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Publié : 18 août 2008
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Carnets de routes : Lundi 21 juillet au dimanche 27 juillet

5e semaine de terrain

 Lundi 21 juillet

- Meteo : beau et chaud
- Secteur : 2

Le soleil est là et bien là, il va faire chaud aujourd’hui. On a eu des nouvelles par mail : on devrait être ravitailler dans la semaine avec une génératrice et une batterie en supplément, bonne nouvelle car ça commence à être lassant, ce bip !

Julie : Nesquick était au tipi encore ce matin, en train de manger le reste de la farine au sol…heureusement que lui et un couple de mésangeai sont là pour nous débarrasser de la farine qui traine au sol depuis plusieurs jours et qui à force de tourner, commence par dauber sérieusement !

On part donc léger (t-shirts) sur les pistes. Ca avance bien et même le thé du labrador ne nous ennuie pas trop (il est sec). On trouve encore pas mal de lacs et tous donnent envie de s’y baigner ! (même si les mouches nous refroidissent vite : on se fait dévorer). Est ce qu’on peut se lasser de genre de paysage un jour ? Pour nous, cela semble impossible.

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Un peu avant la pause de milieu de journée, on trouve une vieille carcasse de caribou (comme toutes celles déjà trouvées) et deux panaches de belle facture qu’on ramènera au camp. La pause se fait sur une hauteur, sous le vent et à l’abri des moustiques : le bonheur.

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mickael : je profite de cette pause pour préparer des mails asssociatifs et réfléchir sur certains points techniques du projet.

Julie : je profite de la pause pour…dormir et tenter de digérer les sardines à l’huile qui décidément me reste de plus en plus sur l’estomac !

On repart assez tard et d’un pas tranquille, toujours sur les hauteurs.

Julie : encore une journée sur les cretes, où j’ai bien regretté de ne pas avoir mes crayons de couleur, qui m’auraient permis d’avancer à grand pas la cartographie de l’habitat !

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Il fait toujours aussi beau, mais la densité de mouches noires est impressionnante. C’est agaçant au possible et ca gache un peu les arrêts photos.

Julie : chaque arrêt est un calvaire. C’est incroyable comme elles n’accordent aucun répit ! Pour moi qui doit m’arrêter tous les 50mètres pour noter point GPS et habitat, c’est une plaie ! Pour les arrêts photos c’est encore pire, non seulement on se fait bouffer mais en plus il y en a tellement que la jolie photo de paysage se retrouve pleines de petits points noirs flous (les mouches)

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Retour au camp après 19h, on soupe et on fait un peu d’internet.

 Mardi 22 juillet

- Meteo : beau temps
- Secteur : camp de base

1 mois que nous sommes sur le terrain !!

Ce matin, en allant préparer le déjeuner, mickael croit surprendre nesquik en train de finir le riz resté au sol.

mickael : il ne m’entends pas de suite, il est couché et tranquille, tout à son affaire. En sortant le bois pour allumer le feu, je fais plus de bruit et il se rend compte de ma présence : le Voila qui se lève et s’en va à toute jambe. Je suis surpris car nesquik ne réagit plus comme ca depuis un moment. Et effectivement, deux minutes plus tard, nesquik apparaît de l’autre coté, de son pas nonchalant et son air « je suis chez moi ». Il va s’installer tout près tout le temps du déjeuner.).il y a donc deux ours dans le coin.

Après ça, petit tour sur le net pour aller aux nouvelles du prochain ravitaillement. Gmail a de gros soucis de connection ce matin, c’est la galère.

Julie : j’ai passé la matinée, le doigt posé sur le bouton on/off du convertisseur pour l’éteindre dès qu’un nuage se pointait (c’est à dire toutes les 5 minutes). Avec ça, la connection internet qui foirait…bilan : aucun travail possible…c’est vraiment rageant !

C’est ensuite le temps pour creuser le trou qui accueillera le stock de nourriture attendu. On va enterrer un gros bidon bleu donné par sylvain. On choisit de creuser dans la gravière proche de la route : plus facile à creuser. Ca va prendre du temps pour faire ce trou profond (1m20), surtout que les roches ne manquent pas et que la pelle pliante militaire commence à ne pas trouver ça drôle.

Pause dîner vers 14h, et toujours des gros soucis avec les batteries et la connection. Même envoyer des mails devient une galère.

En fin de journée, visite du lac par un pêcheur. Il a pas du trouver son bonheur : ca n’a pas durer 15 minutes.

Julie : en fin de journée, je pars faire une petite ballade, pour compléter les trous dans la cartographie de l’habitat autour du camp. A mon retour, j’aperçois une voiture Hydro-quebec, garée près de notre lac, toutes portes ouvertes. J’ai juste le temps de me planquer dans les fourrés au retour du pêcheur…ouf, il ne m’a pas repéré, ni repéré notre camp

 Mercredi 23 juillet

- Méteo : beau et chaud
- Secteur : 2, long du réservoir

beau temps au réveil ce matin. Pour une fois, ni nesquik ni son acolyte au tipi de cuisson. Préparation de la bannick, déjeuner et préparation du diner pour la sortie du jour. Destination : le nord de la RTT, entre la route et le réservoir. En chemin, sur la route en gravier, une bonne surprise : une piste de loup, sur pas très loin mais bien nette, va dans la même direction que nous.

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Nous quittons la route peu après pour couper et finir l’habitat d’une zone qu’on n’avait pas pu finir le mardi 1er juillet, à cause de la pluie. Ce coup ci, pas de souci, c’est bien sec et l’avancée est bonne. Deux accès quad sur le chemin, sûrement pour entretenir la ligne NRJ toute proche, et 3 carcasses de caribous (1 vieille et 2 plus récentes).

Pour l’habitat, rien à signaler de spécial, pas de surprise. Il faut dire que le secteur est encaissé entre des crêtes, une ligne NRJ et la route (d’ailleurs pas mal fréquentée ce matin). On la reprend au niveau d’un lac, après la traversée d’un ruisseau, pour la quitter de nouveau pour un chemin secondaire qui mène au réservoir et à un camp.

Les chemins sont pratiques pour la cartographie d’habitat : on voit plus loin, on avance plus vite.

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On fait une pause sur les arbres morts échoués sur la rive, en écoutant les clapotis de l’eau. On se croirait au bord de la mer !! on fait ensuite un tour rapide du camp : bien aménagé, c’est pas notre tipi ! Pour se protéger des ours, il y a par contre une méthode « fakir » plutot cruelle : une planche de bois avec des gros clous est fixée sur toute la largeur du chalet.

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On continue ensuite vers l’est en longeant le réservoir, pour trouver une place sympa au bord de l’eau pour manger (riz, bannick) et pour prendre un peu le soleil.

nous repartons, toujours vers l’est et la ligne NRJ explorée dans la première semaine. Assez vite, nous allons suivre une piste bien marquée, qui nous eloigne un peu de la côte et nous rapproche de la route.

mickael : ca nous permet de découvrir une super place pour les framboises roses, bientôt mures. Pour l’instant, il n’ y a que deux ou trois framboises pour nous mettre l’eau à la bouche.

Après une pause près du réservoir, on va quadriller le secteur pour parfaire la cartographie, entamée dans la première semaine. Un petit lac va nous résister un peu, se cachant dans son coin, tandis que pas mal de pistes (orignal, sûrement) parcourent la zone.

On va revenir au camp par un itinéraire inédit.

mickael : les mouches ont encore été fatiguantes ! Personnellement, j’ai le coup et le menton tout boursouflé (au travers de la barbe) et suis content de rentrer au camp

Souper ensuite (pates et beans) en compagnie de nesquik, qui va venir manger des racines tout près de nous. Il va tenter de nous piquer le dernier paquet de gruau, laissé dehors le temps du repas, mais on va pouvoir réagir et l’empêcher. Une fois compris qu’on occupait la place pour un moment, il a repris ses occupations ursines aux alentours. C’est quand même bluffant d’observer un ours vivre à moins de 5m de nous, sans qu’il ne ressente aucune gêne de notre présence ! On n’avait pas la caméra avec nous pour ce coup-ci, c’est dommage.

Julie : Nesquick a essayer de gruger Mickaël ce soir, c’était trop drôle de le voir faire. Il avait la tête de celui qui cherche une connerie à faire. Sa tentative pour voler le dernier paquet de gruau sous le nez de Mickaël (en se planquant derrière un arbre et en laissant juste dépasser la patte pour tenter de se saisir du gruau sans que personne ne le voit, était tout simplement tordante. Il n’était qu’à 5 mètres de nous ! Moi , je me marrais trop pour intervenir. Heureusement, Mickaël s’est fâché, a élevé la voix et a sauvé notre gruau…Pauvre Nesquick, il s’est bien fait engueulé !

mickael : après ca, j’essaie d’aller un peu sur le net pour savoir si le ravitaillement se précise. Déjà, le pc perd 11% de sa batterie rien que pour avoir la connexion, pour ensuite ne donner que des « page not found ». Impossible d’accéder à la messagerie… J’enrage et laisse tomber alors que la batterie tombe en dessous des 20%…

 Jeudi 24 juillet

Comme d’habitude le matin : préparation du déjeuner et déjeuner. Pas de nesquik pour nous tenir compagnie.

Julie : je suis restée un peu au tipi, après le petit déjeuner, comme à mon habitude, pour faire la vaisselle et un peu de toilette. Nesquick a débarqué à ce moment là, de son pas tranquille. Il s’est assis à 4 mètres de moi, et a commencé à manger des racines pendant que je faisais la vaisselle. Nous avons conversé un peu, … enfin surtout moi…j’ai bien tenté de lui expliquer que c’était pas bien de facher Mickaël, de vouloir piqué le gruau et de tout détruire sur son passage…etc..même si il m’a regardé longtemps…je ne suis pas sure qu’il m’ait vraiment compris !

En revenant au tipi, pour aller chercher la caméra et profiter de l’aubaine pour faire quelques videos (l’avenir me dira que j’ai drôlement bien fait de saisir l’occasion ce jour là !), j’ai juste réalisé que je venais de papoter pendant un quart d’heure, avec un ours sauvage à moins de 5 mètres de moi…et que si on m’avait vu, on m’aurait certainement pris pour une grande malade… !

Retour ensuite sur internet, après les déboires de la veille. Après un début similaire, on essaye de tapoter au cul de la parabole, dès fois que. C’est radical : ca fonctionne et c’est même plutot rapide. Pas de nouvelles fracassantes au sujet du ravitaillement.

mickael : une super nouvelle quand même : la naissance de Sara. Drine, membre de Peuple Loup est toute jeune maman !!

A part ça, je profite du bon fonctionnement pour envoyer les mails que j’avais rédigé l’avant veille.

Ensuite, let’s go pour vadrouiller vers un autre secteur proche de la ligne NRJ visitée en première semaine, mais sur la partie est, encore inexplorée.

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Le paysage est somptueux et facile à parcourir (clairsemé et sec). Beaucoup de buttes, de roches et de points de vue. Pas mal de crottes d’ours sur le parcours, assez récentes. Nous trouvons aussi 1 carcasse de caribou ce matin, assez vieille (avec deux crottes d’ours juste à coté). On fait la pause sur une petite plage donnant sur le réservoir. Avec le vent, pas de mouches et on en profite, d’autant plus qu’il y a un beau soleil. On remplit les carnets, tandis qu’un chevalier grivelé passe tout près.

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On repart ensuite et suivons une piste bien marquée. Deux carcasses de caribous trouvées sur le chemin, probablement tués par des hommes, vu les restes (panses, peu d’os).

Par contre, on se rend compte assez vite qu’on a oublié la pommade anti-moustique au camp ! On le regrette amèrement maintenant que le vent est tombé. Franchement, on se fait pourrir la vie et l’avancée est pénible. On décide du coup de rentrer plus tôt au camp. On a quand même deux ruisseaux, un lac et 4km de route en graviers à faire, ce qui laisse le temps de se faire dévorer !

De retour au camp, rapide tour sur le net : pas de news. Repos. On a la surprise de voir passer nesquik devant la tente. Il ne s’arrête pas et prend la direction du tipi.

Julie : je prépare du riz pour trois jours : c’est long, surtout au feu de bois et je ne sais pas si on fera de vadrouilles dans les prochains jours, mais si ca peut éviter de manger trop de sardines à l’huile, je suis prête à y passer des heures !

Après le souper, on utilise un peu le pc, mais gardons un peu de batterie, puis dodo. Dans la nuit, des bruits d’ours pas loin de la tente.

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 Vendredi 25 juillet

- Méteo : légère pluie en matinée. Amélioration dans la journée.
- Secteur : camp de base

Mauvaise surprise au lever, sous un ciel gris : déjà, le vent de la veille a fait tomber la dernière bache encore en place sur le tipi. Surtout, le baril hermétique a disparu ! Le seul contenant qui a resisté à tout et ne semblait pas intéresser nesquik, celui qui renfermait le restant de farine, de pâtes, de riz et le déjeuner (dernier pot de beurre de cacahuètes, café, thé, huile, sauces, sucre) n’est plus là.

Ah, il n’est pas bien loin, mais éventré et vidé. Il a du résister un moment, mais a fini par lacher. Tout ou presque est consommé et en vrac tout autour. Il reste deux boites de beans, 2 barres de céréales, la bouteille de sauce soya (en sale état), quelques sachets de thé inutilisables et les sauces préparées par lise.

Mickael :plus de café, de farine (plus de bannick !, de gruau, et surtout plus de beurre de peanuts !! Enfin, je fais un feu et prépare de l’eau dès fois que quelques sachets de thé puissent être utilisés, ramasse le bidon et les déchets autour.

Julie : Aux nombres de merdes fraiches comptabilisées autour du tipi ce matin, l’a du bien se gaver…j’ai bien fait de passer plus d’une heure hier a preparer du riz, il a tout bouffé ! Faut croire que le message de hier matin n’est décidément pas passé ! Trève de plaisanterie, ca commence à devenir problématique.

Après le maigre déjeuner, (une barre de céréale chacun), il faut réagir. On récupère un petit bac et on y met de la nourriture pour une semaine (enfin, à part des conserves, il n’y a plus grand chose : un sachet de gruau, des noix, du sucre et du café) pris dans le stock enterré, et on creuse un autre trou pour l’enterrer. on tire de ce bac l’équivalent d’une journée de nourriture, qu’on place dans un sac plastique, renforcé par le sac de transport de la tente.

Après tout ça (ça a pris pas mal de temps pour creuser le trou : gros cailloux), on part dîner (gruau avec beans, café) et on tente une nouvelle stratégie pour protéger le sac journée. On suspend le sac à une perche, elle-même accrochée entre deux arbres à 3m de hauteur. Le sac est relié à une corde, ce qui permet de le descendre et remonter sans trop de mal. Reste à mettre tout ca en pratique, ce qui n’est pas évident avec les petites branches basses des épinettes, et à voir ce que ca donne.

retour au camp, on envoie un mail pour compléter la liste du ravitaillement (qui devrait déjà être là).

Julie : je profite d’une acalmie pour aller me baigner dans le lac et faire ma toilette…et constater le nombre impressionnant de piqûres de mouches (elles repartent en général avec des bouts de peau) sur les bras, les jambes, le cou et le dos…elles en ont bien profité, tout à l’heure quand on avait les deux mains prises !!

Pendant ce temps, le temps se couvre de nouveau et une pluie légère se met à tomber, sous un fond d’orage.

Souper avec une boite de thon et une conserve de beans….

Julie : je m’endors en rêvant à la bonne blanquette de poule de maman…et Mickaël à une bonne grosse poutine !

 Samedi 26 juillet

- Meteo : mitigé
- Secteur : camp de base, nouchimi

L’ours a tourné plusieurs fois autour du camp cette nuit. Au tipi, la découverte faite n’est pas vraiment une surprise : le sac journée, accroché la veille, est à terre. L’astuce n’a pas fonctionné. Nesquik a dû grimper à un des arbres et son poids a fait tomber la perche horizontale. Résultat : plus rien de consommable dans le sac. Afin de manger quelque chose, mickael part déterrer le bac fait la veille et là, la surprise est réelle : il est déterré et tout est en vrac autour !

Il n’a pas tout consommé mais a fait de gros dégâts : toutes les conserves sont éventrées largement, il n’y a rien de récupérable, à part un peu de café…

Julie : Petit déjeuner déprimant : on ouvre une boite de thon, avec le reste de betteraves que lise nous avait préparé…accompagné d’un bon café sans sucre…

Cette dernière action et le fait qu’il ait rodé autour du coin couchage pendant la nuit nous amène à prendre une décision radicale mais nécessaire. Il n’est plus possible de cohabiter avec nesquick et il faut donc déménager le camp de base, et ce rapidement. En effet, le matériel (informatique, données) est coûteux et nous n’avons pas les moyens de le perdre. Il apparaît certain que l’ours viendra investir le camp dès que nous serons en vadrouille plusieurs jours, ce qui est notre fonctionnement de base.

Nous décidons de diviser les taches : julie part à nouchimi pour demander à kim et lucie de venir chercher notre matériel, en attendant de trouver un nouvel emplacement, tandis que mickael nettoie le camp et commence le démontage.

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mickael : le principal boulot est au tipi. Il faut nettoyer et rapatrier vidanges et matériel vers le coin couchage et à la poubelle près de la route. 6 allers retours seront nécessaires. Je récupère les baches et les toiles (même en sale état, elles pourront nous être utiles pour le nouveau camp). Le coin lessive ensuite : démontage des cordes à linge, rapatriement du bateau et des autres affaires sur le camp. J’ai à peine le temps de commencer à ranger la tente que j’entends julie revenir, accompagné de kim. La suite du déménagement se poursuit à deux et dans la hâte.

Julie : Partie faire du stop sur la transtaïga..avec le peu que j’ai dans le ventre, j’espère fortement ne pas attendre 20 km avant de trouver une bonne âme…la chance est avec moi, après seulement 5 km, une voiture…et ce n’est pas hydro-quebec ! Les dirigeants de Carg’air, un peu surpris de trouver une nana toute seule sur le bord de la transtaïga, m’emmènent jusqu’à Nouchimi.

Trajet où je me sens un peu pouilleuse et où je réalise mon état de saleté avancé, en observant l’intérieur du 4*4 rutilant dans lequel je viens de monter, et les belles chemises toutes blanches de ses passagers…

Je leur expose notre problème et me disent qu’ils ont eux aussi beaucoup de problèmes avec les ours cette année qui s’approchent des camps et sont très effrontés…(je ne peux m’empêcher de penser a notre Nesquick qui a tenté de voler le gruau sous le nez de Mickael, et je me marre). A nouchimi, je trouve Kim qui comme à son habitude n’hésite pas à prendre sur son temps de repos pour nous dépanner…

il n’y a pas assez de place dans le pickup pour tout ramener en un voyage. On embarque tout ce qui craint et coute cher en priorité (panneau solaire, batteries), ainsi que la tente, un bac de nourriture (le premier enterré) et des poubelles. Il reste à la fin la parabole sur sa palette en bois, des bacs contenant ce qu’il y avait au tipi, un bidon de nourriture et quelques bricoles (coin douche, poele à bois). C’est prévu qu’on repasse avec gilbert pour finir tout ca.

Arrivés à nouchimi, nous débarquons le tout, montons la tente sur le camping attenant et stockons la nourriture dans le « palace d’eddy », un tipi amélioré. Vu que le camping est relié à l’électricité, on peut mettre en charge les batteries et avoir de la lumière.

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Par contre, nous n’avons rien pour cuisiner (réchaud, chaudrons et vaisselle). On empreinte le minimum à la cafétéria de la pourvoirie, ainsi que de la nourriture pour trois jours (le temps que l’on reçoive le ravitaillement). Pour chauffer, on va utiliser le poêle dans le tipi.

Mais bon, c’est pas l’idéal un poêle pour faire bouillir l’eau des pâtes ! On est dans un sauna, alors que l’eau n’ira pas plus haut que tiède : ca ne cuit pas et nous mangeons les plus mauvaises pâtes de l’histoire de la baie-james !

Julie : Le pire repas depuis très longtemps ! Je ris …mais c’est nerveux. La journée a été éreintante, émotionnellement. Tout est allé très vite, on a fui le camp et on ne sait toujours pas ce que nous réserve le lendemain

Il va falloir aller chercher notre matériel de cuisson à l’ancien camp, ca n’a pas d’allure comme ca !

 Dimanche 27 juillet

- secteur : nouchimi

Faire chauffer l’eau pour le café est long et coûteux en bois sur ce poêle. Heureusement, on a du pain tout fait, ce qui évite de cuisiner du gruau.

Pour changer ca, mickael part à l’ancien camp pour récupérer le nécessaire, et plus si affinité. Pendant ce temps, julie va contacter gilbert pour connaître sa date de passage et donner de nos nouvelles.

mickael : l’aller va se dérouler rapidement. Après 5km (où j’ai pu voir une piste de loup), le responsable de l’entretien de la rote s’arrête et me conduit jusqu’au camp. En chemin, nous discutons un peu et il me dit avoir aussi des soucis avec les ours ces derniers temps.

Une fois au camp, je mets un maximum de choses dans le sac, vu que nesquik est passé par là et a commencé à mettre tout en vrac. Rien de bien méchant, mais il a croqué dans un seau et bouffé notre savon pour la lessive (à la citronnelle). Le plus grave est qu’il a trouvé et déterré le dernier bac de nourriture, ne laissant que des boites de conserves et des sachets de café. J’embarque ce qui reste et regroupe les déchets dans le bidon.

Le retour sur nouchimi va être par contre beaucoup plus long. Ce n’est qu’après 20km que je suis pris, par un agent sécurité d’hydro-québec. Il allait en sens inverse de moi mais va me conduire jusqu’à la pourvoirie, sans oublier de me poser pas mal de questions et prendre mon identité.

Julie : Pendant ce temps, je range les affaires de la veille, rangées précipitamment, prépare une belle truite que la soeur de Lucy nous a gentiment offert. Je profite du temps libre pour aller discuter avec Kim et Lucy et les autres membres de la famille présents.

Je leur explique les grands principes du projet Peuple Loup, en particulier le programme “sans trace” qu’ils ont l’air d’apprécier au plus haut point, et le fait que nous souhaitons les impliquer dans notre projet, parler de leur culture et de leur mode de vie. Ils semblent tous très intéressés. Le contact est pris et j’en suis ravie !

finalement, gilbert va passer ce jour même, ayant beaucoup à faire les jours suivants. Pour nous, c’est une bonne nouvelle, ça sera ça de fait.

Il est accompagné de laurence et nous amène tout le stock demandé, excepté les crayons couleurs utiles à julie pour la cartographie. Il apporte également la génératrice, de l’essence, l’appareil de recalibrage pour la parabole satellite et quelques produits frais.

Après débarquements et petit check-up, nous allons tous ensemble au vieux camp pour récupérer le reste du matériel et nettoyer la place. Cependant, il n’y aura pas assez de place et nous devons laisser la parabole et quelques poubelles. Il faudra repasser avec kim une autre fois.

On se met ensuite d’accord sur la date du prochain passage de gilbert, c’est à dire vers le 15 septembre pour venir chercher Julie et les voila repartis. Ca ne doit pas être évident pour gilbert, qui revient tout juste de montreal et qui doit repartir d’ici deux jours en gaspesie (3500km). Il est venu sur son jour de repos, et 800km de plus au compteur, ca compte sur le quota fatigue.

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Cette semaine marque la fin du camp 1 et l’abandon d’une zone riche en paysages. Nous ne savons pas encore où nous installerons le nouveau camp, mais ceci est une autre histoire…

Voir en ligne : toutes les photos de cette semaine

Post-scriptum