Lundi 14 juillet
L’éternelle question est de retour : à quelle sauce l’ours a t’il mangé notre tipi cette nuit ? Et bien, comme il ne reste plus que les conserves, il s’acharne dessus et réussit à en ouvrir trois, sans compter le reste des sardines, qui y sont toutes passées. Quelques cans sont trouées (crocs) mais restent utilisables.
Après le déjeuner, nous refaisons des baluchons et allons les accrocher en hauteur dans les arbres. Les boites abimées restent dans le tipi et devront être consommées rapidement, que ca soit par nous ou l’ours. Ensuite, opération ordinateur et modem, comme convenu avec éric. La liaison met du temps à se faire et ne peut être maintenue plus de 10 minutes (plus de jus).
En regardant de plus près la parabole, on voit un jeu possible sur un des axes, ce qui est peut etre la cause de notre souci : l’ours a peut-être joué un peu avec. Impossible de vérifier cependant, il n’y a pas assez de jus pour tester différents réglages. On en profite pour mettre au propre les données mais après ça on est bloqués.
mickael : mon carnet est détrempé et doit être recopié
Julie : j’en profite pour étudier les cartes, ce qu’on a fait, ce qu’il nous reste à faire, les “trous” à compléter pour la cartographie.. ;etc, j’essaie également d’identifier les fleurs rencontrées lors de la dernière vadrouille, mais le livre n’est pas de très bonne qualité (photos flous, texte imprécis…) et c’est un échec pour certaines…si seulement on avait internet pour pouvoir faire une petite recherche !, je rage un peu contre le bouquin…ca fait passer le temps !
Le temps n’est vraiment pas de la partie en plus, il pleut très régulièrement…
Nous allons souper vers 20h. Pendant le repas, l’ours vient au tipi voir ce qu’il en est. Alors qu’il approche près de la porte, on l’éloigne en faisant du bruit. Ca marche, mais il le fait d’un pas tranquille, et ne va pas très loin. Il commence à se sentir chez lui, ce n’est pas bon signe.
Julie : avant d’aller se coucher, j’ai un doute : et si Nesquick ne trouve plus de nourriture dans le tipi, est-ce qu’il va s’acharner sur mes affaires de toilettes ? Je me décide à suspendre le tout dans un arbre près du tipi…on sait jamais
Mardi 15 juillet
Bilan de la nuit : l’ours a renversé le bac de farine, il y en plein par terre, mouillée et donc inutilisable. Il en reste très peu. Il a aussi réussi à éventrer un sac de riz, pourtant perché dans un arbre, et farfouillé dans les affaires de julie.
Ce coup ci, il a fait mal à notre stock ! Après déjeuner, on récupère ce qu’on peut de la farine (1 sac de 2.5 kg environ) et on le perche. Le baril jaune ne l’intéresse toujours pas.
Julie : mauvais calcul ! Il a trouvé le sac dans l’arbre et tout renversé, avec la pluie je viens de perdre la moitié de ma réserve de tampons, ce qui me fait moyennement rire surtout quand la période approche à grands pas, et qu’on se demande si va falloir se rabattre sur la mousse de caribou ! Au milieu des bois, pas facile de trouver une alternative !
Il va quand même falloir réfléchir à une solution plus fiable que les arbres, petits et aisément accessibles pour notre ami. En parlant avec la famille cree à nouchimi, on a appris qu’ils enterraient leur stock et que ca marchait bien. On va donc tenter le coup.
On récupère un petit bac et deux baluchons, on trouve un coin aisément creusable et on enterre assez profond le colis pour avoir une bonne couche de terre par dessus. On place deux grosses roches sur le tout et on verra le résultat.
Il faut ensuite tenter de résoudre le problème d’internet. Comme la charge des batteries est loin d’être bonne, on adopte la méthode d’urgence : on branche le panneau solaire directement sur la batterie, en zappant le contrôleur de charge. En bidouillant la parabole, on retrouve la connexion, hourra !!
Bon, n’ayant plus trop de batterie sur le pc, on arrive juste à envoyer deux mails pour dire que tout va bien aux proches. On utilise ensuite le peu de soleil présent pour recharger le pc. Enfin, ca va mieux que les jours d’avant, soyons positifs !
Mickael : Pendant que julie part en ballade, je vais au tipi pour tenter de prendre l’ours en photo. Il a d’ailleurs gagné son nom : nesquik, suite à la razzia dans le déjeuner de julie. Banco : après un peu d’attente, le voila qui arrive nonchalamment. Je l’observe en train de s’attaquer à la farine restée à terre, puis en train de s’approcher du tipi. Il est à moins de 3m. Je fais du bruit, je gueule, il recule et s’éloigne lentement. En gros, il accepte de me laisser la place pour le moment.
Un peu plus tard, je l’entends se rapprocher et je vois un arbre qui remue fortement. Nesquik a repéré un des baluchons (sac de pates) et a décidé d’aller le chercher. Voila qu’il monte à l’arbre et déchire le baluchon, faisant se déverser les pates au sol. De retour à terre, il croque à belle dents dans les pates, sans se soucier de ma présence proche. A deux reprises, il va remonter à l’arbre pour vérifier s’il n’ya rien d’autre. Il revient ensuite vers le tipi, lèche encore un peu de farine. Là, je le force à reculer de nouveau.
Julie : Le ciel s’éclaircit, j’en profite pour aller faire une petite ballade autour du camp, dans le but d’essayer de repérer le rapace qui tourne dans le ciel depuis qu’on s’est installé et faire un peu d’habitat dans le secteur 1. La ballade commence plutôt bien, deux nouvelles espèces de fleurs (espérons que cette fois, elles soient identifiables sur le livre). En longeant la route, par deux fois je me jette sur le bas côté lorsqu’une voiture arrive…j’ai omis un détail : ca fait plsieurs jours qu’il pleut et la route est bordé d’aulnes…Ma deuxième tentative a été fatale : le talus était en pente, j’ai trébuché sur une racine, me suis étalé dans le ruisseau en contrebas, en tentant de me raccrocher aux branches qui en les secouant m’ont fait prendre une bonne douche !
Morte de rire je me relève, en constatant que j’avais ruiné mon stylo dans l’affaire et que donc il est temps de rentrer car je ne peux plus prendre de notes. Sur le chemin du retour, le fameux rapace m’attire dans un guet-apens…en voulant le suivre je me retrouve dans une zone cernée par les ruisseaux…pour couper court je decide d’en traverser un, mais j’ai oublié que la pluie des derniers jours leur a fait doubler de volume. Je me retrouve à nouveau accrochée aux branches , les deux pieds dans la flotte, trempée jusqu’aux os…heureusement que personne ne me voyait ! J’ai quand même pu déterminé le rapace : une buse à queue rousse… non mais !
Sur le chemin de retour, un magnifique coucher de soleil sur le lac voisin me fait dire que malgré tout cette petite ballade n’aura pas été vaine. Il est maintenant temps d’aller voir si Nesquick est revenu au camp
Julie arrive peu de temps après, trempée par sa balade. Un peu déçue d’avoir raté notre voisin, mais ca ne sera pas long avant qu’il ne réapparaisse par le coté du tipi. Il commence à se montrer impatient de s’installer. On décide d’aller décrocher des baluchons, histoire de ne pas perdre tout notre stock pendant la nuit. Au bout de 4 récupérations, nesquik est de retour devant la tente et se rapproche de ce qu’on a descendu.
On décide alors de quitter la place avec la nourriture, qu’on déposera au bord de notre lac en attendant demain.
Une fois cela fait, on retente une virée au tipi, pour voir s’il est possible de souper. On le retrouve à l’intérieur, en train de renifler. Malgré notre arrivée et notre plus grosse voix, il reste sur sa position, ne quittant la place que lorsqu’il voit qu’il n’y a plus rien à grapiller la dedans.
Julie : cette soirée nous a valu quand même des petites videos bien marrantes après coup, de nos tentatives pour le faire partir. Je confirme, il va falloir que je travaille le son de ma voix car je l’ai pas fait reculer d’un pouce ! J’avoue que cette soirée m’a fait monter quelques bonnes doses d’adrénaline quand même !
Nous, on se contentera d’un café pour ce soir, avant de retourner au camp.
Mercredi 16 juillet
Temps gris et pluie intermittente. Ca commence à être un peu lassant, pour cette histoire de recharge de batterie et aussi pour le moral. Nesquik ne semble pas être revenu cette nuit, rien n’a bougé et les baluchons restants sont à leur place.
Déjeuner tranquille, ensuite il faut récupérer le stock mis sur le bord du lac et l’enterrer dans le trou creusé la veille. Récupération ensuite des baluchons restants. On se rends compte alors que nesquik a reussi à en éventrer un : celui de la farine restante. On arrive à en sauver un peu, mais on va manquer de pain très vite, c’est certain.
Il faut maintenant creuser un second trou, à un endroit différent et y placer la fournée, qu’on inventorie avant.
Après tout ça, retour au camp. Le temps ne s’arrange pas, on a même droit à un gros orage après diner. La pluie ne s’arrêtera pas de suite, loin de là. Evidemment pendant ce temps là, rien ne se charge et toujours pas moyen d’envoyer la liste de ravitaillement qui commence à devenir assez urgente.
Rebidouillage dans les fils, c’est vraiment étonnant qu’il n’y ait eu aucune charge depuis ce midi : même si ca flotte, il y’a de la luminosité…
Vers 21h, on part souper, menu : pates et ragoût à la viande. Pas de nesquik à l’horizon.
Jeudi 17 juillet
Gris, gris et toujours du gris dans le ciel. Il a plu encore cette nuit et ce matin, et ca ne semble pas s’arranger.
mickael : après la toilette, je pars faire un tour sur une ligne de crête, pas tres loin du camp. Elle offre une belle vue sur les profondeurs de la zone d’étude et les accès possibles pour y accéder. le retour par un autre itinéraire m’offre une observation de la buse à queue rousse que julie a reperée depuis quelques jours. Elle se tient dans les cimes d’epinettes et s’envole de temps en temps. Je prends quelques photos mais avec la lumière, je sais déjà que ca ne donnera rien de folichon.
En rejoignant le camp, je croise justement julie qui fait l’habitat de cette zone. Elle est tombée sur le nid de la buse, avec un petit dedans ! C’est donc un endroit à éviter pour ne pas déranger la petite famille. Je quitte ensuite la zone pour le camp, tandis que julie poursuit son quadrillage.
Julie : en partant faire un peu d’habitat autour du camp, un couple de buses à queue rousse se met à voler autour de moi, en poussant des cris perçants…je les vois de très près, ce qui me permets de confirmer l’identification faite mardi. Après plus d’un quart d’heure à voler autour de moi, Je les vois se poser en bordure de forêt sur des cimes d’arbres, pas très loin. Je me dis que ce serait une bonne occasion pour les prendre en photo de pas très loin, et peut-être, avec un peu de chances récupérer quelques plumes, si c’est un perchoir où ils ont l’habitude d’aller (et j’ai un compte à régler par rapport à mon bain de mardi).
Je m’approche donc, ils ne s’envolent pas, en cherchant au sol des plumes, je tombe sur un oisillon mort depuis un moment (les plumes ne sont pas encore formées et encore dans leurs tubes)…et là je comprends qu’au dessus de moi il doit y avoir un nid, et que le couple de buses essaye sans doute de le protéger. Je m’éloigne un peu et constate qu’effectivement il y a bien un nid avec un juvénile à l’intérieur…après quelques photos et vidéos (dommage, il pleuvait), je m’éloigne rapidement, histoire de ne pas déranger
Ces activités ne résolvent pas le souci principal : pas de jus pour travailler. Avec le temps qu’il fait, même le mail important ne pourra être envoyé. Le souci est que gilbert quitte Montreal tres bientôt et que nous comptons sur lui pour acheter à moindre coût la marchandise. Deux possibilités s’offrent à nous : espérer un soleil de front dans l’après midi pour faire le minimum nécessaire ou retourner à nouchimi pour tenter de trouver une batterie de rechange, chargée, et de contacter gilbert par téléphone.
On décide de retourner à nouchimi, ce qui permettra en plus de recharger le pc et le matériel photo. On part après diner (riz, thon).
Le trajet va être différent de la dernière fois : alors que nous avions été pris après 5km environ, nous allons devoir marcher près de 20 bornes cette fois ci avant qu’un cree ne s’arrête pour nous conduire à destination ( 2 voitures d’hydro-québec ne se sont pas arretées. Enfin si une, pour nous dire qu’ils n’avaient pas le droit de nous prendre et qu’on risquait de passer la nuit dehors….).
Julie : Hydro-quebec où quand laisser deux personnes sur le bord de la route isolée de la Baie James, avant la nuit, permet de garder son job ! …juste incroyable…Une troisieme voiture Hydro-quebec arrive, on tente quand même notre chance, la voiture ralentit (cool peut-être vont-ils nos prendre ?) puis réaccélère juste devant nous…la rage !…je fulmine
Nous arrivons après 19h, bien fatigués. Personne sur place. ils sont à la pèche. En attendant leur retour, on arrive à joindre le camp des pins et gilbert pour transmettre la liste et donner des nouvelles fraîches. Gilbert devrait remonter en début de semaine prochaine et venir nous voir mardi ou jeudi avec le stock, plus une génératrice et une batterie neuve.
Cet équipement est nécessaire, et sera indispensable pour la saison froide. Le principe fondamental de la présence permanente sur le terrain dépend de notre capacité à recharger nos équipements de prise de données.
Pendant ce coup de fil, julie expose notre souci à kim, revenu depuis. Il contacte le mécano qui nous dépanne d’une batterie, stockée dans le garage de la pourvoirie. Comme nouchimi dispose d’un chargeur, on le met en route car elle semble bien vieille et totalement à plat. On patiente donc devant le manomètre indiquant la charge, jusqu’au retour de pèche de lucie vers 22h.
On ne veut pas faire patienter kim et lucie plus que ca, déjà qu’ils sont incroyables de gentillesse. On débranche le chargeur, buté à 6a depuis un moment et on embarque pour le chemin du retour, conduit par kim. En passant, il repart avec deux sacs de vidanges. Une fois la batterie rangée dans le camp : dodo, il fera jour demain.
Vendredi 18 juillet
Les rayons du soleil viennent chauffer la toile de tente ce matin, ca faisait longtemps !
Après orientation du panneau pour qu’il prenne au max, déjeuner, coupe de bois, pour une fois que c’est sec ! (il a fait beau aussi hier lors de notre déplacement à nouchimi). On teste ensuite la charge de la batterie ramenée la veille : ca bipe tout de suite, rien qu’avec le convertisseur…on est maudit. Reste plus qu’à espérer du beau temps.
Julie : pendant que Mickaël s’occupe de la batterie, je m’occupe du nettoyage du fameux baril : une bonne couche de sucre mélangée à de la farine et de l’eau, le tout ayant bien macéré…ca m’a pris plus d’1h, mais au moins maintenant on pourra prendre des affaires à l’intérieur sans s’en foutre plein les doigts ! Une bonne chose de faite
Comme le pc a été chargé à nouchimi, il reste juste le modem à faire tourner et le temps semble être de notre coté aujourd’hui. On laisse donc travailler le panneau pleine charge (on espère). Finalement, on va pouvoir travailler un peu, avec l’aide du soleil et avec le doigt sur l’interrupteur pour soulager la batterie lorsqu’un nuage passe…c’est pas encore la joie, mais y’a du mieux.
Samedi 19 juillet
Aujourd’hui, on part à la journée pour aller sur une ligne de crête pas très loin du camp. Comme c’est principalement du brûlé, la marche doit être assez facile et ce secteur pourrait servir de passage pour aller explorer des zones plus éloignées avec le carrix. On part assez tôt, sous un ciel gris (la météo s’est encore plantée), puis de pluie vers la mi journée, alors que nous étions dans une zone arbustive très dense. Conséquence ? trempés jusqu’aux os.
Enfin, le coin est bien sympa, car on déjeune sur une butte dominant un beau lac sans nom (comme la majorité de ceux que nous allons découvrir tout au long du projet). On se dit que ca serait sympa de lui en trouver un. Facile à dire, mais sur ce coup, l’inspiration ne vient pas.
Le vent, qui nous protège des mouches noires, nous refroidit pas mal quand même, tout mouillés que nous sommes et nous ne trainons pas pour le lunch.
On est vraiment dans un secteur magnifique, assez rocailleux et vallonné. Entre deux lacs, on découvre notre première crotte d’orignal, avant de traverser un ruisseau assez vif (on commence à maîtriser les traversées de ruisseau).
La fatigue se fait sentir vers 17h. On décide de rentrer. Mais comme d’habitude, il faut revenir au camp, ce qui nous prendra plus de deux heures, avec quelques zones ardues et fatiguantes. De retour au camp, on s’offre un gros souper bien mérité, un peu d’internet (jusqu’au bip) avant d’aller dormir, bien fatigués.
Dimanche 20 juillet
Ciel gris encore pour aujourd’hui, même si ca va s’améliorer au fil de la journée. On reste au camp pour ce coup ci. Un peu d’internet, une séance baignade, journée relax.
Petit souci cependant, on découvre que des rongeurs ont pris le bateau pneumatique pour des noisettes : y’a des trous partout…malgré un rafistolage sommaire, c’est inutilisable. Encore une erreur de laisser trainer ses affaires, et du gaspillage.
Ca n’empeche pas de rester un moment dans l’eau et de profiter du soleil, ca faisait un bail !
Voila, à bientôt pour la prochaine semaine !













