Le dégel est tardif cette année. Selon les locaux, c’est rare que le printemps soit aussi morose. Cela occasionne quelques désagréments. La marche en forêt est difficile car la neige qui a fondue rend les ruisseaux plus importants, les tourbières recommencent à être gorgées d’eau et ce n’est pas vraiment agréable de passer la journée avec les pieds trempées lorsqu’on sait qu’on aura du mal à se sécher et qu’il va geler la nuit suivante !
Le moral est aussi dépendant de la météo.L’hiver a été long et froid. Je ne me rappelle plus de la dernière fois où j’ai vu la terre. Lorsque le temps se réchauffe, on a envie de remiser ses vêtements d’hiver, on a le goût de changer de chaussures et d’oublier les gants !
Cependant, on sent tout de même la vie revenir.
Le retour des oiseaux
En hiver, la Baie-James est plutôt calme en ce qui concerne les oiseaux.Nombreux sont ceux qui migrent vers le sud. Mis à part les corneilles et les mésangeais du Canada, c’est assez pauvre.
Ce mois ci, c’est le retour des chants et des volées de petits oiseaux qui vont de branches en branches, grattent le sol et redonnent une ambiance printanière au paysage.
Encore mieux, certains d’entre eux, peu farouches, se trouvent bien dans le camp ! Un Junco ardoisé et une paruline à croupion jaune (je pense) ne se sentent pas génés et viennent fouiller à l’intérieur. Dans le tipi, ce sont des bruants à couronne blanche qui viennent picorer ce qui tombe des assiettes !
La migration la plus importante, et certainement la plus bruyante vient des Bernaches du Canada. Je les attendais cependant plus nombreuses, mais l’hiver tardif les a peut-être convaincues de rester plus longtemps dans le sud.
Enfin, les goélands argentés sont redevenus les maîtres du ciel. Il y en a une quantité assez impressionnante et ils sont à l’affût des restes de caribous laissés par les chasseurs.
Le réveil des ours noirs
J’attendais leur retour avec impatience. Déjà, c’est super mignon un ours. Et puis,leur réveil signifie pour moi un changement dans mes habitudes. Je dois séparer couchage et cuisine, enterrer le stock de nourriture et faire le grand ménage. Le premier ours de l’année a été vu en avril, mais tout était encore bien gelé et il m’était encore impossible de tout remettre en état. Ce mois de mai, j’ai finalisé tout ça et le camp est maintenant prêt (enfin, je l’espère !).
Cela n’a pas été une mince affaire. Le gros trou pour la nourriture était gorgé d’eau et il a tout fallu vider avec une casserole. Le tipi a du être presque totalement refait, car l’hiver a été dur pour lui. pour le coin couchage, cela a été plus simple. Le tout a engendré beaucoup de sacs à ordures, qu’il a fallu rapatrier près de la route et emmener sur nouchimi.
Le projet
Le début de mois s’est déroulé hors du terrain. Cela a permis de faire quelques travaux sur les sites et de réaliser un petit résumé de l’année écoulée. De retour au camp à la mi du mois, j’ai fini de nettoyer le camp pour l’été, fais une vadrouille de 4 jours dans un secteur récent et assez prometteur (au moins pour les ours ;)). J’ai entamé aussi une vadrouille près du lac à marée basse. Je n’ai pas pu récupérer le tarp laissé sur place cet hiver : il était encore enseveli sous la neige et tout ce secteur est blanc comme nul part ailleurs !.
Le jour où j’y suis allé, il a plu assez fort. Cela s’est changé en neige en fin d’après-midi et il a gelé toute la nuit. Sous le poncho, trempé, je maudissais ce temps ;) Le lendemain, il y avait 5cm de neige à terre et le temps était toujours bien gris. Je me suis rentré au camp de base, ce n’était pas long !
De la neige jusqu’au bout ! A l’heure où j’écris ces lignes, la météo prévoi encore de la neige dans les jours à venir. D’ailleurs, si vous souhaitez vous tenir au courant de la météo par ici, visitez cette page sur meteomedia, la station météo est à 50km du camp.
Néanmoins, les jours rallongeant et la température aidant, le sac devient plus léger. Et je suis autonome quelques jours avec un sac à dos, ce qui me donne plus de liberté dans mes déplacements.
Vous verrez dans les prochains carnets que je vais privilégier l’ouest de la zone. C’est en effet l’endroit où les louveteaux ont été vus sur la route. Je ne vais pas nécessairement fouiller trop prochee, mais au moins fréquenter la route dans cette zone.
Problèmes techniques
C’est une partie un peu récurrente de ces carnets de camp. Néanmoins, tout va dans le bon sens : le modem refonctionne et le panneau solaire a repris de la vigueur, ce qui m’a permis de vérifier mes courriels et publier quelques photos depuis le camp ; Encore pas assez pour publier les carnets et faire tout ce qui est nécessaire, mais une nouvelle génératrice a été commandée et je devrais pouvoir reprendre une présence maximum sur le terrain ce mois ci.
Il y a eu aussi quelques soucis de connexion pour les rencontres virtuelles. On essaye de trouver un outil plus fiable pour que l’année scolaire prochaine, les enfants n’aient pas de mauvaises surprises en se connectant.
Nous testons actuellement Jabber. Si vous souhaitez essayer et nous donner un retour sur vos problèmes de connexion éventuelles, vous pouvez vous connecter à cette adresse http://tipi.peupleloup.org. Ceux qui connaissent Jabber peuvent utiliser leur logiciel favori et je ferais un article explicatif pour ceux qui ne connaissent pas.
Enfin, aujourd’hui, c’est le 1er Juin, le soleil est bien présent, au moins pour deux jours. Je vous laisse donc et m’en vais pour quelques jours !



