Localisation
La zone d’étude a été choisie suivant plusieurs paramètres.
1.La taïga est favorable à une bonne observation et un meilleur suivi des déplacements de la meute
2.La zone nord de la Baie-James est une région où la densité de loups est importante et où les accès routiers facilitent l’implantation, les déplacements et certains pistages
3.Cette zone appartenant aux autochtones, elle a un statut spécial concernant la chasse, ce qui limite fortement nos interactions avec les chasseurs.
4.Ayant réalisé le précédent projet dans la même zone, l’expérience acquise et la connaissance du terrain permettent une approche plus facile et plus sécuritaire - logistiquement.
5.Cette région est extrêmement intéressante pour alimenter le coté « aventure humaine » du projet. De par son climat et la richesse de son écosystème, elle suscite l’intérêt du public et apporte un plus indéniable.
Durée du projet
Le présent projet a une durée de 40 mois. Les 3 ans d’études sont nécessaires à une bonne intégration et une bonne connaissance du territoire de la meute.
Cette période va également permettre une comparaison des données sur plusieurs cycles de vie de la meute et de valider les informations recueillies, notamment sur l’occupation du territoire.
L’arrivée sur la zone d’étude est prévue au mois d’avril afin de profiter de l’enneigement et délimiter la zone de mise bas. Cette première étape permettra de se trouver au plus tôt dans une zone capitale de la meute et de recueillir des données dès la première année.
Autonomie et présence sur le terrain
Tenant compte du précédent projet d’étude, il semble indispensable de consacrer un maximum de temps au pistage et d’accroître le temps de présence sur le territoire, afin de maximiser les chances d’intégration.
On peut ici employer le terme d’’habituation, utilisé en éthologie : méthode systématiquement utilisée pour étudier le comportement d’animaux sauvages qui vivent en groupe ou qui se déplacent sur de longues distances : on habitue ces animaux à la présence de l’observateur par une présence permanente, ce qui permet une étude des comportements sans influence de celui-ci )
Il est par conséquent exclu se tenir plusieurs jours éloigné de la zone d’étude y compris pour les ravitaillements.
Il est donc convenu que l’observateur sera en permanence sur le terrain. La logistique rattachée au ravitaillement sera confiée aux partenaires locaux, à des endroits convenus à l’avance, le long de la route d’accès.
Les communications entre l’observateur et les différents intervenants et partenaires se feront au moyen de la technologie satellite, suivant un protocole défini dans le paragraphe « Méthodes ».
Recueil et analyse des données
Carnets de route
Afin de recueillir un maximum de données sur le terrain, il est nécessaire de retranscrire toutes les observations faites durant l’étude. Les deux aspects du projet doivent cependant être bien distincts, afin de préserver l’intégrité des observations et de proposer du matériel cohérent aux intervenants scientifiques.
Journal de bord
Ce premier carnet abordera les approches personnelles de l’observateur lors de ses rencontres et ses recherches. Il sera écrit à la manière d’un journal de bord quotidien, relatant les conditions de terrain, les anecdotes et les difficultés rencontrées chaque jour. Ce carnet n’a pas vocation scientifique, mais reste un document d’intérêt pour les observations anecdotiques, au même titre que tout document à vocation naturaliste. Il ne sera pas soumis à la validation d’un intervenant scientifique mais pourra néanmoins être consulté à titre de référence.
Ethogrammes d’observations
Pour observer au mieux les comportements des loups de la meute et permettre une interprétation ultérieure des résultats d’analyses qui en découlent, il est nécessaire d’utiliser des tables de collecte systématiques des données.. Ces documents, appelés éthogrammes, permettent de retranscrire les comportements des loups à un moment donné, de façon objective et systématique. Ces documents sont prioritairement destinés aux intervenants scientifiques et ne seront disponibles sur le site internet qu’après validation et traitement.
Les éthogrammes utilisés seront conçus avec les intervenants et seront évolutifs selon le degré d’intégration au sein de la meute. Il existe deux sortes d’éthogrammes, selon la durée et le type de l’observation :
Focal sampling
L’observation porte sur un animal qui est suivi tout au long de la session d’observation.
Cette méthode servira pour les rencontres d’individus isolés et lors des rencontres furtives.
Scan sampling
Au cours d’une séance de recueil des données l’observateur s’intéresse à plusieurs animaux en même temps, à un instant donné. L’intervalle de temps entre chaque moment d’observation est défini par avance pour éviter la subjectivité .L’ observation retranscrite sur l’éthogramme n’est donc pas en continue.
Cette méthode sera privilégiée lorsque la meute sera observée sur de grands laps de temps, afin de recueillir un maximum de données. Elle permettra d’obtenir une fréquence et une durée des différents comportements
Remarque : la méthode à utiliser peut également varier selon la question posée : il est donc important d’avoir une approche hypothético-déductive : se poser une question, formuler des hypothèses PUIS utiliser les meilleure méthode pour vérifier ces hypothèses.
Les deux méthodes peuvent également se combiner suivant les capacités de prise de notes de l’observateur et les différentes questions posées. Ce paramètre sera à contrôler sur le terrain avec l’intervenant scientifique.
Photos
L’attrait personnel de Mickaël Brangeon pour la photographie est le moteur de ce projet. Cet art permet de montrer au mieux les comportements des loups et demeure plus accessible que les documents vidéo pour les activités de sensibilisation.
L’attitude craintive du prédateur rend la proximité idéale pour la photographie difficile et rare. La majorité des photographies de loups que l’on retrouve dans les ouvrages sont des clichés d’animaux captifs. Cette difficulté ajoute un attrait considérable au projet dont la valeur des documents qui en seront issus s’en trouvera augmentée.
La photo permet également de recueillir des données exploitables pour l’analyse comportementale de la meute, lorsqu’elle est associée au feuillet d’observation et pour l’identification des individus.
La photographie sera par conséquent un outil complémentaire aux collectes de données pour les intervenants scientifiques participant au projet.
Le choix du format numérique est directement lié au désir de partage des données et à la facilité d’exploitation des documents. En effet, les tirages argentiques ne sont pas compatibles avec un traitement rapide et une mise en ligne depuis la zone d’étude.
Les photos ainsi mises à disposition ne couvriront pas uniquement l’observation de la meute, mais aussi l’ensemble de la faune rencontrée et différentes situations de vie en plein air. En effet, le public est souvent friand de ce type de documents auxquels il peut attribuer un caractère humain (auto-portraits, photos des camps).
Cependant, un boîtier argentique reste indispensable. Il permettra d’offrir par la suite des tirages de qualité supérieure, parfaits pour les expositions et ce pour un coût moins onéreux.
Video
En complément des prise de vues photographiques, des séquences videos seront prises tout au long du projet. Ces séquences ont plusieurs fonctions :
Du point de vue de l’étude de la meute, elles permettront de saisir toutes les actions d’un loup ou de la meute, ce qui sera une aide considérable voire indispensable pour l’analyse des éthogrammes associés.
La caméra video peut être utilisée comme un observateur indépendant, en plaçant le matériel à des endroits stratégiques et en y associant des système de détection. C’est également le meilleur moyen pour avoir des comportements naturels sans interaction avec l’observateur.
La video est un médium très populaire et demandé, à une époque où la télévision est omniprésente. Les documents proposés après montage seront des outils intéressants pour le travail de sensibilisation et d’éducation entrepris après l’étude.