Trop épuisé pour comprendre.

Brume sur le lac

C’est le lendemain, au moment du déjeuner, que j’ai ressenti ce qu’était le Corvette. Je devais aller à son contact, faire connaissance. Cette baignade semble anodine et normale. Elle a eu l’effet d’une renaissance.

A mesure que j’avançais dans cette crique, accompagné de ces oiseaux pêcheurs, j’ai laissé derrière moi fatigue et doute. Tout s’est effacé, tout est devenu plus clair et plus serein.

Lac en fin de journée

Cette rencontre m’a aussi fait faire un bilan sur moi même et sur ce que j’attends de ce projet. Mais c’est surement plus un travail personnel que le lac en lui même, j’en suis conscient ;)

Corvette n’est pas un lac. Corvette est le creuset de ce qui vit dans cette zone. Y aller est un retour à la source. J’en avais un réel besoin.