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Publié : 25 février 2009
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Carnet de vadrouille du 18 au 21 février

 Préambule

Je suis revenu au camp de base le 13 février. Les quelques jours qui ont suivis ont été orientés autour du camp de base. Ils m’ont permis également de refaire le plein en nourriture, autre que les boites de beans que j’avais à disposition sur nouchimi.

Comme je dois revenir à la « civilisation » pour le dernier samedi du mois et la rencontre sous le tipi, cela me laisse le temps d’une petite vadrouille et de sorties à la journée. L’absence de connexion internet au camp va être aussi un moyen pour me consacrer à des articles de fonds, qui permettront de donner une forme au site internet, en parallèle à ces carnets.

Je choisis une zone pas très éloignée du camp de base pour la vadrouille : le sud du site micro-onde « Malvin », peu ou pas exploré jusque là. Je compte sur le redou de ces derniers jours pour mieux exploiter la neige : elle est un peu moins poudreuse et les raquettes sont plus efficaces.

 Mercredi 18 février

Je sors du lit à une heure assez matinale. Même si la zone à visiter n’est pas loin, il faut préparer le toboggan, être sur de ne rien oublier et se laisser de la marge,juste au cas où.

Je remplis la caisse à nourriture pour 8 jours. C’est la durée maxi pour cette vadrouille, et il est fort possible qu’elle soit plus courte. Les autres changements : je prends la scie à bois qui était réservée au camp de base, une hachette plus grosse et surtout mieux affutée. Et je mets dans mon sac journée le gros parka fourni par Gore-Tex. J’ai de la place, autant en profiter et cette grosse doudoune, même si elle prend une sacrée place, me garantit aussi une source de chaleur non négligeable.

Je finis le chargement de bonne heure et commence le départ. Dès les premiers mètres : problème. Le toboggan glisse très mal. Selon ma maigre expérience en la matière, cela signifie que j’ai mal réparti le poids sur la longueur. Pourtant, j’avais choisi une configuration similaire à la précédente sortie, qui avait été parfaite de ce coté là. Je déballe tout, me pose et tente de remédier à ce souci. Je vais m’y reprendre à 3 fois avant de bien charger la mule. J’ai pour cela changer le container de nourriture, qui est un peu trop large et pas mal plus haut que nécessaire (surtout pour 8 jours). Je le remplace par un caisson carré (boite à lait et plastique dur) qui est moins imposant. Cela me force à ranger quelques items à d’autres endroits, mais rien de méchant. Je rajoute également une corde supplémentaire pour ficeler le toboggan, afin que tout soit bien calé.

Lorsque je suis satisfait du résultat, je décolle enfin. Il est midi. Le trajet sur la route ne présente aucun intérêt particulier. Je bifurque et prends le chemin secondaire qui mène à la grosse antenne. Un chemin tout en montée, que j’apprécie de prendre sur une piste en dur ! Je quitte presque au sommet pour emprunter un sentier de skidoo (non fréquenté) qui me conduit sous la ligne et la zone de destination. A partir de cet endroit : raquettes et bâtons de ski sont de rigueur. Ah oui, les bâtons de ski : testés lors de la dernière vadrouille, ils apportent un réel soutien dans les déplacement en poudreuse. Ils aident à garder le rythme, rester en équilibre lorsque je « câle » jusqu’aux cuisses dans la neige. Adoptés ! La neige est tout de même beaucoup plus praticable. C’est vrai que j’ai encore pas mal de secteurs ou je touche le fond, mais ce n’est plus systématique et c’est bien appréciable.

Je choisis de poser le camp pas trop loin de la ligne, de l’autre coté. Un secteur boisé un peu surélevé, et où de nombreux caribous sont passés durant les derniers jours. Je ne détaille pas le montage du camp, qui est similaire aux deux précédentes vadrouilles. Cette configuration me plaît bien et est rapide à mettre en place. Avec juste une bâche, j’arrive à protéger une bonne surface et me faire un petit coin douillet.

Le changement apparaît lors de la coupe de bois : la scie est vraiment un plus, si on a la place de la transporter. Avec la quantité de neige qu’il y a au sol, débiter un tronc avec une hachette n’est pas des plus sympa. Il n’y a pas d’appuis solides, la perche se gorge d’humidité pendant la coupe et on prends beaucoup de temps. Avec la scie, je peux de suite faire la taille idéale pour le réchaud et préparer un bon stock d’avance pour le feu. La hachette, plus massive et plus affutée me permet de fendre très rapidement le bois à la dimension souhaitée. Un gain de temps considérable dans cette « corvée » de bois.

Un bon petit feu le soir

Une fois cela fait, je suis un peu « humide ». Il fait toujours aussi doux et le voyage plus la confection du camp (donc pas mal de neige ramassée sur la tronche en cherchant du bois) m’a fait un peu prendre chaud et maintenant,je suis un peu refroidi. Il est donc temps de faire un feu et de se poser pour la soirée. Le soutien de la scie me permet même de monter un petit réflecteur pour le feu, ce qui optimise un peu la propagation de la chaleur.

 Jeudi 19 février

Temps gris pour ce matin et il a neigé cette nuit. Je prends mon temps pour le petit déjeuner (café et gruau). Comme le soleil se couche maintenant plus tard, j’ai plus de temps pour moi et les marches d’exploration.

Je choisis de partir sud : un coin finalement pas très loin du camp de base (à vol d’oiseau). Je tente de prendre les crêtes un maximum, pour profiter de la vue (bien grise) et bénéficier d’une neige moins poudreuse. L’avancée se fait bien mais doucement : certains coins (dénivelés orientés nord) sont toujours aussi fatiguants et je me retrouve avec des portions de pistes à faire avec de la neige à mi-cuisses, ce qui est usant.

Paysage

Je suis assez machinalement les pistes de caribous. Elles ont pré-tapées un peu la neige et me conduisent de toute façon vers des coins intéressants puisque jamais vus. J’entame l’ascension d’une hauteur qui m’intéresse bien : j’ai vu sur le lac du camp, la colline à son sud et le beau lac juste derrière.

Vue d'une hauteur

Dommage encore que le ciel soit si gris. Enfin, sur la montée, je parcoure tout un secteur où les arbres (brûlés) sont recouverts d’une couche de neige. Dans un cocon. D’un point de vue personnel, ça me dit : n’installe pas de camp ici : ça souffle aux quatre vents !

Cocons de neige

Niveau traces, à part les caribous il n’y a pas grand chose. Il faut dire que sur les collines le vent est violent et les pistes d’animaux plus légers sont très vite effacées. L’environnement n’est également pas forcément favorable à beaucoup de vie ici : du brûlé à perte de vue, du vent… Un endroit de passage, pas de vie.

La journée avance vite et j’ai fait quelques km pour arriver jusqu’au sommet de cette colline. Le ciel se dégage un peu mais il y a toujours un voile gris qui rend le décor assez triste. Je reprends le chemin du retour, par mes traces. Je sais que ce n’est pas idéal mais rejoindre le camp par un autre itinéraire, cela signifie faire une nouvelle trace dans la poudreuse et j’ai les jambes qui n’y tiennent pas plus que ça. Autant profiter du travail fait.

Le chemin du retour prend pas loin de deux heures, à allure tranquille. Une fois au camp, je vais recouper juste un peu de bois pour le réchaud et me prépare pour le souper. La neige qui a durcie un peu a un inconvénient : elle est beaucoup plus humide et les bottes sont trempées bien raides, ainsi que le bas du surpantalon. Même en essayant de faire sécher tout ça le soir, elles resteront trempées.

 Vendredi 20 février

Même principe que la veille : je prends tranquillement le temps du déjeuner, sous un ciel gris pas très motivant. Les bottes ont été difficiles à enfiler ce matin ! Heureusement qu’il ne fait pas super froid car cela a pris du temps…

Aujourd’hui, je vais suivre la ligne, sur une distance de 4km environ. Jusqu’au lac à marée basse, découvert avec Julie cet été et non visité depuis novembre. La ligne NRJ en elle même n’apporte pas une meilleure neige, contrairement à ce que j’aurais pu pensé. Je suis plus souvent « au fond » que la veille et suivre les crêtes n’apporte pas spécialement un plus (faut dire que ce ne sont pas vraiment des crêtes à ce niveau là).

Des caribous passent par là régulièrement, mais ceci n’est pas une surprise. J’ai toujours vu des caribous dans ce secteur et ils sont normalement en pleine remontée vers leur quartier d’été. Pas d’autres traces sous la ligne.

Je quitte ce secteur dégagé pour rejoindre le lac à marée basse par le sous bois. Je pense voir une trace de renard, mais la neige rend l’identification incertaine et inutile. Bien sur des traces de « whites birds » régulièrement et des écureuils qui passent d’arbres en arbres, mais rien de plus gros. Le ciel gris me désole un peu pour les photos mais il faut bien faire avec !

Lac à marée basse

Sur le lac : traces de caribous en pagaille dans la zone la plus « basse », quasiment rien sur le reste du lac et sur les bords. Je retourne vers le nord et la ligne, en passant par une zone de brûlés. Sur le chemin retour, je vais croiser une petite harde de caribous. Enfin, pas vraiment croisé : ils me passent derrière et j’ai bien failli les rater ! Heureusement que je jette un coup d’oeil souvent. Ils ne m’avaient pas repérés non plus malgré ma veste orange. Je prends quelques photos pour la forme mais rien de sensationnel. En plus le temps de prendre la caméra (planquée sous le pull), les caribous me repèrent et forcent l’allure pour se mettre hors de vue.

Caribous

De retour au camp, je prends une petite pause. J’ai les mains un peu froides et qui ont du mal à se réchauffer. L’humidité encore une fois. Je retourne ensuite un peu sous la ligne pour espérer voir d’autres passages, mais ne reste pas bien longtemps : le vent se lève et je n’arrive pas à me réchauffer.

Devant le feu, alors que les dernières lueurs du jour passent, une petite famille de caribous passe 25m à coté du camp. Je vois leurs têtes au travers des arbres. Ils vont nord-est : bonne route !

Comme prévu, les bottes ne sont pas dans un meilleur état que la veille. Logiquement, elles sont pire. Les feutres commencent à être bien trempés aussi. Demain je rentre au camp, après un séchage, j’ai aussi d’autres places à visiter et des articles à préparer (vous devriez normalement pouvoir les lire très prochainement !)

 Samedi 21 février

Réveil matinal sous un ciel plus bleu. Il a fait plus froid cette nuit, le frimât est revenu dans le sur-sac. Je laisse tomber l’idée de mettre mes bottes tout de suite et lance le feu avant. En attendant que le déjeuner chauffe, je commence à plier les sacs de couchage et le sur-sac (trop gelé pour rentrer dans sa protection). Je commence ensuite à charger le toboggan. Et lorsque je le change de coté (pour repartir dans le bon sens) : « SPLATCH ». Le toboggan a fendu aux ¾ de sa longueur. Mince…

Bon, le tout tient toujours grâce aux cordes de fixation. Je le charge donc comme si rien ne s’était passé et serre un maximum pour que rien ne bouge. Cela a l’air d’aller…. on verra sur la route.

Le retour va se passer tranquillement : le traîneau glisse bien. Je croise l’équipe de Cree-construction. Il y a un nouveau dans la bande et je me présente à lui, avant que chacun continue sa route. Sur la piste qui mène au camp de base, mon fameux renard est passé durant la vadrouille et me guide pas à pas jusqu’au camp. Ca en devient une habitude. A noter que les traces près du camp sont encore timides : Il fait le tour, va voir où j’ai été et ce que j’ai fait (besoins naturels, coupe d’arbre, génératrice) mais ne s’aventure pas jusqu’à l’entrée du camp. Pourtant le zip de la porte ferme mal et il pourrait être tenter d’y fourrer un nez… mais non, pas fou à ce point !

Il n’est pas tard quand je suis arrivé. Je vais faire chauffer un peu la tente. Petite coupe de bois ensuite pour tenir la soirée (séchage du matériel, travail sur ordi) et le déjeuner du lendemain. Ensuite, vu qu’il fait beau, je vais aller faire une marche à l’est du camp. Un coin assez horrible en été, pour cause de vieux brûlés et de thé du labrador.

Hauteur près du camp

En hiver, ce coin est plus fréquentable et je continue jusqu’à une hauteur, guidé par des traces de caribous et de mon renard. Je reste ensuite une petite heure en affût sur une hauteur, avant de revenir au camp.

Arrivé, je relance le feu et démarre la génératrice. En faisant ça, je vois sur le lac une vingtaine de caribous aller vers l’ouest. Vont pas dans le bon sens ceux la…

Caribous en course

Le séchage des sacs et des bottes va prendre du temps : tout était bien trempé. Je travaille un peu, importe les photos de la vadrouille et fait une sauvegarde des données sur le disque dur fourni par Thylenea. Fin de cette petite vadrouille.

Voir en ligne : les photos de cette vadrouille

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3 Messages de forum

  • Carnet de vadrouille du 18 au 21 février

    Février 2009, par Bob

    Salut Mike,

    Trop content d’avoir de tes nouvelles. Depuis le dernier Tipi, cela me manquait.

    Dis-moi, les Caribous qui courent dans le mauvais sens ne sont pas poursuivis par des humains ?

    Qu’est-ce qu’ils leurs a fait peur ?

    A bientôt, je serai présent le 28 dans le Tipi

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    • Carnet de vadrouille du 18 au 21 février

      Février 2009, par Mickaël Brangeon

      Salut Bob !

      Non, ils n’étaient pas poursuivis. Mais même si une direction générale est donnée, cela n’empêche pas certaines hardes de faire leur vie, de remonter plus tard. Ceux la ne doient pas être prêt !

      C’est moi qui leur ai fait peur ! J’étais devant le camp en train de démarrer la génératrice quand ils ont déboulé sur le lac. Je me suis rapproché un peu pour les prendre en photos. Ils m’ont repérés, se sont cavalés :)

      A samedi :)

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  • Carnet de vadrouille du 18 au 21 février

    Mars 2009, par Juliane

    Ca fait plaisir d’avoir de tes nouvelles ! Un peu beaucoup prise par le boulot en ce moment, et j’ai encore raté un tipi, pfffff… Promis j’essaierai de me faire pardonner pour le prochain ;)

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