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Publié : 10 août 2008
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Carnets de routes : Lundi 7 juillet au dimanche 13 juillet

 Lundi 7 juillet

Il a bien venté cette nuit et au réveil, tout est bien grisouille. Comme d’habitude, direction le tipi de cuisson pour le déjeuner et là surprise : tout est par terre !

Il n’a pas aimé le vent fort et la pluie d’hier certainement. C’est surement les fixations des premières perches (avec de la corde à « foin » récupérée) qui n’ont pas tenu. En tout cas, tout est en vrac et il est impossible de le remonter pour prendre le café. On récupère de quoi faire un déjeuner et on retourne au camp faire chauffer tout ca sur le poêle (et finalement sur le magic flame devant la tente). Chaque chose en son temps, tout est plus clair après le café !

On retourne ensuite au tipi et on s’attelle à défaire tous les noeuds, bâches et perches, histoire de repartir sur du propre. On galère un peu à cause du vent qui est resté fort, ce qui fait qu’on modifie un peu notre façon de le monter, par rapport à la première fois. De toute façon, avec les bâches qui ont déjà subi quelques avaries (trous à cause des perches), il est impossible de le refaire exactement comme le précédent, et il n’y en a pas l’intérêt de toute façon.

Le problème est surtout que nous manquons cruellement de ficelle pour tout refixer. Celle qui nous reste s’étire, se casse et se détend à loisir (son loisir) et rien ne reste tendu bien longtemps avec. Enfin, on fait avec ce qu’on a.

julie : vraiment très difficile de construire un tipi avec des bâches trouées et des bouts de ficelle en plastique qui se détendent…Je remonte sur les épaules de Mickaël pour tenter de fixer le haut, mais c’est vraiment à la « one again », ce qui me fait plutôt marrer.

Au final, ca ressemble plus à un patchwork, avec tous ces petits bouts de tissus rapiécés et il parait un peu plus grand, vu qu’on a retendu un peu les bâches (ca ne durera sûrement qu’un temps). On réarrange les boites pour plus de confort.

Ca nous a pris pas mal de temps tout ça au final et il est temps de manger. Mickael prépare les allumettes et le petit bois pendant que Julie s’occupe de l’eau et de la cuisson du riz. Cuisson un peu flemmarde pour le réchaud, qu’on a vu plus dynamique, mais en cette ambiance pluvieuse, on lui pardonne sa mollesse. Ensuite, petit créneau toilette.

Julie :oui, mais tellement nécessaire quand les cheveux commencent à tenir tout seuls !

L’eau du lac a pas mal monté suite à la pluie de la veille, et la température a en même temps pas mal chuté. la rentrée dans l’eau est plus difficile et heureusement que le soleil se montre un peu pour réchauffer les épaules !

Niveau batterie, rien ne va plus : dès qu’on branche l’ordinateur, le convertisseur se met à biper. Le truc embêtant, c’est qu’on a prévu de partir en vadrouille après demain et que les batteries photos et GPS n’ont pas été chargées au max.

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Cela ne nous empêche pas d’aller faire un petit tour pas très loin du camp, dans un secteur de brûlés. Alors qu’on s’arrête sur une butte pour observer les oiseaux, on repère un humain autour d’un lac. En allant voir de plus près, en fait y’en a trois. On observe un peu mais n’engageons pas la rencontre (on est plutôt timide) et poursuivons notre balade. On retrouvera un des pécheurs près d’un autre lac plus tard. Ils semblent être en phase d’exploration. Un peu plus tard, nous rentrons au camp pour souper. Julie prépare pour 3 jours de riz, alors que Mickael fait une bannick. Ensuite, dodo car demain grosse vadrouille.

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 Mardi 8 juillet

- Méteo : beau temps
- Secteur : 5

Lever pour 8h30. Préparation du déjeuner, avec un pain en plus pour la journée. Il faut ensuite paqueter la nourriture pour la vadrouille. Voici la liste (on a prévu large) :

- 3 zip de riz (2 bonnes assiettes par zip)
- 3 préparations de pain
- 2 conserves (beans et ragout de boulettes)
- café, thé, sucre, sel, huile
- gruau
- 1 zip de pates
- 1 bouteille de sauce soya
- 1 boite de thon
- 4 barres de céréales

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Pour la partie camp, on échange la pelle contre la hachette, bien plus indispensable. On n’emmène pas la parka, ce qui fait qu’on peut mettre un sac de couchage dans le carrix. Le sac au total est plus pesant que la dernière fois, mais il y a pas mal plus de nourriture.

Nous partons vers 11h. La zone à explorer n’est pas loin du camp : nous devons faire 5km sur la route en gravier. On s’arrête au niveau d’une tourbière pas longtemps après le départ : on a la chance de pouvoir observer un groupe de jaseurs d’Amérique d’assez près. Cette tourbière semble bien fréquentée au niveau des oiseaux, la dernière fois, c’était deux grands chevaliers.

Julie : petit passage bien comique lorsqu’on s’est à nouveau précipité dans les fourrés en entendant une voiture arriver, avec le carrix c’est tout de suite moins évident…mais ca vaut le coup d’oeil !

Nous choisissons de quitter la route pour s’enfoncer dans le bois au niveau d’un lac, situé dans la zone choisie. Avec le carrix, c’est assez ardu car la végétation est dense et humide, mais ca passe quand même.

Mickael : Par contre, je me rends compte que je n’ai plus mon couteau. Malgré une recherche rapide, pas moyen de remettre la main dessus. Je suis bien dégouté, c’etait un cadeau de Grunt et il n’aura pas fait long feu…

Au niveau de l’installation, ce n’est pas le meilleur coin pour poser le camp. beaucoup trop humide et pas de place correcte. Faut trouver un autre coin. On laisse le gros du matériel ici et on part explorer les alentours. Il y a plein de tourbières par ici.

Julie : et pleins de « copains chevaliers » pour nous souhaiter la bienvenue !..Deux nouvelles espèces de fleurs aussi, mais trop petites pour les prendre correctement en photo, la camera n’a pas de fonction macro, et après 15 minutes d’essais infructueux, j’abandonne en pestant

. On se dirige vers un autre lac situé plus au sud où on trouve une place sympa pour s’installer.

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On laisse les affaires emmenées sur place, on note le point GPS au cas où et retour à l’autre lac pour faire le voyage avec le carrix.

Julie : « copain chevalier » nous accueille à nouveau…assez bruyant, assez présent, commencerait même à devenir un peu trop envahissant…

Par contre, le parcours est difficile : un ruisseau à traverser et une végétation dense et humide, pas de sentier. Mickaël porte le carrix sur le dos pour ce trajet. C’est assez pesant, mais ca se fait encore bien.

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Pour le passage du ruisseau : lancer de carrix (heureusement le ruisseau n’est pas large et il n’y a rien de fragile) et sautage pour les humains.

Mickael :bon j’ai mieux réussi le lancer que le saut, je finis une cuisse à la flotte !

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Une fois arrivés, on monte le tarp, de la même façon que lors de la dernière vadrouille. On a juste la moustiquaire en plus. C’est plus long à installer que le tarp, mais on va sûrement bien l’apprécier tout au long des nuits ici.

Après ça, il faut trouver le coin cuisine. La chose est moins facile, encore à cause de la végétation basse. Il n’y a pas de coin rocheux ou bien isolé pour notre bonheur. On trouve un coin un peu moins fouillu et on creuse dans la terre. On isole avec des rochers pris dans le lac et on y place le magic flame. Ca devrait pouvoir bien faire l’affaire. Pour finir avec l’installation, corvée de bois sec qu’on stocke dans le camp, histoire d’avoir de quoi cuisiner pendant les trois jours. Là pas de souci, il y en a en masse.

Souper ensuite, composé de riz, réchauffé avec de la sauce soya et du pain. Il est donc le moment d’aller voir un peu le coin choisi pour cette vadrouille. Julie commence son travail sur l’habitat, alors que Mickael se contente de son appareil photo. On part dans un coin rempli de petits lacs. Apparemment, tout le coin où on est est passablement humide

Julie : découverte de trois nouvelles espèces de fleurs dans une autre tourbière…la journée est bonne niveau habitat !

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Plus on se rapproche des dits-lacs, plus on tombe sur du brûlé.. L’incendie doit dater car la repousse est haute (thé du labrador principalement) et une grande zone est parti en fumée en tout cas.

Julie : pour ma part c’est parfait : une grande zone de brûlés comme celle là, pas besoin de quadrillage, et je peux enfin ranger mon carnet et mon GPS pour profiter des paysages

Cela reste un coin magnifique, dommage que la lumière ne soit pas au rendez-vous.

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On rebrousse chemin alors que le soleil est bas dans le ciel et se montre. Tout change alors. C’est fou comme une bonne lumière change un paysage. Que ce soit les lacs ou les arbres brûlés, cela n’a rien à voir. On fait pas mal de photos. L’apothéose arrive lorsque nous sommes de retour à notre lac, qui est surplombé par une lumière orangée de toute beauté, limite extraterrestre !

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Là, on se lâche et on essaie d’avoir toutes les nuances (ca change très vite dans les tonalités de couleur). De retour au camp, lecture et écriture de nos carnets de routes.

Julie : Merciiiiii « Dame Nature » pour ce spectacle grandiose !!!

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 Mercredi 9 juillet

- Secteur : 5

Après le déjeuner, on attaque l’exploration de la première zone. Au programme : forêt dense et humide ; thé du labrador en quantité et encore du thé du labrador ! Ce secteur est vraiment difficile à marcher, entre tourbières et sous-bois chargés. A partir du secteur de brulé situé non loin du camp, on descend plus vers le sud, en direction d’un lac. Toujours le même principe : quadrillage.

Mickael : Comme un peu depuis le début, je laisse l’initiative à Julie pour mener l’exploration. Sa méthode de quadrillage qu’elle utilise pour son étude sur l’habitat convient parfaitement à l’objectif de présence sur le territoire et c’est la meilleure façon de laisser nos traces dans les secteurs visités. Je base mon acceptation et l’évolution du projet sur la présence permanente et la longue durée de celui-ci. En cela, je ne suis pas pressé, au contraire.

Cependant, il ne faut pas se laisser aller et chaque journée d’exploration est fondamentale dans la récolte des données et la connaissance d’un territoire très vaste et varié, Julie fait bien de me le rappeler après dîner car je laissais de coté une partie importante de mon travail sur le terrain : les indices de présence. En laissant l’initiative des avancées et en suivant une méthode de travail pas forcément adaptée à la recherche active d’indices, je laisse passer des données. Deux personnes sur le terrain, deux travails différents : Julie s’occupe de l’habitat, à moi d’essayer de trouver les fréquentations visibles dans celui-ci

Julie : En étudiant la carte topographique comme avant chaque départ, j’ai remarqué deux points difficilement interprétable : s’agit-il de lacs ou simplement d’un cercle dû aux courbes de niveau (lignes fictives d’altitude égale) ?. Il faut aller voir de plus près, on oriente donc la sortie vers ces deux points. Il s’agissait effectivement bien de lacs mais tellement petits qu’ils ne représentaient qu’un point sur la carte…L’idée me vient alors de répertorier tous les lacs de la zone, petits ou grands, en notant leurs points GPS, taille, accessibilité, photos…etc…données qui si elles ne servent pas directement pour l’étude de la meute, serviront pour une meilleure connaissance de l’environnement. Du travail en plus, mais qui pourra se révéler une très intéressante base de données au bout des trois ans.

Petite mise au point avec Mickaël sur l’importance d’être un peu plus actif et moins « suivre »…certes, j’avoue avoir manqué un peu de diplomatie sur ce coup là…mais pour excuse je dirais avoir tout simplement réalisé que, en deux semaines de terrain, nous avions cartographier à peine 5km² (et pas de la meilleure façon), ce qui à ce rythme là, représente 10km². En comptant large avec l’hiver (or en hiver avec la neige, impossible de cartographier l’habitat), ca nous fait 120 km² par an. Soit, au rythme où nous allons, il nous faudrait, 12 à 13 ans pour cartographier correctement l’ensemble des 1500km² prévu à la base…Sur ces constatations un peu décourageantes, il me paraissait important d’insister sur le fait qu’il ne faut pas « s’endormir » en se disant que 3 ans , c’est long et que nous avons le temps

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Nous continuons donc sur la zone. Celle-ci a été fréquentée il y a longtemps par des hommes. De nombreux sentiers de quads sont présents, de vieilles facture (sûrement avant l’incendie). Nous trouvons également une carcasse de caribou dans une tourbière, dont il ne reste plus que les poils et les os. Les poils ont été dispersés sur plusieurs centaines de mètres (on a vu les touffes de poils avant de trouver la carcasse en elle-même).

On retourne ensuite du coté des grands lacs pour quadriller une zone cernée par les eaux (presque une île). le coté sympa : on retrouve la mousse de caribou, tellement plus agréable à parcourir. Quelques vieux os de caribous, un beau panache d’orignal et plusieurs sentiers sont dans cette zone. Rien ne certifie la présence du loup. après une pause, on remonte vers le camp par une autre direction. 1h après, nous sommes au camp et soupons, la bannick du lendemain finissant de cuire dans la nuit tombée.

Julie : Je finis la journée en passant mes nerfs sur la souche d’arbre qui m’a tué le dos, toute la nuit de la veille, puis en procédant à un vaste maringouincide sous la moustiquaire…ca défoule ! demain est un autre jour…

 Jeudi 10 juillet

Aujourd’hui, on change de coté. On fait le tour d’un grand lac (vu auparavant mais de l’autre rive). Un peu de brûlé, beaucoup de thé du labrador et plusieurs pistes longeant le bord du lac. Une crotte de canidé trouvée, mais vu la taille, il y a des chances que cela soit le fait d’un renard. Quelques vieux ossements également montrent une activité intéressante dans la zone.

Mickael : aujourd’hui, je prends les coordonnées GPS des sentiers principaux que je croise, même si je ne sais pas déterminer qui en est l’utilisateur. Cela me permettra plus tard de retrouver des secteurs plus ou moins marquants, plus ou moins utilisés.

Arrivés à un bout, retour dans le boisé et on refait le chemin inverse en quadrillant pour voir ce qu’il en est. Pas évident et usant. On fait la pause sur le bord du lac entre deux averses, sur un rocher. Pain, riz froid avec thon au menu. Là où on est le plus marqué par le thé du labrador, c’est quand il pleut. On est trempé en 5 minutes, et ca jusqu’aux cuisses.

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Après la remontée du lac, nous allons explorer deux tourbières. Une très vaste, l’autre très animée. Un orignal doit avoir établi domicile dans le coin. beaucoup de sentiers, aux abords et dans la seconde tourbière, où les pistes sont très marqués. Dans les deux cas, nous sommes accompagnés par un chevalier solitaire, bruyant et en recherche de compagnie apparemment. Il volète autour de nous et se pose toujours pas très loin. Rigolo, mais un peu usant à force, il est inarretable ! Une seconde espèce de chevalier est visible dans la seconde tourbière, plus farouches et moins enclin à nous accueillir chez eux. peut-être un nid à proximité ?

On fait finalement le tour de la seconde tourbière, après avoir fait une pause et un petit affût, dans le secret espoir de croiser l’orignal.

Julie : en même temps on était grillé d’avance avec « copain chevalier » qui a piaillé pendant une heure, je pense que toute la taïga était au courant qu ’on était là !

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Comme le soleil est revenu pour cette fin de journée, on grimpe sur une crête et prenons quelques photos sympas, avec un bel arc en ciel dans le ciel. Au final, il faut repartir vers le camp, qui est pas mal loin. Nous avons le choix dans le retour : thé du labrador ou grand tour par les lacs. Nous choisissons le thé et le chemin de l’aller, qui est le plus court. Manque de chance, la pluie revient de plus belle et nous revoilà trempé jusqu’aux os très rapidement. On force un peu l’allure pour revenir au camp avant la nuit et de préparer le souper assez vite : il fait faim !

Sur la fin du parcours, Julie repère une belle crotte de loup, sans aucun doute possible vu sa taille : la bonne nouvelle de la journée. On prend les infos et on repart ragaillardis, car cette zone n’est vraiment pas éloigné du camp de base (6 ou 7 km environ).

De retour au camp, il s’arrete de pleuvoir, ce qui va permettre de souper tranquille.

Julie : journée qui remonte le moral : des tourbières très riches (nouvelles espèces de fleurs encore !), des sentiers d’orignaux, une crotte de loup. Mickaël a compris le message de la veille et prends des initiatives, ca fait plaisir ! et puis la carto qui a avancé pas trop mal (les grands lacs ca aide)

 Vendredi 11 juillet

Dernier jour de vadrouille ; Il fait beau ce matin. Direction pour la zone de brûlés, pour vérifier la taille de celle-ci.

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Mickael : les brûles sont moins intéressants pour moi, car moins de traces visibles (quoique les bordures sont révélatrices, surtout situées en zone humides). L’intérêt principal pour moi est un accès plus facile pour le déplacement en carrix, pour les prochaines grandes vadrouilles plus au sud

Julie : c’est également une zone intéressante pour la carto car ces zones constituent un seul et même habitat, il suffit de pouvoir la délimiter pour nous éviter un fastidieux quadrillage

On retrouve également les pistes humaines (Quad, 4x4) au milieu et autour de la zone. Une fois arrivés au point le plus au nord de la zone (lac proche de la route, où l’on pensait installer le camp), nous faisons la pause diner (pain et riz).

Nous allons ensuite aller vers l’est et longer la route, jusqu’à un autre lac. Quelques pistes, sur du lichen, mais rien de très convaincant. On débouche aussi sur la voie d’accès des pistes humaines, qui conduit à un camp Cree, sur le bord de la route. Le temps d’arriver au lac, il est 16h passé. Il commence à pleuvoir alors que nous rentrons au camp par la route. On tente alors de simplifier l’itinéraire jusqu’au camp car il reste encore à démonter, nettoyer la place, avant de rentrer à la base.

Mal nous en a pris ! on a un peu sous-estimé la profondeur du ruisseau à traverser et surtout choisi le mauvais endroits pour le passer. On se retrouve bloqué et mouillé.

Mickael : a force de tenter le diable : l’eau rentre par dessus les guêtres, on tombe dans un trou, bref, c’est plus des bottes, c’est une marinade et ca fait « splocht » à tous les pas. Obligé de vider les chaussures après la traversée du satané cours d’eau ! et la fin du trajet est long, surtout dans le thé du labrador : c’est lourd des bottes détrempées.

Une fois au camp : démontage et nettoyage des coins cuisine et couchage, toujours sous la pluie. Contrairement à l’aller, le chemin du retour sera fait avec le carrix tiré (utilisation normale) et non porté : le sac est plus léger et il faut bien voir ce qu’il est capable d’avaler. c’est un bon test ici. Au final, ca avance bien. Il passe même mieux les tourbières que la personne qui le tire : le poids est mieux réparti. Donc, très positif, même s’il est inconcevable d’avoir l’appareil photo au cou ou de se servir de ses mains pour autre chose que tirer le chariot, mais ca parait plutot logique.

En retrouvant la route, on retrouve aussi le soleil et il fait chaud assez vite. nettoyage de la roue du Carrix, qui a exterminé quelques pieds de thé du labrador au passage, puis on est reparti. Une fois arrivé au camp, déballage et séchage du matériel, rangement et souper.

Après tout ca, branchage du pc, transfert des photos du nikon, on regarde un peu et la, le convertisseur bipe… 4 jours absents avec pas mal de soleil et toujours pas de batterie, y’a un truc qui va pas, maintenant c’est certain.

L’autre souci du jour : pas d’internet : malgré les deux lumières qui annoncent une bonne connexion avec le satellite, aucune page s’affiche. On regarde sommairement ce qui pourrait clocher quand on entend un bruit dehors. En allant voir, on voit un ours renifler le sac de vidanges remporté de la vadrouille et laissé pas trop loin. On le voit pas trop, il fait sombre, mais ca fait quelque chose. Il faut quand même l’eloigner : Mickaël sort et signale notre présence avec des gros bruits, ce qui le fait s’enfuir vite. Il a eu le temps de percer le sac (accroché à une branche). Mickaël récupère ce qui reste et ce qui est tombé et l’emmène à la poubelle officielle situé plus loin du camp.

Julie : en arrivant de la vadrouille, j’avais remarqué une bonne grosse crotte à moins de 10 mètres du camp, avec un peu de blanc, faisant penser à du papier hygiénique, il faisait sombre, je ne me suis pas trop attardé…mais quand même, je me suis dit…« ben dis donc le principe »sans traces« , Mickaël il l’a un peu oublié ! »…J’ai été rassuré en voyant l’ours. "ouf, l’auteur de la belle crotte n’était pas Mickaël en fait !…et le blanc s’est révélé, le lendemain, être du plastique…

Au retour, Internet n’est toujours pas revenu et tout bipe la dedans…. on coupe tout, on verra ca demain.

Mickael : En allant aux toilettes, j’entends l’ours qui maraude dans les environs, bruyamment.

 samedi 12 juillet

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très beau temps au réveil. Ca rattrape le fait que l’ours a trouvé notre coin cuisine. Les toiles du tipi sont pas mal déchirées (surtout celles de sylvain), le baril de farine (pourtant vendu comme « animal stopper ») est défoncé et renversé sur le flanc. De la farine est dispersée un peu partout. Le bac « ptit déj » a été emmené loin du tipee. On l’a retrouvé, guidés par les sachets de thé perdus sur la route, la bouteille de miel (consciencieusement vidée), le beurre de cacahuètes et le nesquik.

Le baril jaune, hermétique, a été renversé mais pas ouvert. Le bac à boites de conserves n’a pas été touché, ainsi que celui contenant beurre de peanuts, noix et poudre à pate encore scellés. Le sac de sucre a été tiré au dehors mais n’a pas été consommé. Sinon, tout va bien ! Et on a eu plutôt de la chance : le beau temps va permettre de récupérer beaucoup de farine. Sérieusement, on aurait pu avoir plus de perte. C’est Julie qui a le plus « souffert » de l’intrusion, car elle a perdu miel et nesquik, son accompagnement du gruau matinal.

Julie : C’est une grande perte pour moi ! mes seules douceurs dans ce monde de beans en conserves…ah les boites de thons degueulasses, ca, il les a pas touché !!!

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Bon, avant tout, on déjeune. Ensuite, il faut faire ce qu’on aurait du faire depuis le début, à savoir : stocker notre nourriture en hauteur. Souci principal : plus de ficelle pour accrocher. On se débrouille comme on peut. On fait des ballots avec des sacs poubelles, on note le contenu et on va l’accrocher (sans oublier de prendre les coordonnées GPS du sac). Pour la farine, après avoir ramasser ce qui pouvait être récupéré (15 jours de perdu environ), on double la protection avec un bidon bleu, et on sangle le tout à deux arbres, pour éviter le renversement. Il ne semblait pas trop intéressé par la farine, mais autant éviter les pertes dues à sa curiosité. Pour le sucre, le café et l’huile, on stocke ce qui reste dans différents contenants, histoire d’avoir plusieurs sources.

Au final dans le tipee, il ne reste que le bac à conserves (pas mal sont parties dans les baluchons mais pas tout), la vaisselle et le bidon hermétique, où on place le sucre et ce qu’il nous faut pour le petit déj. Tout le reste est en hauteur et a priori hors de portée.

Une fois tout ça fait, on mange avant de rafistoler le tipi comme on peut (ca ne ressemble plus trop à un tipi). Petite coupe de bois avant de retourner au camp de base. La petite modif faite entre deux réparations de camp (dénudage de fils) n’a semble t’il pas amélioré la chose : à peine 10 minutes et ca bipe…(enfin, quand on branche l’ordi. Le modem ne pompe presque rien et semble pouvoir tourner en direct avec le panneau solaire). Internet est toujours hs.

Ce dernier souci est bien plus embêtant que l’intervention de l’ours. Sans énergie, pas de boulot possible (données, carnets, photos) ni de rechargement de batteries (photo, gps). Sans internet, pas moyen de contacter wattosoleil pour demander un soutien technique. Ca va pas fort !

Bon, en attendant, on se met à la rédaction de nos carnets, qui ont pris du retard avec nos vadrouilles bien chargées. On arrive quand même à recharger un peu la caméra. Julie tente aussi d’identifier les fleurs rencontrées récemment. Il y en a 9 nouvelles, c’est excellent !

 Dimanche 13 juillet

Temps gris. La question à se poser : l’ours est il revenu et qu’a t’il réussi à dévaster ?

Le fait qu’il soit revenu ne fait presque aucun doute. résultat des courses :

- il a essayé d’ouvrir le baril jaune hermétique, sans aucune réussite.
- il a sorti les boites de sauce tomate du bac (croqué dans 2) et le bouillon de poulet (partiellement renversé).
- il a sorti du tipi les bacs vaisselle et bois, mais n’a rien trouvé à y faire.
- Pas de saccage à l’intérieur.

mickael :Il est toujours dans la zone lorsque je dresse ce bilan. Pas mal de bruits à une cinquantaine de mètres. Lorsque j’irais voir plus tard, je vais trouver des traces de farfouillage sur le sol et dans les arbustes. Ca va donc plutot bien : il a une activité d’ours !

julie :Forcément qu’il a rien trouvé d’intéressant, il s’est empiffré des meilleures choses la veille, il croyait ptet qu’on avait 10 bouteilles de miel ???!….icones_peda j’ai toujours pas digéré la perte de mon miel et de mon Nesquick, le gruau au sucre, c’est pas génial…

Déjeuner, coupe de bois, lessive, il y a de quoi s’occuper dans le bois. Toujours pas d’internet, alors que le ciel se dégage et que le soleil se montre. Il va falloir trouver une solution.

Comme nous n’avons pas d’autre moyen de communication avec l’extérieur, il va être nécessaire de sortir du bois pour trouver une parade ou attendre que ca se règle tout seul, mais c’est pas gagné. On décide de partir cet après-midi à nouchimi, distant de 40 km, pour passer des coups de fils, recharger certaines batteries et peut-être trouver une alternative au souci électrique.

Une platrée de pates plus tard, on prépare les sacs (couchage, pc, chargeurs, photo) et on se met en route. Il fait chaud. Après 4km environ, un véhicule hydro-québec s’arrête et nous prend (après q’un autre nous ai mis un gros vent).

julie :En même temps, vu la vitesse où il allait, je suis meme pas sure qu ’il ait remarqué les deux piétons sur la transtaïga !

Jusqu’à destination. En discutant, on se rend compte que nous avons croisé ces personnes du coté du dépotoir, lors de la première vadrouille. Ils sont chargés d’effectuer des travaux par la bas. Eux nous avouent s’être posé des questions à notre sujet. Ils nous pensaient géologues ! (pas mal de prospection minière dans la région). Un peu surpris d’apprendre que nous couchions dans le bois toutes les nuits, ils font un détour et nous emmènent au bout.

Sur place, il y a presque personne. Tout est fermé sauf la cafétéria, où se tient la personne chargée de la permanence, Lucie. On s’installe pour téléphoner à la cabine et on branche les appareils pour les recharges.

Au niveau téléphone, on tombe au début que sur les répondeurs, avant d’arriver à joindre eric, pour le souci internet. Il pense à un décalage de la parabole, qui lui ferait perdre trop de débit. Sinon, il a bien reçu l’appareil qui est prévu pour régler ce genre de souci, mais ne sais pas quand je pourrais l’avoir.

Wattosoleil ensuite : après avoir repris toutes les étapes d’installation, il s’avère que ca serait une erreur de connexion, ce qui expliquerait la non charge des batteries. Quelques symptômes restent sans réponses, mais le souci semble être diagnostiqué.

Pendant ce temps, julie rentre les points gps de l’habitat sur le pc et montre quelques photos à kim, Lucie et deux enfants. Le temps passe vite.

julie :Notre mésaventure avec l’ours les a fait beaucoup rigolé. Ils ont eu l’air de beaucoup apprécié les photos du tipi (celles avant passage de l’ours), le contact est pris avec Kim et Lucie et la séance photo leur a beaucoup plu, je crois

Lorsque on rappelle eric, on se fixe un rendez vous le lendemain pour brancher le modem, histoire de voir si celui-ci est vu depuis le central. on lui demande du même coup de transmettre quelques news à la famille, histoire de rassurer tout le monde.

Kim et Lucie vont ensuite très gentiment nous ramener à notre camp. C’est apprécié car il est tard et il pleut fort. Dommage que Guy, le responsable de nouchimi n’était pas là, on n’a pas pu aborder la question des ravitaillements. On verra plus tard.

Une fois au camp, on modifie de suite le branchement panneau/batterie et on déballe les sacs. Julie, en allant déposer ses affaires de toilette au tipi, revient vite : l’ours est la-bas en train de farfouiller. Le temps d’y retourner, il n’y a plus personne mais les conserves, derniers aliments stockés à l’intérieur, ont été malmenées. On range un peu et on rentre au camp : on verra tout ca demain.

Voir en ligne : La galerie photo de cette semaine