Dimanche 22 juin
La première tournée de matériel a été faite la veille. Du fait de l’absence de remorque (voir l’article sur la montée en Baie-James), nous devons faire deux voyages pour emmener la totalité du stock.
Gilbert et moi sommes partis avec le gros du matériel pour l’emmener jusqu’à Nouchimi, avant de revenir coucher au camp des pins. Sur la route, nous avons croisé 3 renards et 1 ours.

Ce matin donc, lever 5h pour un départ prévu à 6h. Bon, finalement, ce sera 7h, le temps de tout préparer et d’attendre tout le monde. Laurence nous accompagne pour le trajet. Le beau temps est avec nous.
Petit incident en arrivant dans la zone de Nouchimi : nous avons un pneu à plat. On bidouille en passant par le gararge de LG4 et on continue, en espérant que ca ne s’empire pas trop.
Nous allons donc pouvoir explorer la zone. Première remarque d’importance : c’est très sec et il n’ya aucune trace concrete ou utilisable. C’est pas le top pour une exploration de zone. Deuxième point : il y a beaucoup de présence humaine dans un des coins du secteur. Dernier point : c’est un super beau coin, plein de collines et et qui annonce de belles vadrouilles !
Dès la fin du premier tout, Julie et moi avons les mêmes impressions, le même feeling positif pour la dernière partie visitée. Expliquer exactement pourquoi, ca serait long, mais « ca serait un super coin pour poser un camp de base » !!!
Pour avoir un peu de recul, nous décidons de retourner sur Nouchimi pour réfléchir sur les cartes, embarquer tout le chargement sur une remorque généreusement prétée et manger le dernier repas « civilisé » avant un moment. Gilbert en profite pour regarder la roue : c’est un clou qui était dedans. Une mêche et c’est reparti.
Direction : un petit coin sympa proche d’un lac et accessible relativement facilement pour les ravitaillements. Une fois sur place, rien n’est fini : il faut emmener tout le stock sur le lieu de camp, sous les assauts des brulots, maringouins et mouches noirs, en nombre incroyable ce soir la. Nous nous sommes fait litteralement bouffer !!
Plusieurs tours plus tard, il faut encore monter le camp, installer le minimum alors que la nuit tombe. Pendant ce temps la, Laurence et gilbert montent leur tente à coté. Ils avaient prévu de camper plus loin, mais tout ca a pris du temps et ils préfèrent passer la nuit ici.
Première nuit au camp, sous la lumière de deux bougies à la citronnelle, qui auront fait leur quotas de tuage de mouches !
Lundi 23 juin
Petite pluie dans la nuit, qui ne ralentit pas les attaques de bibites.Gilbert est un peu découragé, suite au démontage de sa tente et ne profite même pas du café, vite pr&paré sur une roche. Par contre, le feu allumé pour l’occasion est apprécié pour la fumée qui eloigne les moustiques !

Enfin seuls. Nous voila de plein pied dans le projet. Premières choses à faire ces prochains jours : aménager le campement.
Pour aujourd’hui, nous installons le panneau solaire et les batteries près du camp de base et montons le tipi de cuisson, assez loin du camp principal. Comme prévu, il n’est pas question de faire de la cuisine dans le camp où nous dormons, en raison de la présence d’ours dans la zone.
Tout ceci nous prendra bien la journée, et nous pouvons souper dès le premier soir dans ce nouveau tipi, proche d’un autre lac.

Mardi 24 juin
Gros travail à faire aujourd’hui : rapatrier toute la nourriture dans le coin cuisine, distant de plusieurs centaines de mêtres. Plusieurs allers retours seront nécessaires pour tout ramener. Tout cela commence à se régler. Les contenants sont optimisés et la farine stockée dans son baril. Au final, ca ne fait pas si encombrant, 3 mois de nourriture. Tout tient dans quelques boites et barils.
Au niveau du camp, je retent un peu les cordes, réhausse le mat central qui était un peu court et installe une chambre/séparation pour Julie, histoire qu’elle puisse se changer dans un minimum d’intimité.
En après-midi, nous allons faire une petite balade aux alentours. Beaucoup de lacs, tourbières. La marche est aisée et les paysages grandioses. Un point vraiment intéressant est la présence de points hauts un peu partout : cela donne des points de vues intéressants et des postes d’affûts incomparables.
Mercredi 25 juin
Le grand jour pour internet : L’installateur, Eric doit passer pour 10h mettre l’antenne. Bon, on va attendre quelques heures de plus, il a eu un souci avec une vitre de son auto. Laurence l’accompagne. Le réglage va se faire difficilement, Eric ayant du mal à trouver le signal du satellite. Forcément, pendant ce temps, nous sommes victimes des moustiques… Je pense qu’Eric a regretté après coup de s’être habillé tout en bleu ! Enfin, on rigole bien et le tout est finalement installé : test fait : google s’affiche : Banco, on est connecté !!
Petit cadeau de Sylvain et emmené par Laurence : deux chapeaux moustiquaires. Gilbert a vraiment été traumatisé par sa venue ici !! n’empeche que ca risque de bien nous servir par moment.
Diner tardif (15h) et discussion autour du feu font avancer tranquillement la journée. Nous retournons ensuite au camp pour vérifier nos mails et mettre en ligne deux articles qui prenaient un retard important (la montée vers la baie-james, alors que nous venons de nous installer sur zone..). Les batteries sont faibles, mais ca fonctionne. espérons du soleil pour les prochains jours.
Jeudi 26 juin
Réveil un peu tardif. La fraicheur du matin et un vent assez fort rendent les moustiques moins voraces, ca fait plaisir !
Après la toilette et la lessive, nous voila parti pour une séance sur le lac ; julie tente d’apprivoiser l’hippopotame donné par Sylvain, tandis que je gonfle le bateau. Franche rigolade et quelques photos de ce moment bien sympa. On fait ensuite le tour du lac en bateau (l’hyppo s’est vite dégonflé). début difficile pour le rameur, mais après un peu de pratique, ca va dans le sens désiré, un bon point.

Après cette séance baignade, nous allons manger (riz et pain) et naviguer un peu sur le net.
Avant 18h, nous allons faire une marche vers le dépotoir (10km) par la route en gravier. C’est la que les bonnes nouvelles arrivent : des pistes de loups presque sur toute la distance ! et les premières traces sont visibles à moins de 200m de l’embranchement de la route et du chemin vers notre camp. Les dates sont incertaines, mais surement pas si vieilles que ca, en regard aux traces deja effacé de notre exploration avec Gilbert.

Julie profite de ce bon moment pour ml’expliquer quelles données prendre lors des découvertes des pistes, et je commence à remplir un petit carnet. Données GPS, direction, substrats, tailles, … nous essayons d’etre complet.

Avec tous ces arrêts, nous arrivons au dépotoir bien tard, juste avant que le soleil se couche. Les alentours de la décharge, cloturée, sont remplies de pistes d’ours et de loups. C’est un endroit vraiment fréquenté.
6 ours sont présents dans la fosse lorsque nous y allons. Nous prenons quelques photos, avant de nous éloigner, gentiment invités par deux ours qui souhaitent etre tranquilles.

Lors d’un repli vers un accès extérieur, nous croisons un autre oursqui se laisse approcher facilement et qui est lui même assez curieux. Il va procéder à plusieurs approches lentes pour voir qui sont ces énergumènes qui sont ici. Je suis obligé de me lever une fois pour éviter qu’il ne se rapproche trop près. C’est juste dommage que la lumière devienne rare, ca devient difficile pour les photos.

Le retour se fait assez péniblement.10 km sur de la gravasse, c’est long. Par deux fois, nous nous cachons dans les fourrés, pour ne pas se faire repérer par les véhicules qui passent. Des piétons sur cette route et à cette heure, ca suscite des questions dont je me passerais bien pour le moment…
Vendredi 27 juin
Encore une fois,on traine un peu au lit. Les repères commencent à se mettre en place doucement. Après le déjeuner, Julie part prendre des points GPS et avancer dans son étude sur la cartographie de l’habitat. C’est complexe et je ne peux rien faire de ce point de vue la. Pour ma part, je me contente de monter la douche solaire. J’ai d’ailleurs failli perdre mon couteau dans cette histoire…
Quand Julie revient, nous allons manger (grosse platrée de pates à la sauce tomate). Après un petit tour sur le net et que la chaleur soit devenue supportable, nous allons partir en balade sur une ligne NRJ proche, dans la direction du réservoir. Le travail de la cartographie commence pour de bon pour moi, même si je ne suis que suiveur.

Très instructif de voir Julie travailler et appréhender le terrain d’étude. Je ne suis pas capable de l’aider, alors j’essaie de trouver des pistes dans les quelques endroits boueux. par chance, j’en trouve une ! bon, elle est vieille et unique, mais c’est bien du loup, je peux remplir mon carnet !
Pendant la marche, nous trouvons 4 cadavres d’oiseau au plumage blanc, juste sous les lignes. Probablement un oiseau qui a frappé et s’est fait bouffer ensuite.

Comme la nuit s’annonce, nous allons vers un petit lac avant de repartir vers le camp. Bon, on a eu du mal à le trouver et on fait quelques détours, ce qui nous fait prendre du retard et revenir encore à la nuit. On part souper quand meme (soupe) et préparons le pain pour demain, car nous prévoyons de partir à la journée.
Samedi 28 juin
Lever 7h. Déjeuner copieux (gruau, café) et départ du camp après 8h. Nous repartons sur la ligne NRJ de la veille et continuons en longeant le réservoir, histoire de noter les habitats du bord de l’eau. En traversant la végétation, Julie s’aperçoit qu’elle devra intégrer un nouveau type d’habitat dans sa classification. Entre la forêt clairsemée et la forêt dense, déja notées, il existe une forêt « mosaique » qui reprend les caractéristiques de plusieurs autres habitats, sur des petites distances. Du boulot et une prise de tête supplémentaire pour Julie.
Moi je me rends compte que je vais devoir bosser dur pour être capable de faire correctement le boulot. marcher ne suffit pas, il faut etre attentif et avoir une vison globale. Heureusement que je vais suivre une formation durant ces prochains mois !!
En longeant le réservoir, nous trouvons deux carcasses d’ongulés (probablement des orignaux vu la tailles des os).Une très vieille et blanchi par le temps, l’autre est plus récente et comporte encore des poils ; Aucun indice pour connaître la cause de la mort. Je prends les GPS, remplit mon carnet et prends quelques photos.
L’avancée est lente, dépendant des habitats traversés. Néanmoins, cela permet de déposer notre odeur un peu partout, de vraiment connaitre le secteur et également de voir quelques points de vues magnifiques ! Une des zones parcourues avant la pose est pas mal fréquentée : des sentiers un peu partout sur la mousse de caribou, meme si aucun autre indice nous aide pour l’identification du marcheur.
Pause sur une butte, pour éviter les moustiques, avec vue sur le réservoir. Y’a pire comme tableau pour un pique nique !

Ca fait moins dr’une semaine qu’on est dans le bois, mais une chose me marque, par rapport au précédent projet : c’est vraiment un coin magnifique, valloné, plein de lacs. On va avoir bien du plaisir à tout visiter !
Après la pause, nous continuons vers un autre lac et un autre point de vue haut. Ce secteur me parait fréquenté par un orignal, mais bien sur pas de confirmation visuelle, meme si je l’attendais !
Nous prendrons le chemin du retour de façon à quadriller la zone faite à l’aller et la veille, ce qui permettra de dire que ce secteur a été visité. Un de fait.
Le retour au camp est difficile, ca fait un moment qu’on marche, et certains secteurs sont ardus. Grosse bouffe au retour, et on s’accorde un peu d’internet une fois de retour au camp.
Dimanche 29 juin
Lever tranquille. On s’est mis d’accord pour que cela soit une journée au camp. Il y’a deja pas mal de retard au niveau des carnets, indications photos et travail sur la cartographie, il faut rattraper tout ca. Comme en plus il est temps de recharger pas mal de batteries, c’est le bon temps. C’est donc à ce moment là que j’ai retranscris ce premier carnet hebdomadaire, sous un drap pour échapper aux mouches…
A bientot pour une prochaine !!