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Publié : 18 juillet 2008
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Carnets de routes : Dimanche 30 juin au dimanche 6 juillet

 Lundi 30 juin

Nous nous réveillons sous la pluie. En fait, c’est plutôt les gouttes qui nous réveillent ! L’eau s’infilltre dans le camp à plusieurs endroits. C’est étrange car ce n’est pas le déluge, juste une pluie fine qui a duré toute la nuit.

On patiente jusqu’à une heure décente (réveillé à 4h) pour aller déjeuner puis arranger un peu tout ca. C’est con, on avait prévu de sortir à la journée, préparés tout pour ca. Enfin, on peut rien faire contre la météo et Julie peut très difficilement travailler sur la carto lorsqu’il pleut.

On se rabat donc dur le rafistolage de camp. Retendage des cordes (qui en avaient bien besoin), pose de roches tout autour de la tente et montage du poêle à bois pour couper l’humidité et sécher les sacs de couchage et les lits de camp.

La pluie n’arrete pas de presque toute la journée. On squatte le camp et l’ordi. J’ai de gros souci pour mettre les photos sur mon compte flickr : laa connexion est mauvaise et coupe en pleine importation, ce qui fait que rien n’arrive sur la galerie. J’espère que ca va s’arranger avec la météo car c’était ma solution « miracle » pour gérer toute les images. Bilan de la lutte acharnée : 5 ou 6 photos importées : pas fort !

Après internet, souper. On a peu de bois sec en réserve : je me suis fait un peu endormir par la première semaine caniculaire.

On se fait laborieusement des pates et 1 pain, destiné à la sortie du lendemain. On rentre à la nuit, les jambes toutes mouillées par la végétation basse.

 Mardi 1 juillet

Lever à 7h30. Il n’a pas trop plu cette nuit mais le temps est menaçant. Je récupère du petit bois sec du camp pour emmener à la cuisine, histoire de se faire un café et un gruau avant d’aller explorer la zone choisie.

On s’équipe pour affronter une pluie probable : guêtres, poncho. Je prévois aussi du change, car il est prévu que je teste la profondeur des lacs que nous découvrirons.

On commence difficilement la partie à explorer (ligne nrj) : une belle tourbière a particulièrement appréciée la pluie de la veille. C’est spongieux et casse-pattes et ca nous trempe pour de bon, à peine commencée la journée. La suite n’est pas meilleure et dans la même veine : très humide. On avance comme on peut.

Le travail de julie est rendu très compliqué, voir impossible, car elle doit constamment prendre des notes et se référer à la carte topo. Comme la pluie revient, il faut changer de méthodes et se contenter d’un petit carnet, qui prend l’eau et qui ne fait pas trop l’affaire. ca sera un point à améliorer, de même que l’accès au matériel de prise données : pas assez de poches ni de mains pour tout mettre à portée !

Pause diner sur un joli point de vue. L’ambiance n’est pas au meilleur. Heureusement, le soleil réchauffe nos habits par à coup et le vent nous protège un peu de la viracité des bibites. Au menu : sardines à l’huile et bannick. Repos ensuite pour se sécher, digérer la matinée difficile et espérer une rencontre (un très bon coin pour un affût).

Un des coté impressionnant de la baie-james, c’est la rapidité de séchage par le soleil : lorsque nous sommes reparti, le peu de soleil rencontré a séché tous nos vétements et la végétation basse (qui nous détrempait les pieds auparavant). La marche va être ainsi plus agréable et facile. Ca tombe bien parce que nous devons quitter la ligne nrj (accès facile) pour cartographier les abords (entre ligne et route), où le thé du labrador et autre végétation base abonde.

Lorsque nous tombons sur le premier des trois lacs de la zone, je suis bon pour le test (enfin, je suis très volontaire pour ca). Opération déshabillage, mise à l’eau et j’avance jusqu’à plus pied (pour les filles : non pas de photos ! Il existe une video, mais des soucis techniques nous empêche de vous en faire profiter !).

Pour ce coup ci, pas loin à aller, le lac est profond rapidement. Par contre, plein de grosses roches me font regretter de ne pas avoir investi dans une paire de sandales. Le temps de revenir sur la terre ferme, de se changer avant de se faire bouffer par les mouches, et on est prêt à repartir. Confiant dans la clémence de la météo, je ne mets pas mes guêtres…bien mauvaise inspiration, la pluie va reprendre quelques centaines de mètres plus loin,sans plus jamais s’arrêter.

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Poncho de rigueur, même s’il n’empêche pas de se faire mouiller le pantalon. On continue comme ca quelque temps. Le truc, c’est que pour cartographier une zone, il faut la quadriller serré, ce qui fait qu’on avance pas vite. Au bout d’un moment, il faut dire ce qui est : on en a plein le dos, on est trempé et on est plus trop à ce qu’on fait. On décide de couper plus court vers la route et de retourner au camp. On a fait environ la moitié de la zone, on s’y recollera lorsque le ciel sera plus clément.

Après deux km sur route, on est de retour. Allumage du poêle pour se sécher un minimum, il est 20h. Bilan de la journée : un peu merdique, faut bien l’avouer.

 Mercredi 2 juillet

Comme hier, la tendance est à la pluie. On décide de rester au camp pour avancer le travail sur l’ordi. (retranscription des données gps, photos).

Par chance, mes tentatives infructueuses avec flickr quelques jours avant ne se reproduisent pas. Enfin, c’est pas un foudre de guerre, mais pas mal de photos vont être importées. Il suffit de jongler avec différents outils et relancer quelques fois pour que ca fonctionne. Il reste juste à,peaufiner le système de classification et propager quelques photos sympa dans les groupes.

L’autre bonne nouvelle : malgré le mauvais temps de ces derniers jours, le contrôleur de charge des batteries est en évolution positive. Au lieu d’être constamment dans le rouge (ce sui était le cas depuis le début), il cligonte orange, tendance verdifiante !! Très bonne nouvelle, car je ne connais pas trop le temps de charge. Cela signifie aussi que nous ne sommes pas trop gourmand en énergie, ce qui est bon signe.

La mauvaise nouvelle : les videos prises par la caméra ne sont pas reconnues par youtube : la video est déformée…et toujours pas moyen de les visualiser sur ordi, ubuntu n’aime pas ce format.

Dommage, y’a déjà plusieurs séquences intéressantes…faudra fouiller ca pour trouver une solution.

Le temps d’uploader les photos de flore faites par Julie, la nuit est largement tombée. On allume un peu le poële pour couper l’humidité et au vu de la météo , nous décidons d’organiser la première vadrouille sur plusieurs jours. Ca sera la première sortie avec le carrix.

 Jeudi 3 juillet

Réveil gris. C’était prévu par la météo, qui annonce une amélioration en après midi. Après le déjeuner, il s’agit de préparer les sacs, le carrix et la partie cuisine. Sans oubllier les 4 sacs de poubelles de la premiere semaine, histoire de ne pas se faire envahir.

Le carrix n’est pas très lourd. Il contient :

- 1 tarp 4x3m en silnylon
- 1 pelle
- 3 jours de nourriture (préparation de pain, pates, 2 conserves, café, thé, sucre, sel, 4 boites sardines, gruau, 4 barres de céréales.)
- le nécessaire de cuisson (réchaud à bois, chaudrons, assiettes, couverts, tasses)
- les poubelles
- 1 bac à eau pliant
- 1 bac vaisselle pliant
- 1 parka patagonia
- 2 tapis de sol

Les sacs individuels sont par contre assez chargés, avec le sac de couchage, le change, le matériel photo et de prise de données.

On est parti pour la route. On va mettre pas mal de temps pour parcourir les 10 km. Pas mal de choses à voir (oiseaux, traces) depuis la route en gravier. Même si cette route est plutot monotone, elle a des intérêts.

Comme la météo le prévoyait, le beau temps revient assez vite et il faut enlever des couches pour ne pas être trempés de sueur. Le carrix ne pose aucun souci sur une telle route et je ne sens presque pas sa présence, les bras libres pour la photo et les notes.

Nous décidons de poser le camp avant la zone du dépotoir, près d’un accès à la rivière proche. Trouver un coin sympa n’est pas si facile que ça : il y a pas mal de grosses roches un peu partout. On arrive cependant à se trouver un coin convenable, même si un peu trop proche d’un trou d’eau, synonyme de présence massive de bibites dans le coin. En tout cas, on est pas trop mal protégé du vent, assez violent par ici.

Mettre en place le tarp ne demande pas trop de temps, même si on ne peut utiliser les sardines en raison des caillasses. On fignole avec un peu de sapinage et un poncho pour couper le vent au niveau des couchages. Vraiment beaucoup de place sous ce tarp. Il y a moyen de protéger le matériel et ceux qui les utilisent contre les intempéries. J’ai oublié la moustiquaire au camp, va falloir faire avec (plutot sans d’ailleurs !).

Après l’installation, petit tour au dépotoir avec nos ordures et nos appareils photos. Le genre d’endroit où il faut être prudent lorsqu’on dépose ses ordures, car il faut éviter de les balancer sur la tête d’un ours ! Ce coup ci, il n’y en a que trois dans la fosse. On fait ensuite le tour de la décharge, découvrant plusieurs crottes (ours et loups) et les quatres accès animaux.

Nous coupons ensuite à travers bois pour nous mettre en affût en contrebas. Il est encore tôt et à part des employés d’hydro-québec et de probables prospecteurs, on a pas de passage. On change alors de point de vue en remontant près de la fosse active, nous plaçant à contre vent et à l’extérieur. Ca ne prend pas trop de temps avant d’avoir la visite d’un ours (qui ne nous avait pas remarqué) qui allait dans cette direction. il se retrouve à moins de 10m de nous, nous observe un peu avant de prendre la fuite, se rendant compte de notre nature.

Plus tard, un jeune ours sort rapidement de la fosse, suivi je pense de sa mère. Le jeune dépasse lesclotures et se dirige vers nous d’un pas rapide pendant quelques pas, avant de revenir dans les jupons de sa mère. Séance rapide de calin (un peu vachard, y’a eu aussi quelques taloches) et le jeune disparait dans le bois. L’adulte va enduite s’avancer doucement vers nous, s’arretant à moins de 10m. Quelques secondes d’observation, avant de repartir dans le couvert. Séance photo vraiment sympa, surtout que la lumière était là.

Après ce moment et le passage d’un ours passablement moins curieux, nous allons marcher dans le boisé autour de la zone. On y découvre sans grande surprise d’innombrables pistes d’ours, qui partent dans tous les sens. On s’eloigne un peu en suivant une piste énorme et longeons une crête surplombant la rivière. Julie sort son carnet et note les habitats que nous croisons.

Nous retournons ensuite vers le point d’affût. Nous allons avoir droit à une autre rencontre assez sympa. Un autre ours va venir vers nous et s’approcher à moins de 10m, nous offrant photos et vidéos, avant de disparaitre tranquillement.

Lorsque le soleil descend assez bas, nous retournons vers le camp, en longeant la rivière. L’accès est ardue à cause de l’escarpement et la présence de rochers. Souper ensuite sur la rive, en discutant du programme du lendemain et en préparant la bannick.

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Pas mal de moustiques en dessous du tarp. Ils vont être plutot pénible pendant toute la nuit. Je me tourne et me retourne, me couvre et me découvre …

entre avoir trop chaud, emmitouflé pour échapper aux bibites et respirer mais se faire manger, il y un choix à faire, mais on change souvent d’avis !

 Vendredi 4 juillet

On se lève pas mal tard. Déjeuner devant le lac, pendant que je prépare un autre pain (on en a mangé la moitié de l’autre hier soir quand il était tout chaud) pour la journée de vadrouille.

Nous partons ensuite longer la rivière vers le sud. Alors là, les premiers mètres sont difficiles. On se croirait dans la jungle, pas dans la taïga ! Le principe de la cartographie étant de répertorier les habitats, il est nécessaire de couvrir un maximum de terrain, et ne pas éviterles passages difficiles. On se mange donc de l’aulne et de l’arbuste en veux tu en voila !!

La bonne nouvelle est que l’on tombe sur une belle piste de loup avec poils, crottes et traces assez fraiches. C’est très motivant et permet d’avancer dans cette jungle. En suivant cette piste, nous débouchons sur la rivière, que l’on considérait à la base comme une barrière naturelle. En la regardant de plus près et en voyant un ours la traverser devant nos yeux, nous devons nous rendre à l’évidence : ce n’est pas une barrière naturelle !!

L’avancée est ensuite bien meilleure. Nous devons aller jusqu’à la limite de la carte topo, avant de remonter en quadrillant la zone. On fait la pause lunch lorsque nous atteignons la limite sud. Bon, y’a des junco ardoisés qui nous ont un peu détourné de notre chemin, mais bon, c’est de bonne guerre !

Lors de la pause diner, le temps se gâte : la pluie s’invite dans notre journée et restera présente par intermittence. Contrairement à ce que prévoyait la météo, ce ne fut pas une belle journée. Ce qui est génant avec la pluie, comme dit un peu avant, c’est que ca complique sérieusement le relevé de données, rendant une journée de avail inefficace.

Le second effet kiss-cool étant qu’on est vite trempé de la tête aux pieds, à cause du lichen et autre thé du labrador !

dans notre séance de quadrillage, nous allons croiser 2 lacs, 1 ours et des chevaliers solitaires (y’en avaient deux, pas si solitaire que ca) pas farouches et bien bruyants.

Nous sommes de retour au camp vers 19h, bien fatigués par cette journée en terrain difficile. Souper bien mérité, en compagnie d’un plongeon huard, qui navigue sur la rivière en face de nous. On va se coucher assez tôt, ne pouvant faire grand chose tant les bibites sont actives et voraces.

 Samedi 5 juillet

Il a plu pas mal cette nuit,ce qui n’a pas déranger les moustiques. Le tarp a fait son boulot et nous a bien protégé.

Je pars sur le bord du lac pour chauffer le déjeuner, en espérant que la grisaille s’estompe. Que nenni, il se remet à pleuvoir, juste après que j’ai malaxé la bannick. La cuisson en est donc rendu toute bizarre, ca colle, ca attache (pas d’huile) mais ne prend pas. Je rentre me mettre à l’abri avec les cafés.

Comme il est déjà tard et que le temps s’annonce morose, nous décidons de repartir un peu plus tot sur le camp de base. On se fait chauffer un gruau, On range le coin cuisine et on part sur le dépotoir déposer le sac d’ordures. Après ca, démontage du camp et repzquetage. Comme il n’y a plus les sacs poubelles et moins de nourriture, on peut mettre les sacs de couchage dans le carrix, ce qui nous soulage un peu le dos.

Retour assez long et monotone, quelques voitures croisées, dont la sécurité hydro-québec, qui nous dévisage fort peu sympathiquement. Retour au camp vers 16h, on fait un gros lunch (riz à la sauce tomate). Rangement ensuite des sacs et popotes, avant de travailler sur ordinateur, jusque tard (l’importation des photos prend du temps).

 Dimanche 6 juillet

Après le déjeuner, travail sur l’ordi jusqu’à 14h, heure du souper. J’utilise le pocket pc pour retranscrire ce carnet, tandis que julie informatise ses relevés gps et detaille ses photos sur flickr. Après, rebelote, avec une pause pour creuser une tranchée devant le camp : une grosse pluie orageuse envoie de l’eau sous le camp et menace nos affaires. La pluie ne s’arrete pas, tandis que internet, si. On a aussi quelques bruits au niveau du convertisseur, qui signale un niveau faible des batteries.

Fin de la deuxième semaine, à bientôt pour la prochaine !

Voir en ligne : Voir la galerie photo de la seconde semaine

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