Vous êtes ici : Accueil du site > Le journal de bord > Carnet de vadrouille : lundi 1er au lundi 8 décembre 2008
Publié : 12 décembre 2008
Format PDF Enregistrer au format PDF

Carnet de vadrouille : lundi 1er au lundi 8 décembre 2008

 Lundi 1er décembre

Il est temps de changer de secteur. Les dernières vadrouilles ont été faites environ 10km à l’est du camp et ont permis de monter un camp intermédiaire vers le sud de la zone. Cela m’a permis aussi de voir mes premiers caribous. Il faut cependant ne pas négliger le coté ouest, direction Nouchimi : très régulièrement, des hurlements sont entendus à proximité et une décharge de carcasse située à 10km de la pourvoirie semble intéresser Canis lupus.

J’ai donc prévu de faire deux étapes : une première halte à 12 km du camp, dans la zone où Julie et moi avons observé un loup en compagnie de Guy, suivie d’une seconde période du coté de la décharge 5km plus loin.

La préparation du matériel se déroule rapidement : tout commence à être bien rodé. L’utilisation du toboggan me permet de prendre pas mal de nourriture. Je pense pouvoir facilement tenir plus de 10 jours.

J’emporte également deux nouvelles bâches plastiques, tout juste reçues, ainsi que mes raquettes, enfin arrivées. Le toboggan commence à être bien usé par la route, mais je n’ai pas trop le choix…

Au niveau nourriture : Deux sachets de riz, du couscous, des pates. Bien sur le lot de boites de fèves aux lards et le kilo de beurre de peanut ! La caisse est bien pleine mais je pourrais en mettre encore plus.

Départ sur la route. La température est assez douce mais le temps est gris. Ils prévoient de la neige pour une bonne partie de la semaine : tant mieux, je pourrais utiliser au mieux les raquettes !

Route longue,comme d’habitude. J’ai repéré un petit lac non loin de la route qui pourrait convenir : un point de vue haut à proximité et pas de barrières infranchissables à priori. En me rapprochant doucement de la zone, je repère le point haut vue sur la carte. Un intérêt supplémentaire m’apparaît alors : une tranchée bien délimitée court de sa base jusqu’au sommet. De loin, cela ressemble à une tranchée de ligne d’énergie, mais il n’ y aucun pylône. Une chose de plus à vérifier.

Toute la zone se révèle être un vaste champ de brûlés, et le secteur semble bien vallonné depuis la route. Je quitte celle-ci à un endroit accessible et entame la partie hors-piste. Une vielle trace me sert de guide, mais il m’est impossible de l’identifier à cause de la neige. Les brûlés se passent sans trop d’histoire : la neige est assez profonde pour que le toboggan puisse passer par dessus la majorité des arbres tombés à terre.

Par contre, où installer le camp ? À première vue, il n’ya pas trop de site favorable : pentu, aux quatres vents ou le long d’un cours d’eau (très courtisé par les vents justement). Je laisse le toboggan sur place et continue à pied histoire d’avoir une vue plus générale. Du haut d’une butte, je vois bien le lac désiré non loin, avec deux autres petits lacs tout proches. Le point haut est distant et il n’est pas trop possible de s’en approcher pour aujourd’hui. Autour des lacs : des jeunes épinettes qui sont la future forêt de demain. Je décide de monter le camp parmi eux. Après avoir trouver une place correcte, je pars chercher le toboggan.

A ce moment là, je suis assez refroidi : le parcours sur la route m’a donné chaud et c’est très humide. Heureusement, le temps de ramener le matériel, tout revient en ordre et je commence à installer le camp. De base, je le prépare comme un petit tipi, en me servant d’un arbre pour le soutien des petites perches. Par contre, je ne le ferme pas et n’utilise qu’une seule bache : elle couvre une bonne partie et me protège des intempéries, si le vent dominant ne change pas de direction.

Intérieur du camp

Installation du couchage, puis je bouche les trous (au niveau du sol) avec la neige, très bon isolant. Une fois cela fait, il reste une coupe de bois à faire. Comme j’ai choisi un emplacement avec une grosse roche, je vais pouvoir jouer de la hachette facilement.

Une fois tout cela fait, la journée est presque terminée et je m’installe pour le souper. Un peu moins de place que le précédent tipi, ce qui n’est pas très pratique.

 Mardi 2 décembre

Pour aujourd’hui, le programme est simple : je vais à la découverte du point haut. Je chausse les raquettes après le déjeuner et pars tranquillement. En m’éloignant du camp je remarque une jolie trace de renard qui a suivi mes traces durant quelque temps. Je fais le tour du lac le plus proche, passant une tourbière et un ruisseau pas encore pris.

Le parcours, qui me semblait plutôt aisée à première vue, est au contraire pénible. Plus j’avance et plus je me rends compte que le nombre de collines est impressionnante : une fois un dénivellé passé, je me retrouve avec 5 ou 6 autres à franchir, que je n’avais pas en visuel avant. Quelque soit la direction, il faut grimper et descendre, dans la poudreuse et les brûlés, qui rendent difficiles la progression : on ne voit pas tous les arbres et selon le sens du vent, je me retrouve les raquettes prises entre deux souches ; Je tombe une fois ou deux sur le trajet.

Je quitte également la veste assez vite : la marche en raquette donne chaud, surtout dans ces conditions. Et il est important de ne pas transpirer, car c’est un facteur refroidissant non négligeable.

Arrivé au bas de la colline, j’attaque la montée. En fait la tranchée a été causée par un incendie. Ca paraît tout de même étrange car c’est très régulier et seule une bande a été touchée. En tout cas, cette montée va me donner une bonne suée. Elle ne paraissait pas vue de loin, mais le dénivelé est assez franc et je m’arrête pour des pauses régulièrement.

En haut de la butte, de nouvelles traces de renard (enfin, de grandes chances, mais les traces sont bien usées par le vent) qui serpente dans la montée :il n’a pas du rencontrer les mêmes difficultés que moi, car il fait de vastes détours pour renifler à plusieurs endroits.

La zone

Arrivé au sommet, j’ai un beau panorama sur presque 360°, mais le ciel très couvert rend cette vue moins intéressante. Je vois tout de même que les prochains jours dans la zone vont être rudes : à perte de vue, les montagnes russes… A l’ouest, un lac de taille moyenne m’indique précisément où se situe un lac plutot réputé dans la région : le lac Nochet. En regardant la carte, il ne paraît pas trop loin, mais l’avancée de ce jour m’annonce que je ne pourrais y jeter un oeil en sortie journée.

Je parcours un peu le sommet de la colline, et prends ma pause lunch accoté à un rocher. Le vent en haut est assez violent, et je ne tarde pas trop : je refroidis vite. Je décide ensuite de partir vers l’ouest et une série de crête. Cela me permettra de rejoindre le camp par un autre secteur et découvrir un coin caché à ma vue par des collines.

Descendre une colline poudreuse en raquette est bien sympa ! Faut faire un peu attention car les glissades sont possibles et il y a beaucoup de roches dans le coin, mais c’est assez grisant comme impression. Par contre, la montée suivante est plus pénible, àmesure que la journée s’avance. J’ai les cuisses qui chauffent !

La zone cachée : une autre série de monticules moins prononcés, mais présents quand même… Sur la route deux traces de caribous, assez fraîches, mais rien de fameux. Je coupe ensuite, cherchant un passage possible pour le toboggan. Je longe les buttes, je suis les cours d’eau mais que nenni : lorsque ce n’est pas une série de dénivelé, c’est un champ de brûlés serrés qui me force à slalommer à tous les pas.

Je finis par retourner vers le camp, l’heure avancant. Je retrouve les traces du matin au niveau du lac. Je dépose mes affaires et vais couper du bois. La, je ne me sers pas de la hachette : j’ai trouvé une zone proche ou de gros arbres ont été brulés : ils ont encore des branches conséquentes et super seches : idéal pour le réchaud à bois, elles se brisent très aisément à la longueur désirée et constituent un excellent combustible.

Il se remet à neiger lorsque la nuit tombe. Heureusement, j’ai bien orienté la bâche et le feu et moi sommes protégés.

 Mercredi 3 décembre

Au réveil, une petite surprise m’attend : le vent a tourné dans la nuit et l’intérieur du camp est tapissé d’une légère couche de neige. Rien de méchant mais à l’ouverture du sursac, ca refroidit un peu de recevoir de la neige dans l’oeil !

Il neige toujours d’ailleurs et le vent est violent. Pour aujourd’hui, aucune chance de trouver des traces de quoique ce soit…Je décide alors de m’octroyer une journée repos au camp : coupe de bois, et amélioration du camp. Je sors la seconde bâche et ferme le tipi, en incluant l’arbre de soutien. Cela augmente mon espace vital confortablement et je peux ainsi stocker du bois et faire ma cuisine sans faire du yoga !

J’alimente donc un petit feu en permanence dans la journée et en profite pour examiner la carte et décider de la sortie du lendemain : la décharge de caribou se trouve à 6 km environ en hors piste et le trajet est intéressant : plusieurs lacs et bien sur des collines. Cela fera une bonne journée de marche certain, mais comme je suis de repos aujourd’hui, cela compensera ! Je prends aussi le temps de préparer une bannick pour le lendemain : lors des grosses journées, c’est une assurance d’énergie incomparable.

Bannick en préparation

Comparé aux autres jours où j’entendais régulièrement des tirs lointains, qui sont devenus comme une ambiance naturelle (…), aujourd’hui, il y en a très peu : à croire que le temps n’inspire personne aujourd’hui ! Journée de repos pour les caribous donc, c’est une bonne chose.

 Jeudi 4 décembre

Réveil de bonne heure et temps clément : ciel gris, quelques flocons mais le vent n’est pas aussi violent, même si présent. Après le déjeuner, je chausse les raquettes, vérifie bien mon sac, qui n’a pas bougé depuis la veille et pars sur les pistes. Je fais le tour d’un des autres lacs et entame la journée de manège ! Comme prévu, l’avancée est rude et éprouvante. J’ai chaud très rapidement et ma progression est lente. Par deux fois je suis obligé de faire de grands détours car la colline franchie m’oppose un versant à pic de l’autre coté. Sur une des crêtes les plus hautes, je suis une belle trace de renard et trouve une crotte assez fraîche (bien que bien dure évidemment). Pas al de traces de lagopèdes également et j’en fais fuir quelques uns avant que je ne puisse les repérer : le camouflage blanc de leur plumage est particulièrement efficace !

Lac gelé

Je prends une pause lunch vers 13h, alors que la destination est encore assez loin. Je comptais au début revenir par un autre itinéraire, mais vu ma progression et l’heure tardive, je vais être obligé de prendre la route pour le chemin du retour. Heureusement,la fin du trajet qui me reste à effectuer va être moins ardue et les montées descentes moins nombreuses ; Enfin, il va me falloir tout de même gravir une colline importante pour arriver à la décharge, et cette dernière difficulté va être difficile.

Heureusement que la bannick est là pour me redonner un coup de main. L’avantage d’être passé par le pont haut est bien sur d’avoir un panorama de la zone que je vais bientôt explorer. La décharge se voit de loin : c’est une ancienne gravière et avec la neige au sol, elle se dessine parfaitement. J’entame la descente droit dessus vers 14h30 et arrive enfin à mon but.

Aux abords directs de la décharge, plusieurs pistes lupines de dessinent : Issues d’un seul individu, elles sont partiellement effacées par la neige mais doivent dater de moins de deux jours. En tout cas, celoup a fait le grand tour. Je n’ai pas e temps ni l’energie pour suivre chacune d’entre elle et je préfère aller voir le site en lui même. En fait, un gros tas de carcasses entassées, recouvert par la neige. Pas de traces lupines directement à coté, juste des pistes de 4x4 : surement celui de nouchimi.

Dépotoir à caribous

Après une brève revue de la zone, il va être temps de rentrer : il me reste 5 bons km de route à faire et la nuit arrive dans moins d’une heure maintenant. Je déchausse les raquettes, les accroche au sac et repars. Le chemin qui relie la décharge à la route a été emprunté par le loup,qui s’est écarté par trois fois pour sentir ou déposer son urine sur des épinettes. Quelques grattages au niveau du sol également.

Le retour va être long : les jambes sont lourdes. Je presse cependant le pas car la visibilité est très mauvaise et la neige s’est remise à tomber assez fortement : je ne dois pas être très visible depuis l’intérieur d’un véhicule. Arrivé à moins de deux km,une voiture s’arrête : c’est la personne qui s’occupe du déneigement. Il me demande si tout va bien et me donne une bouteille d’eau avant de repartit : bonne idée !! ca me redonne un peu de peps pour arriver au bout. La nuit tombe alors que je quitte la route et entame les derniers centaines de mètres jusqu’au camp. J’ai tout de même pris le temps de remettre les raquettes et j’ai bien fait, j’aurais bien galéré sans ca.

En passant je prends quelques branches mortes pour me faire mon souper et mon feu du soir, et je suis de retour au camp, fourbu mais content : j’ai réussi à effectuer le parcours initial, qui était assez ardu. Je reste le soir auprès du feu, bien apprécié et vais me coucher ensuite.

 Vendredi 5 décembre

Il fait pas mal plus froid ce matin, cela se ressent dès le lever. Après le classique déjeuner, je pars vers le sud pour une dernière journée d’exploration de cette zone, qui s’est révélée « casse-pattes » au possible : au moins, j’ai appris que ce ne serait pas par là que je pourrais explorer plus vers le sud !!

Zone casse-pattes

Preuve qu’il ne fait pas chaud : au contraire des autres jours, je ne ressens pas le besoin d’enlever des couches et la veste windstopper n’est pas de trop, surtout que le vent est de nouveau violent. Encore une fois, les cuisses sont mises à rude épreuve et sincèrement, je commence à en avoir plein le casque de cette configuration de terrain. Je vais jusqu’au lac qui se situe à mi distance entre la décharge et le camp mobile et explore un peu aux alentours. Je fais également une pause affût, autant pour espérer voir de la faune que pour faire une pause des dénivelés…

Tout blanc

Je retourne ensuite vers le camp, en passant franc nord et en contournant largement la zone explorée auparavant. Arrivé au camp assez largement avant la tombée de la nuit, je coupe un peu de bois et me met devant le feu. Demain, je déménage et vais m’installer dans la zone proche de la décharge.

 Samedi 6 décembre

Journée froide qui s’annonce aujourd’hui. Le démontage est assez rapide. Le plus long est de déblayer la neige entassée sur le bas des bâches et de plier celles ci sous un vent assez fort.

Les 5km de route me semblent long à effectuer : le toboggan glisse de moins en moins bien à mesure qu’il s’étiole. De plus, cette partie est en montée presque permanente. Sur la route, je croise pas mal de véhicules chargés de carcasses de caribous, ainsi qu’un véhicule de chasseur en recherche de proie : on me demande à quel km les trouver !! Faudrait presque leur en fournir dans le bec à certains !

Arrivé dans la gravière, je ne vais pas jusqu’à la décharge : je choisis un endroit assez proche de la route, parmi de jeunes épinettes : je ne souhaites pas m’installer à proximité trop proche de la source de nourriture que représente le tas de carcasses.

Je monte le camp dans le même principe que le précédent, excepté que je place le couchage en parallèle au feu. Quelques arbres morts dans la zone, mais ce sont de très vieux brûlés : très faciles à débiter, je ne suis pas sur qu’ils offrent une bonne combustion. Enfin, il n’y a pas trop le choix, je devrais faire avec.

Le froid est assez vif maintenant. Je vais faire un tou de zone, en enfilant la parka Patagonia. Les pistes sont présentes, depuis les abords même du coin que j’ai choisi pour le camp. Toujours pas de traces autour du tas de carcasses.

Après un rapide tour de zone, je e poste en affût sur un aplomb, avec en mire la décharge. Plusieurs mésangeais font du gras en picorant les restes de viandes, mais pas d’autres animaux viendront s’approcher.

A la tombée de la nuit, je pars allumer on réchaud et mon feu, les doigts engourdis et les pieds bien froids. Je ne vais pas rester trop longtemps devant le feu, et me couche assez tot. Le sursac pose des petits soucis pour se refermer : l’humidité des derniers jours associée au froid revenu fait geler les fermetures éclairs et je passe du temps à me retrouver dans mon cocon.

 Dimanche 7 décembre

lever de très bonne heure ce matin. Le froid est vif et la fin de nuit a été froide même dans le sac. Je pars suivre les pistes qui vont se présenter. A partir de la colline de la veille, j’en trouve des toutes fraîches : Canis lupus est passé dans la nuit, de même qu’un renard. Je suis les traces de ce loup qui a des empreintes de mastodontes et vais confirmer ce que je savais depuis le premier projet : un loup ca marche, ca maraude, ca furête et ca ne s’épuise pas !! il va m’emmener sur un paquet de km, revenir sur mes pas, repartir dans l’autre sens. On se croirait en été avec Julie : peut importe l’habitât : on y va !!

Piste de loup

Pas de problèmes pour lui dans les zones denses, il se faufile aisément. Moi avec les raquettes, c’est plus sportif et je dois faire une pause car mon pied droit va s’enfoncer dans un ruisseau non gelé : du coup la raquette s’encombre de neige molle et lourde : mon pied pèse trois tonnes ! Au fil de mon avancée, je retourne du coté de la colline proche de la décharge. Il y est retourné par un autre chemin, a fait un détour spécial pour arquer une épinette. Drôle de voir ce détour : cet arbre là, il était pour lui, y’a pas de doutes !

Un peu après, je croise un écureuil posé sur un arbre mort, sur la piste du loup. Il est en train de piocher dans sa réserve et se paye son lunch. J’assiste à ce repas tranquille : je ne semble pas le déranger le moins du monde. Au bout d’un moment, j’essaie de me rapprocher… et y parviens. Je suis tout près de lui et il ne s’occupe visiblement pas de moi.

Ecureuil gris

Malheureusement, la caméra et son système automatique de mise au point ne m’autorise pas à prendre une photo qui aurait été très proche : deux brindilles entre nous trompent l’autofocus et rien ne voudra faire changer d’avis le mécanisme ! Au bout du compte, l’écureuil va s’éloigner et continuer plus loin.

Alors que je remonte sur le haut de la colline pour poursuivre la piste, j’entends une voiture approcher. Je me cache derrière un arbre et voit qui arrive. C’est Kim qui vient dans la zone. Il n’a pas de carcasses à déposer, mais regarde les pistes que j’ai faites. Comme je lui avais dit que je serais dans le coin, il a du vouloir s’informer de ma présence. Je descend alors et me montre à sa vue.

Il me confirme alors que des colis m’attendent à mon camp, et qu’il n’y a presque plus de chasseurs maintenant. Il me dit aussi que bientôt toute l’équipe va partir en vacances. Je promets donc de passer dans la semaine pour leur passer le coucou.

Une fois seul, je vais manger ma boite de sardines sur l’aplomb et faire un affût de plus d’1h. La parka est bien utile mais je dois finir par bouger : les pieds se refroidissent. Je reprends donc les pistes du loup, qui me mènent jusqu’à un lac plus au sud. Je longe ensuite des crêtes avant de revenir sur la route, où je perds la piste à cause du vent ayant effacer les traces.

Roches sous la neige

De retour au camp bien refroidi, je fais une bonne coupe de bois. Alors que je pensais rester au moins un jour supplémentaire, je commence à penser à revenir au camp de base : impatient de déballer les colis attendus depuis plusieurs semaines, et un peu usé par cette vadrouille casse-pattes.

Le froid qui s’annonce violent dans les jours prochains et le sursac complétement gelé maintenant joue dans cette décision. Après mures réflexion, je décide donc de repartir dès demain matin,en partant de bonne heure, car 17km de route à parcourir et une coupe de bois à faire en rentrant.

 Lundi 8 décembre

Lever à 7h ce matin et le froid est tenace. Je me dépêche de déjeuner et de remballer le tout : à 8h30, tout est prêt et j’attaque la rentrée au camp.

17km à faire, avec un toboggan qui ne glisse plus vraiment, ca a au moins l’avantage de garder au chaud ! Sur la fin par contre, un vent violent se lève, évidemment que je reçois de face ; Cela refroidit surtout les mains, qui n’ont pas trop d’activité durant ce trajet. La fin de parcours est longue et je suis content d’arriver au bout : la partie hors-piste jusqu’au camp va me paraître interminable. Heureusement, le renard de mon camp me guide et m’emmène jusqu’au camp (enfin, ses pas).

Toboggan après deux vadrouilles

Enfin arrivé, je suis tout refroidi et perclus ! Pas de trace de mes colis dans le camp ni dehors. Et pas assez de bois pour se poser un peu. J’allume juste le feu pour me réchauffer les doigts avant de ressortir et de couper juste ce qu’il faut pour me faire un café et me poser. Le vent est violent et il n’est pas question de quitter les gants. La prochaine fois, je n’oublierais pas de couper mon stock de bois avant de partir !!

Une fois café pris et réchauffé, je ressors pour couper de quoi tenir le soir et le lendemain matin, puis je vais voir au tipi si les colis n’ont pas été déposés la-bas : non il n’y a rien, j’ai du me méprendre dans mon anglais approximatif ! Je rentre ensuite la génératrice pour la réchauffer et lance ensuite le pc et internet. Par contre, la compression de la génératrice n’est pas au top et la lumière ne tient pas le choc, lorsque le système pc tourne. C’est sûrement le froid qui ne lui plaît pas. Fin de la vadrouille.

Voir en ligne : les photos de cette vadrouille