- Samedi 16 mai, p1
- Dimanche 17 mai, p2
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- mardi 19 mai, p4
Samedi 16 mai
Après deux jours de mauvais temps, où je suis resté sagement autour du camp, le ciel bleu de ce matin me motive à partir vadrouiller. Après le déjeuner, je récupère 4 boites de fèves aux lards et des sachets de crème de blé. Le reste est disponible sur place. J’ai rechaussé les bottes d’hiver. Les plus légères sont trempées de mes excursions précédentes et la météo n’annonce rien de bien folichon pour les prochains jours. Du rechange en paire de chaussettes, le pull en laine, je suis paré. J’ai hésité à prendre le poncho mais je ferais sans.
Sur le sentier qui mène à la route, je vais croiser 3 skidoos, laissés là par Lucie. Il n’y a plus assez de neige pour les utiliser et semblent tels des épaves sur le bord. Ces deux derniers jours, j’ai entendu les skidoos fonctionner toute la journée, profitant du mauvais temps pour retarder un peu l’échéance.
Rien de bien neuf sur la route. Le soleil tape bien et je vais croiser Yannick et Pierre de Nouchimi. Ah si ! quelques voiliers de Bernaches vont passer pas trop haut et je ais prendre quelques photos. Par rapport à l’automne passé, je trouve qu’il y a moins de passage. Peut-être la météo mauvaise ?
Tranquillement pas vite, j’arrive au mitogan, les pieds chauffés et douloureux (trou dans une chaussette = frottements). Là, je découvre que le dégel fait son oeuvre un peu partout : tout l’intérieur est inondé de plusieurs cm d’eau, y compris les quelques affaires que j’y avais laissé.
Je n’ai pas franchement le goût d’aller patauger pour récupérer tout ça. J’avais laissé ma bâche dans un coin, et j’arrive à la récupérer de l’extérieur. Réussi également à reprendre mon mug et le beurre de peanut ! Il manque le sucre et le café. Je scrute, et je repère le sucre, en plein milieu, le contenant étanche flottant sur l’eau. Le café est proche de la bâche mais en me rapprochant, je vois que la boite est percé par le dessous et vide. Etrange…
Je vais ensuite trouver un coin pour m’installer. Je le trouve tout proche du mitogan. Il me reste à monter la bâche, confectionner un lit de sapinage (j’ai oublié mon tapis de sol) et trouver un peu de bois pourle souper, qui s’annonce maigre.
Tout cela prend un certain temps, surtout le sapinage qui doit être assez épais pour isoler du sol. L’heure vient ensuite de souper. J’ai peu de choses à chauffer : la boite de conserve. Ca tombe bien car je n’ai vraiment pas beaucoup de bois. Je m’affaire et allume le feu. peu de temps après, je perçois un bruit vers le mitogan. Je regarde doucement et voit un petit ours renifler et jouer avec une vieille chaise. Un coup d’oeil plus large me fait découvrir un autre ourson, un peu en retrait. Là, je me dis : banco, y’a la mère qui doit pas être loin ! Effectivement, je vais la voir juste après, en train de fouiller dans la végétation.
Moi, je sors doucement de mon abri et prend l’appareil photo. Je cible le premier ourson, le plus proche, qui semble curieux de tout.Il se frotte aux arbres, retourne des roches. A un moment, il repère mon installation (en même temps, une bâche bleue se remarque bien !) et semble se mettre en tête d’aller voir de plus près. Je le vois se rapprocher, doucement mais surement. Je suis à coté du tarp, à genoux et vois la distance se rétrécir. Je garde un oeil sur la mère et ses réactions. Pour le moment, elle reste au même endroit mais surveille souvent son petit.
L’ourson devient vraiment proche. Je me lève doucement et fais un pas en arrière, pour me retrouver derrière le tarp. Mon mouvement fait stopper l’ursidé un moment, mais il reprend vite le fil de ses idées. La mère a levé la tête et m’observe. Je recule d’un pas, continue à observer la scène. Je n’ai quand même pas le goût de laisser le petiot venir sous mon abri et dévaster ce qui s’y trouve (mon sac de couchage entre autre). J’avance d’un pas, pour me retrouver au même niveau que la bâche. Le petit stoppe et me regarde. Il reste immobile.La mère s’avance vers nous, avant de repartir où elle se tenait.
Du coup, je recule de nouveau, en faisant plus de bruit. Mouvement léger de l’ourson qui fait mine de reculer, pour mieux revenir !
Pour l’instant, je n’ai pas fait de vacarme pour le faire fuir. Pourquoi ? principalement parce que je sais pas comment réagirait la mère : elle est à bonne distance mais se tient au courant de l’évolution de la rencontre. Non,je recommence mon manège : j’avance d’un pas, en frottant ma semelle sur le fil. Ce coup là est de trop pour l’ourson, qui vire et retourne à allure assez rapide d’où il était venu. Au moment où le petit rebrousse chemin, la mère se remet à avancer dans notre direction. Elle va stopper au niveau de son enfant, le sentir, puis continuer sur sa lancée (elle avançait d’est vers ouest, 15m au devant de moi). Le petit curieux la suit, suivie du second ourson, qui s’est montré très timide. Un peu plus loin, la mère stoppe et m’observe un moment, avant de continuer et d’être hors de vue.
Et beh ! même plus moyen de souper tranquillement ! Je suis sur au moins d’un fait : ce n’est pas un bon endroit pour installer un camp ici. Je reprends ensuite mes activités. je ne décide pas de changer de secteur : je pense que la petite famille a quitté la zone pour la soirée et que la mère ne va pas chercher des complications avec ses deux bambins.
Effectivement, à part un écureuil qui s’est permis de me piétiner durant la nuit, tout a été calme, sous le bruit d’une fine pluie.





